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JO-2018: une décision "courageuse du CIO" qui "renvoie la balle" dans le camp russe

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JO-2018: une décision "courageuse du CIO" qui "renvoie la balle" dans le camp russe

JO-2018: une décision "courageuse du CIO" qui "renvoie la balle" dans le camp russe
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La suspension de la Russie pour les JO-2018 de Pyeongchang où les sportifs russes "propres" seront toutefois autorisés à concourir sous la bannière olympique constitue "une décision courageuse" qui "renvoie ainsi la balle" dans le camp russe, estiment des analystes. La décision du CIO est "forte car il en allait de sa crédibilité en matière de dopage et elle renvoie la balle dans le camp russe", analyse Jean-Loup Chappelet, spécialiste du mouvement olympique à l'Université de Lausanne. Le CIO "jouait sa survie et sa légitimité", renchérit Eric Monnin, chercheur à l'Université de France-Comté à Besançon et auteur de l'ouvrage "De Chamonix à Pyeongchang: un siècle d'olympisme en hiver". L'instance "se devait de prendre une position forte en tapant du poing sur la table. C'est une décision très courageuse où le CIO sanctionne un Etat coupable d'un soi-disant dopage institutionnalisé, exclut les sportifs dopés et autorise les athlètes propres", ajoute M. Monnin, bon connaisseur du mouvement olympique. A la lumière des révélations du rapport McLaren, commandé par l'Agence mondiale antidopage (AMA), le CIO a prononcé mardi une suspension du Comité olympique russe tout en autorisant à concourir sous une bannière neutre les sportifs dits "propres" et donc soumis à des contrôles antidopage préalables. Le CIO a aussi personnalisé la faute, en bannissant à vie Vitali Moutko, vice-Premier ministre russe et longtemps figure du sport russe en tant que ministre, organisateur en chef de Sotchi-2014 ou encore grand ordonnateur de la prochaine Coupe du monde de football 2018. Mercredi, Vladimir Poutine a réagi en assurant que la Russie "n'empêchera pas" ses sportifs de participer aux JO d'hiver et qu'elle ne les boycoyttera donc pas. - Décision "ferme" mais "une porte de sortie" - La décision du CIO "est ferme tout en permettant de reconstruire un avenir avec la Russie", ajoute un spécialiste de la lutte antidopage. "La Russie est punie, y compris le gouvernement au travers de Moutko, mais il existe une porte de sortie pour les athlètes qui n'ont rien à voir avec ça", ajoute cet expert, sous couvert d'anonymat. "Dans l'histoire du CIO, estime de son côté Patrick Clastres, chercheur à l'Université de Lausanne, c'est une décision extrêmement lourde. Non seulement elle limite le nombre d'athlètes autorisés à concourir, mais elle interdit de fréquentation des Jeux les responsables sportifs et politiques russes, ce qui est inédit à ce niveau-là de responsabilité". Pour l'universitaire français, "la sanction contre Moutko est très forte", alors qu'il était "non seulement ministre des Sports mais qu'il est aujourd'hui vice-Premier ministre et N.3 du gouvernement". "Pour Poutine aussi, d'une certaine manière, ça atteste du lien fort qui les unit tous les deux. Sanctionner le vice-Premier ministre qu'il promeut après que l'affaire éclate, c'est une sanction politiquement très forte", ajoute l'universitaire pour qui "c'est un très haut niveau de sanction politique comme jamais dans l'histoire du CIO". "On pourrait dire que stratégiquement le CIO a bien joué en évitant à la Russie d'être l'objet d'une sanction pour les Jeux de Rio et que sanctionner la Russie à la veille des Jeux d'hiver est un moindre mal", ajoute M. Clastres. Pour autant, conclut-il "c'est oublier combien les sports de glace et de neige sont populaires en Russie".
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