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La VAR au Mondial: désastre programmé ou grand bond en avant?

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La VAR au Mondial: désastre programmé ou grand bond en avant?

La VAR au Mondial: désastre programmé ou grand bond en avant?
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Les uns redoutent une catastrophe, les autres veulent entrer dans le futur! Après six mois d’expérimentation en Italie et en Allemagne, le monde du foot reste divisé sur l’opportunité d’introduire l’arbitrage vidéo (VAR) dès la Coupe du monde en Russie cet été.

“Il est simplement impossible que ça puisse marcher avec juste six à huit semaines de préparation” pour les arbitres du Mondial, lâche l’ancien arbitre allemand Bernd Heynemann, à l’unisson de la grande majorité des experts de son pays, alors que le Board (l’organisme garant des lois du jeu) doit débattre du sujet lundi, avant de rendre une décision début mars.

“On va envoyer en Russie des arbitres qui n’ont jamais travaillé avec la VAR”, met en garde l’ex-arbitre international suisse Urs Meier (deux Mondiaux et une finale de Ligue des champions à son palmarès): “Il est impossible de les préparer avec juste quelques exercices à blanc, parce que ces exercices ne rendent absolument pas compte de la vitesse et de la pression réelle d’un match de coupe du monde”.

Les directeurs de jeu de Bundesliga et de Serie A ont été formés pendant un an, semaine après semaine, avant l’introduction effective de la VAR. Le résultat n’est pas si mauvais, mais au bout de six mois, les responsables des projets en sont encore à chercher des règles claires pour faire fonctionner en harmonie et surtout de façon cohérente d’un match à l’autre les arbitres de terrain et leurs assistants vidéo.

- Stages en Italie –

Paradoxalement, c’est en Italie, où les polémiques autour de la VAR sont incessantes, que l’on trouve les plus grands partisans d’une introduction au Mondial.

Dans les prochains jours, une unité de formation spécialisée pour arbitres ouvrira ses portes au centre national du football de Coverciano (à côté de Florence). Les Italiens sont déjà prêts à recevoir en stage les futurs assistants vidéos du Mondial.

“La Fifa a retenu Coverciano comme centre-pilote. Les arbitres du Mondial viendront chez nous pour se mettre à jour et se préparer à utiliser cette nouvelle technologie”, a déjà annoncé Carlo Tavecchio, le président sortant de la Fédération italienne, anticipant une décision positive de la Fifa.

“Tout le monde regarde l’Italie, nous sommes pris en exemple par toutes les fédérations et on reçoit en permanence des demandes pour former les arbitres à l‘étranger”, renchérit avec fierté le président du syndicat des arbitres italiens Marcello Nicchi: “Ceux qui n’ont pas encore digéré la VAR finiront par le faire. On ne peut pas revenir en arrière”.

Le Français Joël Quiniou, trois coupes du monde sur son CV, estime lui que les expérimentations en cours permettent “déjà de tirer des enseignements pour définir un cadre plus précis pour l’utilisation de la VAR”.

Car la principale maladie infantile du système est l’absence d’une définition claire des pouvoirs de l’assistant vidéo, souvent accusé de trop intervenir.

- “La VAR est comme un Airbag” –

“Trop de vidéo tue la vidéo”, juge d’ailleurs M. Quiniou: “Il faut que le cadre soit encore mieux défini pour qu’on ne tombe pas dans un recours systématique à la vidéo qui risquerait de décrédibiliser la fonction même de l’arbitre”.

“La VAR est comme un Airbag: ça peut aider en cas d’urgence, mais seulement en cas de véritable urgence”, renchérit Urs Meier.

Cette saison, les débuts de la VAR en Bundesliga et en Serie A ont été marqués par des erreurs, des confusions, des décisions incomprises par le public et, au début surtout, par de longues interruptions du jeu liées à l’inexpérience des équipes arbitrales.

Malgré cela, beaucoup pressentent déjà que la Fifa ne reculera pas: “Je m’imagine mal que les gens qui ont mis en place ce projet disent soudain non au mois de mai”, prédit l’Allemand Markus Merk (finales de la Ligue des champions 2003 et de l’Euro 2004), “c’est pourquoi j’ai la conviction que la VAR sera utilisée au Mondial en Russie. Mais je ne crois pas que ça donnera un résultat satisfaisant”.

La première conséquence de dysfonctionnements graves pendant la compétition la plus suivie au monde serait évidemment de discréditer pour longtemps la vidéo. “La VAR est une bonne idée, mais si ça fonctionne mal dès le début, ensuite il sera très difficile de réparer les dégâts”, prévient M. Merk.

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