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Présidentielle tchèque: le populiste pro-russe Milos Zeman réélu

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Présidentielle tchèque: le populiste pro-russe Milos Zeman réélu

Présidentielle tchèque: le populiste pro-russe Milos Zeman réélu
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Le président tchèque sortant pro-russe Milos Zeman, un populiste qui a fait campagne contre l’immigration, a été réélu samedi pour un deuxième quinquennat, d’après les résultats complets du vote.

M. Zeman, 73 ans, a obtenu 51,36% des suffrages contre 48,63% à l’académicien pro-européen Jiri Drahos, 68 ans, pour un taux de participation de 66,6%, selon la télévision publique tchèque.

“Cette confiance des citoyens de la République tchèque me remplira d‘énergie au cours des cinq années à venir et je suis persuadé que cette confiance ne sera pas déçue”, a-t-il assuré.

M. Zeman, président du pays membre de l’Otan et de l’UE de 10,6 millions d’habitants — qui a estimé avant le scrutin que la “Russie ne représente pas un risque sécuritaire” —, a reçu peu après sa réélection les félicitations du chef de l’Etat russe, Vladimir Poutine.

“Les résultats des élections confirment la grande autorité de M. Zeman en tant qu’homme politique expérimenté et responsable, réalisant les intérêts et les aspirations du peuple tchèque”, a écrit le président russe, selon un communiqué du Kremlin cité par les agences de presse russes.

“Vladimir Poutine a souligné que la Russie apprécie la position de M. Zeman en faveur du développement des relations d’amitié russo-tchèques et d’une coopération mutuellement bénéfique dans plusieurs domaines”, a ajouté le Kremlin.

- Citoyens normaux –

M. Zeman a retrouvé au soir de la victoire ses accents populistes pour s’en prendre aux journalistes et aux hommes politiques, en déclarant vouloir se battre pour “une citoyenneté active”.

“Je me suis persuadé en effet que non seulement l’intelligence des journalistes mais aussi celle de certains politiciens est sensiblement plus basse que celle des citoyens normaux”, a-t-il dit.

M. Drahos, 68 ans, a immédiatement concédé sa défaite et félicité son adversaire, tout en soulignant que le résultat était “très serré”.

“Nous n’avons pas gagné, mais nous n’avons pas perdu non plus”, a poursuivi l’ex-patron de l’Académie des sciences. “Je suis très content de cette vague d‘énergie apparue lors de cette élection présidentielle et qui ne saurait disparaître”.

“Je promets que je continuerai à mener cette énergie et cet espoir, je ne quitte pas la vie publique”, a conclu cet amateur de chant, avant d’entonner l’hymne national.

- Intérêts nationaux –

Pour l’analyste Jiri Pehe, “c’est la migration qui a été le sujet principal. Zeman (hostile aux migrants) est aux yeux de ses électeurs le défenseur des intérêts nationaux tchèques”, a-t-il expliqué.

“La migration a été sans nul doute un sujet clé”, a reconnu M. Drahos, au cours d’un entretien diffusé dans la soirée à la télévision publique CT, après avoir rejeté l‘étiquette d’“inviteur” (de migrants) qui lui avait été collée selon lui par M. Zeman et ses supporteurs.

“Mon opinion dans cette question ressemble en principe à celle de Milos Zeman: il faut aider (les migrants) dans leurs pays et il faut protéger la frontière de l’Union européenne. Je rejette depuis le début les quotas (de répartition)”, a-t-il souligné.

Le président sortant a bénéficié notamment du soutien des milieux ruraux et des travailleurs manuels, tandis que M. Drahos était le candidat préféré des milieux intellectuels et des grandes villes.

Le scrutin s’est déroulé aussi sur fond de problèmes du gouvernement minoritaire du milliardaire populiste Andrej Babis, allié de M. Zeman.

Inculpé pour fraude aux subventions européennes, M. Babis n’a pas réussi à obtenir la confiance du Parlement et a présenté au président la démission formelle du cabinet la semaine dernière.

Revenant à la politique d’aujourd’hui, M. Zeman a laissé entendre qu’Andrej Babis pourrait désormais diriger longtemps son gouvernement démissionnaire en attendant d’en former un autre.

“Comme j’ai été réélu, je ne vois aucune raison pour mettre la pression à Andrej Babis par un délai trop court pour la nomination de son gouvernement”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

M. Babis a affiché sa satisfaction à l’annonce de la victoire de son allié.

“J’étais persuadé que la campagne basée sur les attaques contre lui (Zeman) ne serait pas couronnée de succès. Je suis très content de n’avoir pas eu tort”, a-t-il dit.

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