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Basket: comment la guerre Fiba/Euroligue autour du Mondial-2019 met la France en danger

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Basket: comment la guerre Fiba/Euroligue autour du Mondial-2019 met la France en danger

Basket: comment la guerre Fiba/Euroligue autour du Mondial-2019 met la France en danger
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Les qualifications au Mondial-2019 commencent vendredi, et la France, comme les autres grandes nations du basket, devra se passer de (presque) tous ses meilleurs joueurs pour affronter la Belgique le 24 novembre puis la Bosnie le 27. A l'origine de cette situation ubuesque, la guerre entre les deux organisations qui gèrent le basket européen, la Fiba et l'Euroligue. Un nouveau calendrier inspiré du football La Fédération internationale (Fiba) a voulu révolutionner son système de compétition en copiant le modèle prospère du football. Au coeur de ce nouveau dispositif: le Mondial, décalé d'un an et placé en année pré-olympique. En échange, l'Euro n'a plus lieu que tous les quatre ans -- au lieu de deux -- laissant un été sur quatre (2018 pour le prochain) libre de toute compétition internationale. Le prochain Mondial en 2019 en Chine sera qualificatif pour les JO et devrait profiter de la présence de toutes les stars, y compris celles de la NBA. Il s'accompagne d'un nouveau système de qualification, devant permettre d'accroître la visibilité du basket entre les éditions. Alors qu'auparavant les tickets pour le Mondial (et pour les JO) étaient attribués lors des championnats continentaux (Euro, Afrobasket ...), c'est désormais lors des "fenêtres internationales" de novembre, février et juin, que se joueront les qualifications. Problème: les deux premières tombent au beau milieu de la saison des clubs. - Des dates qui se chevauchent - C'est entendu depuis le départ, la NBA, géant omnipotent du basket mondial, ne libèrera pas ses joueurs pour ces "fenêtres". Dès lors, le patron de l'Euroligue Jordi Bertomeu refuse de décaler les journées de C1 se chevauchant avec les qualifications au Mondial et dénonce "une attitude agressive de la Fiba envers les clubs". "Le problème n'est pas que l'Euroligue ne change pas ses dates, c'est que les sélections nationales ne puissent de toutes façons pas disposer de tous leurs meilleurs joueurs", dit-il dans un entretien à l'AFP. Une politique "cynique et délibérée", répond le secrétaire général de la Fiba, Patrick Baumann. Les propositions et contre-propositions de nouveaux calendriers par les deux camps n'ont rien donné à ce jour. Au fond du problème, la bataille pour la C1 A la racine du conflit se trouve la lutte pour le contrôle des compétitions de clubs en Europe. Contrairement à ce qui se passe en football, la C1 (Euroligue) et la C2 (Eurocoupe) ne sont pas gérées par la fédération européenne, mais par une société privée, ECA (Euroleague commercial assets), contrôlée par les grands clubs (Real Madrid, Maccabi Tel Aviv, CSKA Moscou, etc, mais aucun français). La Fiba a bien tenté de reprendre la main en créant ses propres compétitions, la Ligue des champions et la Fiba Cup, mais les grands ont refusé de participer. Le conflit porte sur l'argent mais aussi sur les principes. La Fiba veut maintenir le système, traditionnel en Europe, d'accession aux coupes d'Europe par les championnats nationaux (comme au football). L'Euroligue prône elle un système mixte où certains participants bénéficient d'une invitation permanente. Le but de cette méthode, qui se rapproche de celles des franchises de NBA, étant d'assurer la stabilité économique indispensable aux investisseurs. Les deux camps ont chacun saisi l'Union européenne pour trancher le conflit. Des équipes C en lice Conséquence de cette bagarre: ce sont des équipes B, voire C, qui disputeront les qualifications au Mondial. La France, parmi les plus touchées -- car parmi les plus richement dotées en joueurs de NBA et d'Euroligue -- avec l'Espagne et la Serbie, sera privée de ses 25 meilleurs éléments. Ce sont des joueurs évoluant en Championnat de France ProA, peu connus à l'exception de Boris Diaw (Levallois), ou dans des clubs étrangers ne disputant pas l'Euroligue, qui vont devoir relever un défi crucial face à la Belgique, la Bosnie et la Russie. Car si la France terminait dernière de son groupe, on ne la reverrait plus jusqu'à fin 2020 et... les fenêtres de qualification pour l'Euro-2021. Or, si les Belges et les Bosniens n'ont que peu (ou pas) d'expatriés en NBA ou en Euroligue, ils jouent bien et disposeront d'une équipe rodée (les Russes étant plus proches du cas français). Le danger est donc bien réel pour les Bleus. L'Espagne, opposée au Monténégro, à la Slovénie et au Bélarus, est dans la même situation.
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