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Venezuela: premières libérations d'opposants pour Noël

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Venezuela: premières libérations d'opposants pour Noël

Venezuela: premières libérations d'opposants pour Noël
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Un premier groupe d’opposants au président socialiste du Venezuela, Nicolas Maduro, a été libéré samedi soir, une mesure d’apaisement décidée pour Noël sur une recommandation de l’Assemblée constituante préconisant la remise en liberté de plus de 80 d’entre eux.

La présidente de l’Assemblée, Delcy Rodriguez, a annoncé la mesure avant de recevoir plusieurs de ces prisonniers —dont certains détenus depuis 2014— après un examen médical, afin qu’ils puissent “passer les fêtes de Noël avec leur famille”, soulignant qu’elles constituaient un “moment de réconciliation”.

Parmi les détenus libérés samedi soir figurent le maire d’Irribarren, Alfredo Ramos, emprisonné fin juillet et condamné à 15 mois de prison, et une douzaine de policiers de la municipalité de Chacao, un bastion de l’opposition à Caracas.

- ‘Dure épreuve’ –

“Je suis heureux d‘être en liberté, je suis avec ma famille (…) qui m’a apporté un grand soutien. Ca été une dure épreuve, assez difficile. C‘était une détention arbitraire, injuste. Je n’ai commis aucun délit”, a déclaré à la presse Alfredo Ramos à sa sortie.

Delcy Rodriguez est à la tête d’une Commission Vérité —créée par le président Maduro— chargée d’enquêter sur les mouvements de protestation qui réclamaient sa démission, au cours desquels ces personnes ont été arrêtées.

Selon elle, ces personnes se trouvent actuellement dans des prisons ainsi que dans des centres de détention de l’armée. Elle a suggéré de remplacer leur emprisonnement par des travaux d’intérêt général. Certaines d’entre elles sont incarcérées depuis les manifestations de 2014 contre le chef de l’État —qui ont fait 43 morts— tandis que d’autres le sont depuis les protestations de rue du printemps 2017, qui ont fait 125 morts.

Le sort des opposants incarcérés a fait l’objet de négociations entre le gouvernement et la coalition de la Table de l’unité démocratique (MUD, opposition) qui se sont récemment déroulées en République dominicaine, les deux parties cherchant à trouver une solution pour sortir le Venezuela d’une profonde crise politique et économique.

Une troisième session de discussions est prévue pour les 11 et 12 janvier.

“On peut dire que le dialogue marche très fort (…), il avance bien (…) On se retrouvera avec l’opposition à Saint Domingue à la Nouvelle année”, a déclaré à ce propos Delcy Rodriguez.

De son côté, Miguel Vargas, le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, hôte des pourparlers, a exprimé sa satisfaction de la mesure de libération des détenus.

“Le gouvernement du Venezuela manifeste ainsi sa disposition à poursuivre le dialogue et les négociations pour parvenir à une solution pacifique, démocratique et stable”, a-t-il déclaré dans un communiqué lu sur la chaîne VTV.

Selon Delcy Rodriguez, les détenus libérables sont ceux condamnés devant “les juridictions civiles comme devant les (juridictions) militaires”.

Une fois libérés, ils devront se présenter devant la Commission Vérité dans les prochains jours, et ce “dans un sens pédagogique, de la culture de paix et de tolérance”, a-t-elle ajouté.

La recommandation de libérer plus de 80 détenus a été adressée à M. Maduro ainsi qu’aux institutions judiciaires compétentes, avait-elle indiqué auparavant, soulignant que les fêtes de Noël constituaient un “moment de réconciliation”.

- ‘Loin du compte’ –

“Qu’il soit définitivement compris que les agissements promus par l’opposition extrémiste vénézuélienne et qui ont causé la mort de Vénézuéliens ne se répéteront pas”, a-t-elle averti.

Un avis loin d‘être partagé par le leader de l’opposition, Henrique Capriles, ex-candidat à la présidentielle, selon qui “jamais ils n’auraient dû être emprisonnés ! Exiger le respect de la Constitution et un meilleur pays ne peut jamais être un délit ! On est encore loin du compte !”, a-t-il lancé sur son compte Twitter.

Plus tôt cette semaine, l’opposition avait demandé au président Maduro de libérer avant Noël les “prisonniers politiques” – dont le nombre s‘élève à 268, selon des ONG -, en geste de bonne volonté.

Le plus célèbre d’entre eux, Leopoldo Lopez, est assigné à résidence depuis le 6 août et condamné à près de 14 ans de prison pour incitation à la violence en 2014.

Jeudi, au cours d’un sommet à Brasilia, le Mercosur avait appelé le Venezuela à libérer ses prisonniers politiques et à respecter les droits de l’Homme.

Le Mercosur – qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay au sein d’un marché de 300 millions d’habitants – a suspendu en août le Venezuela pour manquements au respect des droits de l’Homme.

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