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Avramopoulos: le refus de quotas de réfugiés dans l'UE est "inacceptable"

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Avramopoulos: le refus de quotas de réfugiés dans l'UE est "inacceptable"

Avramopoulos: le refus de quotas de réfugiés dans l'UE est "inacceptable"
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Il est “inacceptable” que des pays de l’UE se refusent à participer à l’accueil de demandeurs d’asile pour soulager d’autres Etats membres comme la Grèce ou l’Italie, a déclaré le commissaire européen chargé des questions migratoires Dimitris Avramopoulos dans un entretien avec l’AFP.

M. Avramopoulos doit assister jeudi à Sofia à une réunion des ministres de l’Intérieur des 28 consacrée notamment à la réforme de l’asile dans l’UE, bloquée depuis plus d’un an par les divisions sur d‘éventuels nouveaux quotas d’accueil en cas de futures arrivées massives.

L’objectif d’un compromis d’ici fin juin, fixé par les dirigeants de l’UE, “est atteignable” selon le commissaire, ancien chef de la diplomatie grecque et ancien maire d’Athènes.

“Il est urgent d’avancer pour adopter un nouveau règlement Dublin”, a-t-il insisté, en référence à ce texte européen décrié qui confie la responsabilité du traitement d’une demande d’asile presque systématiquement aux pays de première entrée dans l’Union.

“Ce dont l’Europe a besoin, c’est d’un système européen commun d’asile. Aujourd’hui, ce sont l’Italie et la Grèce qui sont sous une énorme pression, mais personne ne peut garantir que le futur ne réserve pas de surprises”, a prévenu M. Avramopoulos, soulignant que des pays de l’Est, critiques virulents de la politique migratoire de l’UE, n‘étaient pas à l’abri d’un futur afflux.

- Partager le ‘fardeau’ –

Malgré les vives controverses qui ont entouré les quotas provisoires de “relocalisations” depuis l’Italie et la Grèce, en vigueur entre septembre 2015 et septembre 2017, la Commission souhaite que la réforme en chantier de l’asile dans l’UE prévoie à nouveau un système de répartition des demandeurs d’asile.

Ce mécanisme ne serait toutefois déclenché, selon sa proposition, qu’en cas d’arrivées massives dans un Etat membre tandis que le reste du temps la responsabilité principale d’une demande d’asile resterait celle du pays de premier entrée.

Mais plusieurs pays comme la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque, qui ont refusé d’appliquer les quotas décidés en 2015, rejettent catégoriquement tout accueil obligatoire pour l’avenir, préférant exprimer leur solidarité avec d’autres pays par une aide financière.

“C’est inacceptable. Il s’agit d’une responsabilité partagée, tous les pays devraient participer à notre politique de partage du fardeau de cette énorme pression”, a estimé le commissaire Avramopoulos, rejetant “l’interprétation arbitraire” du concept de solidarité. “Nous devons tous partager de manière proportionnelle”, a-t-il dit.

“Ce n’est pas la crise économique qui a mis en danger le projet européen” (…) mais principalement la crise migratoire et des réfugiés parce que c’est directement lié aux principes et aux valeurs sur lesquels l’Europe est fondée”, a-t-il ajouté.

Il y a quelques semaines, M. Avramopoulos n’avait pas hésité à qualifier d’“anti-européen” un document de Donald Tusk, le président du Conseil européen —l’instance regroupant les dirigeants des 28—, qui suggérait d’abandonner l’idée de quotas obligatoires.

“J’ai eu le sentiment que ces déclarations amoindrissaient notre stratégie européenne sur des questions très importantes”, a justifié le commissaire, interrogé par l’AFP sur sa vive réaction.

“Je suis un politicien et en même temps je fais partie de ceux qui partagent une grande responsabilité pour défendre le projet européen et les traités européens”, a-t-il ajouté.

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