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"De la nourriture!", crient les Vénézuéliens au Père Noël

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"De la nourriture!", crient les Vénézuéliens au Père Noël

"De la nourriture!", crient les Vénézuéliens au Père Noël
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Joel Rodriguez, SDF unijambiste en fauteuil roulant, fond en larmes quand un jeune habillé en Père Noël lui tend de la nourriture et des vêtements à Caracas, une lueur de solidarité en cette fin d’année morose dans ce pays en crise.

“On mange parfois des restes dans les poubelles (…), mais Dieu place toujours des anges sur notre chemin et vous êtes les anges de Noël”, lâche ce sans-bri entre deux sanglots.

Un groupe de jeunes, déguisés en lutins, clowns ou coiffés d’un bonnet rouge et blanc à pompon, également émus, l’embrassent et poussent des cris de soutien pour tenter de lui remonter le moral.

Il s’agit de volontaires de l’opération “Santa en las calles” (Le Père Noël dans la rue), une initiative née il y a une douzaine d’années pour offrir des cadeaux aux plus pauvres à l’occasion des fêtes dans la capitale et d’autres villes de ce qui fut un des pays les plus riches de la région.

Cette année, profonde crise oblige, les rues de Caracas ne scintillent pas. Pas de décorations de Noël, ni de guirlandes. Le Père Noël et ses lutins ont dans leur hotte de la nourriture, des médicaments, des vêtements et quelques jouets pour les enfants, les personnes âgées et les SDF.

Le Venezuela, pourtant riche en pétrole, est en plein naufrage économique, ce qui entraîne une pénurie de nourriture et de médicaments, ainsi qu’une inflation galopante. Elle est attendue à 2.349% cette année par le Fonds monétaire international (FMI).

“On apporte de la joie à beaucoup de gens qui, avec cette situation, sont très tristes et abattus”, explique à l’AFP Francisco Ordaz, bénévole depuis quatre ans.

- ‘Le régime de Maduro’ –

Musique regueton à fond, sous une vaste tente installée sur le parking d’une église dans l’est de Caracas, Francisco trie des vêtements aux côtés d’autres volontaires qui classent des jouets ou préparent des sandwichs au jambon et au fromage. Il s’agit de dons d’entreprises ou de particuliers.

Des cortèges de véhicules, avec des Péres Noël à leur tête, partent ensuite sillonner la ville.

“Ce Santa a été frappé par la crise!” ou “Santa, tu suis le régime Maduro?”, raillent les passants dans le quartier pauvre de La Pastora, dans le centre, à l’adresse du jeune, plutôt svelte, déguisé à l’arrière de la camionnette.

L’expression populaire “régime Maduro”, du nom du président vénézuélien, fait référence à la perte de poids induite par le manque d’aliments dans ce pays.

A la tombée de la nuit, peu de gens s’aventurent dans les rues de Caracas, parmi les villes les plus violentes de la planète. Quelques-uns font la queue devant les supermarchés ou pour retirer de l’argent. La plupart semblent indifférents aux cris de “joyeux Noël!”.

- ‘Donne-nous à manger!’ –

Au passage du véhicule, une veille femme à la robe fanée lance à l’homme en rouge “Donne-nous à manger!”, tandis qu’une autre mime le geste en portant sa main à la bouche.

Les enfants, un peu plus réceptifs, saluent la petite troupe et demandent aussi de la nourriture. Seuls quelques-uns préfèrent les jouets.

Un des convois se rend au centre d’accueil Nuestra Señora del Carmen, dans le centre de Caracas, où des bonnes soeurs prennent soin de petites filles pauvres.

Le programme “Santa dans la rue” “cherche à rassembler les efforts et à soutenir des populations vulnérables, qu’elles soient dans un centre d’accueil, une maison de retraite ou dans la rue”, explique à l’AFP Carlos Deveer, son fondateur. Il compte sur le soutien de 1.300 bénévoles.

“I wish you a merry Christmas”, entonne, en recevant de la nourriture, un sans-logis à la barbe blanche sous son vieux bonnet des Los Angeles Lakers.

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