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Transat Jacques-Vabre: Vivo a Beira, le bateau qui tape à l'œil des favelas

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Transat Jacques-Vabre: Vivo a Beira, le bateau qui tape à l'œil des favelas

Transat Jacques-Vabre: Vivo a Beira, le bateau qui tape à l'œil des favelas
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Un œil XXL qui interpelle. Tout proche de l'arrivée au Brésil pour la Transat Jacques-Vabre, le bateau Vivo a Beira n'a aucun logo de marque mais un œil géant dessiné sur ses voiles par un grand artiste pour capter l'attention afin d'aider les jeunes des favelas. Lundi, le monocoque de 18 mètres (catégorie Imoca) coupera la ligne d'arrivée de cette course au large, à Salvador. Une destination qui prend tout ton sens pour le duo du voilier, Pierre Lacaze et Yoann Richomme, porteur d'un projet social et éducatif dans les favelas. "Cet œil qui est avec nous, c'est aussi le regard de tous ces jeunes brésiliens qui nous attendent. C'est pour ça qu'il faut absolument qu'on termine cette transat, quelle que soit la peine et la place. Il y a un vrai sens derrière cet œil", explique à l'AFP Pierre Lacaze, riche entrepreneur dans le milieu de la finance basé à New York et qui a choisi de s'impliquer dans des projets caritatifs au Brésil il y a 6 ans. "L'art dans les favelas, je l'ai vraiment expérimenté de manière très concrète, c'est souvent une alternative à la violence. Les jeunes de 12, 13 ans n'ont pas trop de choix. Soit ils travaillent pour un syndicat de trafic de drogues, c'est un bon job et ils ont une espérance de vie assez faible. Soit ils vont à l'école mais il y a très peu de places. Soit on leur propose de les former à un métier et souvent la meilleure manière de les attirer, c'est avec des projets de street art, de photographies", raconte Lacaze, passionné de voile. - Mise en abyme - Pour son bateau, entièrement pris en charge par sa société, Lacaze a fait appel à un grand artiste de street art, le Français JR, qui dévoile ses œuvres géantes sur les façades du monde en entier. Il y a 10 ans, il a fait un travail avec les femmes de la favela Morro da Providencia à Rio, considérée comme la toute première au Brésil (et la plus dangereuse à l'époque), en habillant ses façades d'immenses photos de visages et de regards de femmes. C'est ce travail qu'a voulu perpétuer Pierre Lacaze comme "une mise en abyme". L'entrepreneur français de 49 ans travaille étroitement avec Brazil Foundation, l'une des quelque 300.000 ONG du pays, qui en 17 ans a réussi à lever 40 millions de dollars, qui ont nourri 500 organisations dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la culture ou encore des droits de l'Homme. En 2014, Lacaze a choisi de faire cette Transat Jacques-Vabre pour marquer les esprits et réveiller les consciences alors que la violence est en pleine recrudescence. "L'objectif est de lever des sous pour les projets qu'on a au Brésil mais également pour essayer de fédérer des énergies autour d'un projet sympathique", relève le néo-marin, qui a dans son viseur la Route du Rhum en 2018 pour la poursuite de son projet. Lundi, le bateau sera toutes voiles dehors pour franchir la ligne en 8e position de la catégorie Imoca de la Transat Jacques-Vabre, sous le regard de nombreux jeunes des favelas attendus pour l'accueillir.
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