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Boycottages, défilés et pom-pom girls: les Corées dans l'arène sportive

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Boycottages, défilés et pom-pom girls: les Corées dans l'arène sportive

Boycottages, défilés et pom-pom girls: les Corées dans l'arène sportive
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La participation de la Corée du Nord aux jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang peut ressembler à une anomalie au vu de son isolement croissant sur la scène diplomatique. Mais les relations sportives entre les deux Corées ont connu moult péripéties au fil des ans.

Douze sportives nord-coréennes se joignent à une équipe unifiée de hockey sur glace aux côtés de 23 Sud-Coréennes. Pyongyang envoie dix autres athlètes à Pyeongchang, en ski de fond (trois), ski alpin (trois), patinage de vitesse (deux) et patinage artistique (un couple). Les patineurs artistiques Ryom Tae-Ok et Kim Ju-Sik sont les seuls Nord-Coréens qualifiés sportivement.

Les relations sportives entre les deux Corées, toujours en guerre sur le papier car le conflit s’est achevé en 1953 par un armistice et non un traité de paix, ont grandement fluctué au cours des décennies. Voici les hauts et les bas de l’arène sportive intercoréenne.

- 1988: boycottage des JO de Séoul –

Pyongyang s‘était tenu à l‘écart des Jeux d‘été organisés dans la capitale sud-coréenne. La Chine et les pays du bloc soviétiques avaient pourtant répondu présents malgré l’absence de toute relation diplomatique avec le Sud.

Une poignée d’alliés du Nord, en particulier le Cubain Fidel Castro, avaient aussi boudé la compétition mais c‘était la première fois en trois JO d‘été que la compétition n’avait pas été frappée de boycottage majeur, après Moscou en 1980 et Los Angeles en 1984.

- 1991: équipes unifiées –

Deux ans seulement après Séoul, un net dégel vit le Nord et le Sud disputer des matches amicaux de football à Pyongyang et Séoul, sous le même drapeau d’unification, la silhouette bleue de la péninsule coréenne sur fond blanc.

En 1991, les deux pays envoyèrent une équipe unifiée aux Championnats du monde féminins au Japon. C‘était la première fois qu’une escadre intercoréenne disputait une compétition internationale depuis la séparation officielle des deux Corées en 1948. Leurs joueuses avaient raflé l’or face au mastodonte chinois.

Cette même année, les footballeurs coréens parvenaient en quarts de finale de la Coupe du monde des moins de 20 ans au Portugal. Le Brésil les avaient étrillés 5 à 1.

- Défilés communs –

Le président sud-coréen de centre-gauche Kim Dae-Jung, arrivé au pouvoir en 1998, lance la politique dite du “rayon de soleil” en direction du Nord.

A la suite d’un sommet historique Nord/Sud en 2000, les deux Corées ont défilé ensemble derrière le drapeau de l’unification à l’ouverture des jeux de Sydney, où elles ont cependant concouru séparément. Même chose à Athènes en 2004 et aux Jeux d’hiver de Turin en 2006.

Des défilés communs ont également eu lieu lors de compétitions organisées au Sud, comme les Jeux asiatiques de 2002 à Busan, où le Nord avait aussi dépêché une escadre de 280 pom-pom girls, choisies avec soin pour leurs origines familiales et leur aspect physique. Elles ont fait sensation dans les médias.

Des délégations semblables ont été envoyées par le Nord à l’Universiade de Daegu en 2003 et au Championnat asiatique d’athlétisme 2005 d’Incheon, où figurait parmi les pom-pom girls Ri Sol-Ju, future épouse du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Un an plus tard, le Nord menait son premier essai nucléaire.

- 2010: adversaires –

Les relations bilatérales se sont considérablement rafraîchies avec l’arrivée au pouvoir à Séoul du président conservateur Lee Myung-Bak.

Il n’y a plus de défilés communs et ni de pom-pom girls nord-coréennes mais Pyongyang continue d’envoyer des équipes disputer des compétitions sportives au Sud comme les Championnats asiatiques de judo 2008, les Jeux asiatiques 2014 d’Incheon et un tournoi de hockey sur glace féminin à Gangneung en 2017.

Lors des qualifications pour le Mondial-2010 de football messieurs, le Nord joue dans le Sud en 2008 et 2009, mais des matches “retour” au Nord sont déplacés en Chine: Pyongyang refusait que soit joué sur son territoire l’hymne sud-coréen ou que soit hissé le drapeau de son rival.

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