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Rousseff à l'AFP: le Brésil ingouvernable si Lula est disqualifié

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Rousseff à l'AFP: le Brésil ingouvernable si Lula est disqualifié

Rousseff à l'AFP: le Brésil ingouvernable si Lula est disqualifié
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Le Brésil sera ingouvernable si Lula est empêché de se représenter à la présidentielle d’octobre, a estimé vendredi dans une interview à l’AFP. l’ex-présidente Dilma Rousseff, qui lui avait succédé avant d‘être destituée.

Mme Rousseff, du Parti des Travailleurs comme Lula, s’exprimait avant le procès en appel mercredi à Porto Alegre (sud) de Luiz Inácio Lula da Silva, icône de la gauche brésilienne, après sa condamnation à neuf ans et demi de prison pour corruption.

Cette journée s’annonce décisive pour l’avenir de Lula et pour le Brésil: la décision des trois juges d’appel pourra autoriser un retour au pouvoir de l’ex-président ou à l’inverse mettre à mal son ambition de se représenter.

Lula a été accusé d’avoir reçu un triplex en échange de son intercession dans l’attribution de marchés publics de Petrobras lors de sa présidence (2003-2010).

“Le gouvernement qui gagnera l‘élection de 2018 sans que le processus électoral soit transparent et correct et avec des manoeuvres pour invalider des candidats comme Lula ne réussira pas à gouverner le pays”, a averti Mme Rousseff lors d’un entretien téléphonique depuis Porto Alegre, où elle réside.

Depuis sa condamnation en juillet, Lula n’a cessé de clamer son innocence et s’est dit victime d’un “pacte diabolique” destiné à l’empêcher de se représenter à la présidentielle.

Ils prétendent “détruire le PT qui est le plus grand parti d’opposition. Détruire le plus grand leader du PT qui est le président Lula”, a poursuivi Mme Rousseff.

“C’est une erreur car tous les sondages récents montrent des intentions de vote de plus en plus nombreuses pour le président Lula et un soutien croissant au PT”, a dit l’ex-dauphine de Lula, destituée en 2016 pour maquillage des comptes publics et qui s’est dite victime d’un “coup d’Etat”.

Le dernier sondage Datafolha donne à Lula 34% des intentions de vote, loin devant le député d’ultra-droite Jair Bolsonaro, à 17%.

Pour Dilma Rousseff, qui dénonce une “politisation du sytème judiciaire”, seul Lula est à même de “panser les plaies” du Brésil, dirigé par le conservateur Michel Temer qui lui avait succédé. Celui-ci bat tous les records d’impopularité et son mandat a été secoué par des affaires de corruption.

Si le PT a promis d’amener des troupes en masse pour le procès en appel à Porto Alegre, dont le maire a demandé l’appui de l’armée, Mme Rousseff ne croit pas au risque de débordements.

“Ce qui prévaut aujourd’hui, c’est l’indignation et l’indignation est un sentiment pacifique, démocratique (..) c’est la perception d’une persécution politique”, a-t-elle dit.

Mardi, la sénatrice Gleisi Hoffmann, présidente du PT fondé par Lula dans les années 80, avait choqué l’opinion en affirmant qu’il faudrait “tuer des gens” pour mettre celui-ci en prison.

Dilma Rousseff a écarté l’option de la case prison pour son ex-mentor. “Je ne crois pas en cette possibilité. Ils ne vont pas vouloir faire de lui un héros encore plus grand”, a-t-elle conclu.

Très active sur les réseaux sociaux où elle se présente comme “la présidente élue du Brésil”, Mme Rousseff réfléchit à une éventuelle candidature au Congrès tout en soutenant toujours fidèlement Lula.

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