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Allemagne: "gros obstacles" pour former un gouvernement

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Allemagne: "gros obstacles" pour former un gouvernement

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Angela Merkel et les sociaux-démocrates ont fait état jeudi “de gros obstacles” à franchir pour espérer former un gouvernement en Allemagne, lors de négociations de la dernière chance où la chancelière conservatrice joue sa survie politique.

“Ce sera une dure journée”, a averti Angela Merkel en arrivant à la dernière séance de discussions prévue à Berlin, dont l’issue n’est pas attendue avant tard dans la nuit.

Après un premier échec en novembre pour s’entendre sur une coalition majoritaire avec les écologistes et les libéraux, la chancelière de 63 ans n’a plus le droit à l’erreur si elle veut gouverner quatre ans de plus.

Elle s’est dite prête à “trouver des compromis constructifs” entre son camp démocrate-chrétien (CDU et CSU) et les sociaux-démocrates du SPD.

“Les gens attendent de nous aussi que nous trouvions des solutions et c’est dans cet esprit que je travaillerai aujourd’hui”, a souligné la chancelière. Mais dans le même temps elle entend gouverner “convenablement” le pays, au moment où le SPD réclame des dépenses publiques allant au-delà de ce que veulent les conservateurs.

Le président du SPD Martin Schulz a lui aussi parlé de “gros obstacles” à surmonter. “Les négociations sont difficiles”, et ce “dans tous les domaines pour être honnête”, lui a fait écho un de ses négociateurs, Karl Lauterbach.

- ‘Coalition des perdants’ –

Fervent partisan d’un accord, le président allemand Frank-Walter Steinmeier, social-démocrate, a appelé les deux camps à surmonter leurs divergences au nom de l’intérêt national.

La tâche de former un gouvernement “constitue une responsabilité vis-à-vis de l’Europe”, a-t-il dit. Il en va de la réputation de “fiabilité” de l’Allemagne “sur la scène internationale”.

Les tractations se déroulent toutefois dans un contexte politique défavorable tant pour les démocrates-chrétiens que pour les sociaux-démocrates.

Certains médias ont déjà qualifié leur possible alliance de “coalition des perdants” car les deux camps ont été sanctionnés par les électeurs lors du scrutin législatif, marquée par la percée de l’extrême droite.

A eux deux, ils ne représentent qu’une courte majorité des suffrages: Angela Merkel a emporté une victoire à la Pyrrhus avec un score historiquement bas et le SPD a subi une humiliation en septembre.

La popularité d’Angela Merkel, au pouvoir depuis douze ans, est en repli. Et une majorité d’Allemands (56%) pensent que Mme Merkel quittera ses fonctions avant la fin de son éventuelle prochaine mandature, selon un sondage publié jeudi par le quotidien Handelsblatt.

Sur le fond, les divergences en vue d’un accord restent importantes. Les conservateurs, en particulier la CSU déjà en campagne pour des élections régionales cet automne, exigent un durcissement de la politique migratoire et une réduction limitée des impôts pour tous.

Le SPD plaide, lui, en faveur d’un assouplissement du regroupement familial pour les réfugiés, d’investissements dans l‘éducation et les infrastructures et d’un soutien pour les classes moyennes et défavorisées.

S’invitant dans le débat, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a appelé l’Allemagne à “investir plus”.

- Inconnue SPD

Les partenaires potentiels ont pu toutefois avancer sur certains dossiers, comme sur une loi concernant l’immigration qualifiée, essentielle pour la première économie européenne à la population vieillissante.

Si certains points d’accord ont déjà été trouvés, les sociaux-démocrates ne devraient dévoiler que vendredi s’ils recommandent une nouvelle coalition.

Ensuite il reviendra aux délégués du parti réunis en congrès extraordinaire le 21 janvier de dire s’ils approuvent ou non des négociations détaillées. Et en fin de parcours, les militants devront approuver le contrat de gouvernement.

Si tout va bien, un nouvel exécutif ne sera donc en place que fin mars, alors que toute l’Europe s’impatiente. La France en particulier, qui attend une réponse à ses propositions de réformes de la zone euro.

C’est l’une des exigences du SPD: “si nous acceptions de rentrer au gouvernement, ce ne serait qu‘à la condition de renforcer l’Europe”, a insisté M. Schulz jeudi.

Même en cas d’accord jeudi soir, la base du SPD, qui aura le dernier mot, peut tout faire capoter au bout du compte. Et elle reste très réservée à l’idée de servir à nouveau d’appoint aux conservateurs.

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