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Nom de la Macédoine : c'est le moment de décider, dit l'émissaire de l'ONU

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Nom de la Macédoine : c'est le moment de décider, dit l'émissaire de l'ONU

Nom de la Macédoine : c'est le moment de décider, dit l'émissaire de l'ONU
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Le médiateur des Nations unies, Matthew Nimetz, a estimé mardi à Athènes que “le temps de la décision est venu” pour le futur nom de la Macédoine, un différend qui empoisonne les relations entre Athènes et Skopje depuis 27 ans.

“Je crois qu’il y a une volonté ici (à Athènes, ndlr), et je pense aussi à Skopje, d’essayer de régler” cette affaire, a dit aux médias M. Nimetz après des entretiens avec le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias.

“Nous devrions saisir l’occasion. Ralentir les choses n’a pas de sens… Il y a un temps pour prendre une décision et je pense que nous y sommes”, a ajouté M. Nimetz, qui à 78 ans essaie en vain depuis 1994 de régler la question.

Il se rendra mercredi en Macédoine pour poursuivre les discussions avec les responsables du pays voisin.

Nikos Kotzias a indiqué mardi, dans un entretien à la télévision publique grecque Ert, qu’Athènes était favorable à un nom en slavo-macédonien qui soit “intraduisible” pour désigner la Macédoine. “La première chose à discuter c’est un nom dans la ou les langues du pays voisin qui ne soit pas traduisible dans une autre langue”, a-t-il dit.

Les langues utilisées en Macédoine sont le slavo-macédonien et l’albanais.

Matthew Nimetz avait déjà proposé la semaine dernière quatre noms en slavo-macédonien, a rappelé M. Kotzias, dont “Republika Nova Makedonija” (République de Nouvelle Macédoine).

La Grèce va élaborer “un accord en février” avec ses propositions sur le nom pour servir de base aux discussions, a ajouté le ministre.

La Grèce est en faveur d’un règlement du différend sur le nom de la Macédoine qui remonte à 1991, lors de l’indépendance du petit pays après l‘éclatement de l’Etat fédéral de Yougoslavie.

- Patrimoine culturel –

Athènes, qui considère le nom “Macédoine” comme appartenant à son patrimoine culturel, craint des visées macédoniennes sur la province frontalière grecque de Macédoine (nord) considérée comme le centre de l’empire d’Alexandre le Grand (IVe siècle avant JC).

En raison des objections grecques, la Macédoine a été admise à l’ONU sous l’appellation provisoire d’“Ancienne république yougoslave de Macédoine” (Arym en français, Fyrom en anglais).

Des négociations sur ce nom ont été relancées il y a quinze jours sous l‘égide de l’ONU, après l‘élection en juin 2017 du Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, qui s’est dit prêt à régler ce différend. Plusieurs tentatives onusiennes ont échoué par le passé.

M. Zaev a notamment annoncé la semaine dernière à Davos, après une rencontre avec son homologue grec Alexis Tsipras, qu’il acceptait de débaptiser l’aéroport international de Skopje et la principale autoroute du pays, tous deux nommés “Alexandre le Grand”, le célèbre roi de l’Antiquité dont le cœur du royaume était en Grèce.

L’affaire est particulièrement sensible en Grèce. Une manifestation il y a dix jours a réuni entre “plus de 90.000” (police) et 4 à 500.000 manifestants (organisateurs) à Thessalonique (nord, principale ville de la région grecque de Macédoine). Une autre est prévue dimanche à Athènes.

Tout accord sur le futur nom de la Macédoine “doit être approuvé par le Parlement grec”, a insisté M. Kotzias, ajoutant que “des changements dans la Constitution du pays voisin doivent également avoir lieu” en cas d’un accord sur le nom.

Pour Skopje, le règlement de ce différend est une condition nécessaire pour l’adhésion du pays à l’Otan et l’Union européenne, Athènes ayant mis son veto à plusieurs reprises en réclamant le changement du nom du pays voisin.

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