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Pologne: Morawiecki limoge deux ministres controversés avant de voir Juncker

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Pologne: Morawiecki limoge deux ministres controversés avant de voir Juncker

Pologne: Morawiecki limoge deux ministres controversés avant de voir Juncker
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Juste avant sa rencontre avec le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker mardi soir à Bruxelles, le nouveau Premier ministre conservateur polonais Mateusz Morawiecki a limogé ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, deux poids lourds controversés.

Ce remaniement, qui touche plusieurs autres ministères, intervient alors que M. Morawiecki, en poste depuis un mois, cherche à améliorer les relations tendues entre Varsovie et Bruxelles autour de la question de l’Etat de droit.

Le nouveau cabinet peut marquer “une nouvelle ouverture à l‘égard de l’UE, envoyer un signal fort à l’Europe”, a estimé un expert, Eryk Mistewicz.

Du côté de Bruxelles, le climat semble également favorable à un réchauffement des relations.

A l’issue d’un dîner de travail de deux heures et demie dans la capitale européenne, Jean-Claude Juncker et Mateusz Morawiecki ont vanté “l’atmosphère amicale” de leurs échanges “constructifs”.

“Ils ont convenu de se revoir pour poursuivre la discussion et pour avancer d’ici à la fin février”, selon un communiqué conjoint.

Préoccupée par l‘évolution de l’Etat de droit en Pologne, et notamment par des réformes controversées de la justice, la Commission a dégainé il y a trois semaines contre la Pologne l’article 7 du traité de l’UE, une procédure pouvant aller jusqu‘à priver le pays de ses droits de vote au sein de l’Union.

Mais la volonté de dialogue qu’affiche M. Juncker pourrait trouver un écho favorable au sein de la nouvelle équipe gouvernementale en place à Varsovie.

“Morawiecki et (le nouveau chef de la diplomatie, Jacek) Czaputowicz sont des personnes qu’on ne peut pas accuser de prôner le Polexit”, a dit M. Mistewicz à l’AFP.

En Pologne, c’est le limogeage du ministre de la Défense Antoni Macierewicz, remplacé par son collègue de l’Intérieur Mariusz Blaszczak, qui constitue la plus grande surprise.

Ancien opposant anticommuniste, orateur charismatique, principal défenseur de la théorie d’un attentat qui aurait causé la mort du président Lech Kaczynski dans la catastrophe aérienne de Smolensk, appuyé fermement par l‘électorat conservateur de Droit et Justice (PiS), M. Macierewicz semblait fermement installé dans son fauteuil.

Mais, personnage controversé en raison de ses décisions et déclarations surprenantes, il était aussi en conflit quasiment ouvert avec le président Andrzej Duda en raison de profondes divergences sur la réforme des forces armées. Sur l‘échiquier polonais, le chef de l’Etat semble donc marquer un point.

- L’opposition sceptique –

Des considérations de politique étrangère peuvent aussi avoir joué un rôle dans les autres choix de M. Morawiecki.

Outre les tensions avec Bruxelles, le chef de la diplomatie démissionnaire Witold Waszczykowski a été confronté à la réélection de l’ancien Premier ministre libéral Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, lors duquel la Pologne a été le seul pays à voter contre. Les relations de son pays avec la France et avec l’Allemagne ont également connu un fléchissement et seule la Hongrie de Viktor Orban apparaît comme une alliée.

Le nouveau titulaire des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, est un diplomate de carrière proche de l’aile centriste du PiS.

Quant au ministre sortant de l’Environnement Jan Szyszko, il a été au centre d’une controverse avec l’Union européenne portant sur l’abattage des arbres dans l’ancienne forêt de Bialowieza.

Son départ a été immédiatement salué par des écologistes. L’ONG ClientEarth y a vu “l’espoir d’un retour à la situation où ce ministère agit en faveur du patrimoine naturel et non pour sa destruction”.

Le ministre de la Santé Konstanty Radziwill a dû affronter la fronde des internes réclamant une augmentation conséquente des crédits de la santé publique, à laquelle il n’a pu apporter de réponse satisfaisante.

L’opposition centriste a accueilli avec scepticisme le remaniement censé changer l’image du gouvernement conservateur.

“De notre point de vue, rien ne change. Même s’il y a de nouvelles personnes, de meilleure allure, au bout du compte elles devront toutes suivre ce que leur dira Jaroslaw Kaczynski”, le chef du PiS, a dit le numéro deux du principal parti d’opposition, Plateforme civique (PO), Tomasz Siemoniak.

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