DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Harcèlement sexuel: les démocrates américains se veulent irréprochables

Vous lisez:

Harcèlement sexuel: les démocrates américains se veulent irréprochables

Harcèlement sexuel: les démocrates américains se veulent irréprochables
Taille du texte Aa Aa
Le parti démocrate a poussé cette semaine à la démission deux de leurs élus accusés de harcèlement sexuel, espérant prendre un avantage moral sur les républicains avant les élections de mi-mandat de 2018, sur un sujet qui déclenche une avalanche de révélations depuis l'affaire Weinstein. Un an après la victoire du président Donald Trump, un homme qui s'est vanté de pouvoir attraper les femmes par l'entrejambe, ce sont bien les démocrates qui se retrouvent sur la défensive à l'évocation des questions de harcèlement sexuel. Deux grands noms de leur parti ont en effet dû quitter le Congrès cette semaine, après des accusations de comportements déplacés et de harcèlement sexuel: le sénateur Al Franken et le doyen de la Chambre des représentants, John Conyers. Mais cette crise pourrait leur donner l'occasion de montrer qu'ils ont pris le mal par la racine et s'attaquent sérieusement au problème du harcèlement sexuel. A l'inverse des républicains, dont le candidat Roy Moore essaie de se faire élire sénateur dans l'Alabama. L'ancien magistrat, soutenu officiellement par Donald Trump, a été accusé d'avoir commis des agressions sexuelles sur des mineures il y a des décennies. Plusieurs femmes ont témoigné de comportements allant de baisers à des attouchements. La plus jeune était alors âgée de 14 ans. Al Franken a reconnu avoir fait du mal à plusieurs femmes, mais "Roy Moore a refusé de le faire. Et quelque part, c'est pire", a avancé le sénateur démocrate Tim Kaine. Le représentant républicain de l'Arizona Trent Franks a cependant démissionné vendredi, alors qu'il était l'objet d'une enquête de la commission d'éthique de la Chambre des représentants, après des accusations de comportements sexuels déplacés émanant de ses collaboratrices. - 'Changement culturel' - "Nous vivons un énorme changement culturel", a expliqué pour sa part à l'AFP la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, 84 ans. "La peur qu'avaient les femmes de parler, il y a des années, n'existe plus. Les femmes vont témoigner. C'est comme une nouvelle année de la femme." Ce changement est notamment illustré par la désignation par le magazine Time, comme personnalité de l'année des femmes ayant brisé le silence sur le harcèlement sexuel. Pendant des années, les démocrates se sont présentés comme défenseurs des droits des femmes et de l'égalité des sexes. Ils chercheront maintenant à conforter cette image en novembre, quand l'électorat féminin leur sera capital pour gagner des sièges au Congrès et dans les législatures d'Etat. Mike Huckabee, ancien gouverneur de l'Arkansas et candidat malheureux aux primaires présidentielles républicaines, avait qualifié plus tôt dans la semaine d'hypocrite l'attitude des démocrates qui demandaient le rejet de la candidature de Roy Moore. "Tant qu'Al Franken est au Sénat, tant que Conyers et d'autres sont au pouvoir, pourquoi ne pas avoir Roy Moore", a-t-il argué sur Fox News. Mais après la démission de ces deux parlementaires, l'argument ne tient plus, a fait remarquer sur Twitter David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama. "Un nouveau concept fait son apparition: si vous reconnaissez des comportements déplacés vous démissionnez. Mais si vous niez, même si les accusations sont nombreuses et crédibles, vous restez au pouvoir - ou continuez votre campagne - en toute impunité ?", a-t-il écrit mardi. Pour l'éditorialiste politique conservateur Ben Shapiro, Roy Moore va maintenant être utilisé comme un argument massue par les démocrates, surtout si le magistrat conservateur remporte l'élection sénatoriale. "Les démocrates vont maintenant se débarrasser de Franken pour prendre l'avantage sur le terrain de la morale face à Moore", a-t-il tweeté. Ne leur restera plus qu'à convertir cet avantage en victoires électorales.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.