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CNN, bouc-émissaire de Trump malgré une influence déclinante

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CNN, bouc-émissaire de Trump malgré une influence déclinante

CNN, bouc-émissaire de Trump malgré une influence déclinante
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Tweet après tweet, Donald Trump continue de s'en prendre à CNN, au point d'en faire un obstacle à la fusion entre AT&T et Time Warner, bien que la chaîne d'information ait perdu beaucoup de son influence. Officiellement, il ne la regarde plus ou très peu, mais la doyenne des chaînes d'information américaines, qui ne l'épargne pas non plus, continue de le hanter. Depuis un an, Donald Trump la classe dans les "faux média" et la surnomme "la chaîne des informations frauduleuses" (Fraudulent News Network). Il s'en est pris à l'un de ses journalistes lors d'une conférence de presse et a retweeté, début juillet, une vidéo le montrant terrassant un homme au visage remplacé par le logo de CNN. Et aujourd'hui, même s'il n'est pas établi que le président ait pesé dans la balance, son administration semble prête à bloquer une fusion à 108 milliards de dollars entre la compagnie de télécommunications AT&T et le groupe de médias Time Warner à cause de la chaîne, qu'elle veut écarter du futur ensemble. Depuis quelques jours, c'est même l'escalade. Des journalistes vedette de CNN ont fini par répliquer aux tweets agressifs du président. "Nous devrions boycotter le faux média CNN", a riposté le président mercredi. Ce ciblage en règle, dont même le New York Times honni de Trump ne peut se prévaloir, pourrait laisser croire que CNN occupe une place centrale dans le paysage médiatique américain. Pourtant elle n'est plus, depuis longtemps, l'acteur dominant de l'information aux Etats-Unis. - Audience en baisse - Née du cerveau du magnat des médias Ted Turner, CNN fut quasiment seule en piste de 1980 et 1996, devenant une référence mondiale avec la première Guerre du Golfe, en 1991. La chaîne d'Atlanta a, la première, défini les codes de l'information en continu, avec les "breaking news", les longs plateaux sur le terrain et les débats d'opinion parfois enflammés entre invités. Elle a inventé l'info spectacle tout en gardant une forme de sérieux, à l'ancienne, incarnée notamment par le présentateur austère Bob Cain. Mais dès 1996, la nouvelle venue Fox News avec son style percutant, coloré, beaucoup plus agressif et éditorialisé, a changé la donne, prenant dès 2002 la tête des audiences des chaînes d'information américaines. Avec la dernière élection présidentielle, CNN est même passée derrière MSNBC, classé plutôt à gauche et resté longtemps troisième. Sur la tranche-clé de 21H00 à 22H00, le présentateur vedette de CNN, Anderson Cooper, réalise souvent moins du tiers des audiences de Rachel Maddow sur MSNBC ou de Sean Hannity sur Fox News. Si la chaîne va bien financièrement et devrait dépasser le milliard de dollars de bénéfices cette année, selon son président Jeff Zucker, elle n'a pas autant bénéficié de l'effet Trump que ses rivales. "Le climat politique très polarisé se reflète dans les audiences élevées des chaînes partisanes, avec Fox et MSNBC qui dominent", observe Dannagal Young, professeure de communication à l'université du Delaware. - "Punir CNN" - Dans cet univers partisan, la chaîne peine à redéfinir sa place, se voulant paragon d'objectivité tout en critiquant régulièrement l'administration Trump. "Nous nous occupons des faits, de la vérité... Je ne pense pas que notre mission première ait changé en 37 ans", affirmait fin octobre Jeff Zucker, assurant que la chaîne depuis toujours essayait "de pousser ceux qui nous gouvernent à agir de manière responsable." "CNN est plus importante qu'elle n'a été depuis des années, mais pas vraiment meilleure", estime pour sa part Gabriel Kahn, professeur à l'école de journalisme USC Annenberg. Si elle obtient beaucoup d'informations exclusives, dit-il, "sa formule consiste à opposer des partisans de Trump et d'autres éditorialistes" plutôt à gauche, "comme au catch", "où le match est truqué et l'intérêt dans les cris et les tapes sur la poitrine." Alors pourquoi Donald Trump s'acharne-t-il sur une chaîne en perte de vitesse? Il entretient certes une relation complexe avec Jeff Zucker: c'est lui qui a fait de Donald Trump une créature de télévision, avec l'émission "The Apprentice", en 2004, lorsqu'il dirigeait la chaîne NBC. Depuis l'investiture, Jeff Zucker fait front face aux critiques du président, et a su tirer profit des saillies du président contre sa chaîne. "Je pense que CNN, et le New York Times, sont des cibles pour Trump simplement parce que", derrière les attaques incessantes, "il cherche en réalité leur approbation", estime Dannagal Young. "Je pense que tout ce qui s'apparente à punir CNN plaît aux partisans de Trump", estime pour sa part Gabriel Kahn. "Tout se résume aujourd'hui à du théâtre."
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