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Kosovo: Thaçi veut "un accord historique" avec Belgrade en 2018

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Kosovo: Thaçi veut "un accord historique" avec Belgrade en 2018

Kosovo: Thaçi veut "un accord historique" avec Belgrade en 2018
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Le président du Kosovo Hashim Thaçi espère un “accord historique” avec la Serbie en 2018, année du dixième anniversaire d’une proclamation d’indépendance toujours rejetée par Belgrade.

“Je crois vraiment que le dialogue est le seul chemin possible pour que le Kosovo et la Serbie aillent de l’avant”, a déclaré Hashim Thaçi lors d’un entretien cette semaine à l’AFP à Pristina.

Le Kosovo fêtera le 17 février son indépendance. Soutenu par les Etats-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne (UE), il est reconnu comme Etat souverain par plus de 110 pays.

La proclamation d’indépendance était intervenue une décennie après la guerre (1998-99, 13.000 morts) entre les forces armées serbes et la guérilla indépendantiste kosovare albanaise (UCK), dont Hashim Thaçi était le chef politique.

Cet ultime conflit dans l’ex-Yougoslavie, s‘était achevé quand les forces de l’Otan avaient bombardé la Serbie de Slobodan Milosevic. Le Kosovo avait alors été placé sous protection occidentale.

Mais Belgrade rejette toujours l’indépendance de son ancienne province albanaise, et avec le soutien de la Russie, parvient à bloquer son admission aux Nations unies.

Engagé en 2011 sous égide de l’UE, le dialogue entre Pristina et Belgrade est au point mort depuis quasiment deux ans. Parmi les principaux points d’achoppement, le statut des municipalités où vit la minorité serbe.

“J’espère que 2018 sera l’année d’un accord final historique”, a insisté Hashim Thaçi, précisant avoir récemment abordé cette question à Davos avec son homologue Aleksandar Vucic. C’“est une année cruciale, elle doit être décisive. Sinon, nous traînerons pendant des décennies”, a-t-il mis en garde.

- Des progrès –

Si les discussions sont au point mort, Hashim Thaçi voit toutefois des raisons d‘être positifs sur les rapports entre communautés et les relations avec Belgrade.

Depuis le lancement du dialogue, “la police du Kosovo, ses douaniers, sont à la frontière avec la Serbie, il y a une liberté de circulation, des tribunaux fonctionnent dans le nord”, où vit une partie importante des quelque 120.000 Serbes du Kosovo (sur 1,8 million d’habitants).

“Des Serbes siègent désormais au Parlement et participent au gouvernement”, et “pour la première fois dans l’histoire du Kosovo, des élections locales et nationales ont été tenues dans le nord” en 2013 et 2017, a poursuivi Hashim Thaçi.

Même à Mitrovica, ville divisée du nord où les tensions restent fortes et où a été assassiné mi-janvier l’homme politique serbe Oliver Ivanovic, les motifs de satisfaction existent, a-t-il assuré.

Après ce crime qui reste non élucidé, “nous avons apaisé les choses” avec le président serbe Aleksandar Vucic, assure Hashim Thaçi. “Imaginez que cela se soit produit il y a trois ou quatre ans, la situation aurait explosé!”, a-t-il dit.

Jusqu‘à ce que le dialogue s’engage, Mitrovica “était bloquée, isolée, submergée par le crime”, a insisté Hashim Thaçi. “Nous avons eu 20 ans de ténèbres dans cette partie du Kosovo. Quiconque espérait une solution magique se fourvoyait.”

- Défi économique –

Pour son pays, Hashim Thaçi envisage “un seul chemin (…), une seule vision: devenir membre de l’Union européenne et de l’Otan”. “L’UE est en retard avec le Kosovo et les Balkans occidentaux”, a-t-il regretté.

Pristina attend de bénéficier d’une libéralisation des visas pour ses ressortissants, à l’instar de cet avantage dont bénéficient ses voisins balkaniques. Avant de l’octroyer, Bruxelles exige que les députés kosovars entérinent la modification de la frontière avec le Monténégro.

“Nous devons faire notre part. Sinon, ce sera de notre faute” si cette mesure n’est pas prise, a dit Hashim Thaçi. Mais il a appelé l’Europe à “offrir de l’espoir” au Kosovo qui veut obtenir le statut de candidat à l’accession à l’UE.

Autre défi de taille pour son pays, “la création d’emplois pour s’attaquer à la crise sociale”. Pays pauvre et jeune, le Kosovo est confronté à un chômage important d’environ 30%, qui poussent de nombreux Kosovars à l’exode.

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