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Grèce: large mobilisation contre un compromis sur le nom de la Macédoine

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Grèce: large mobilisation contre un compromis sur le nom de la Macédoine

Grèce: large mobilisation contre un compromis sur le nom de la Macédoine
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Des dizaines de milliers d’opposants au compromis sur le nom de la Macédoine envisagé par le gouvernement grec se sont rassemblés dimanche après-midi à Athènes, 140.000 selon la police, dix fois plus selon les organisateurs.

Brandissant des drapeaux grecs par centaines, les manifestants, dont certains en costume traditionnel, ont scandé des slogans comme “Bas les pattes Macédoine !”, “La Macédoine est grecque !” ou “Nous ne partirons pas tant que nous n’aurons pas obtenu justice!”.

Un drapeau grec géant flottait en haut d’une grue sur la place Syntagma, théâtre de tous les grands rassemblements.

La police a estimé à 140.000 le nombre des manifestants, les organisateurs à 1,5 million, soit dix fois plus.

Il y a quinze jours, au cours d’une manifestation sur le même thème à Thessalonique, capitale de la région grecque de Macédoine (nord), la police avait annoncé “plus de 90.000” manifestants, les organisateurs jusqu‘à 500.000.

Le cabinet du Premier ministre Alexis Tsipras a réagi rapidement après la fin de la manifestation, observant que “quelques milliers” de personnes s‘étaient déplacées, loin du “séisme” espéré par les leaders du parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND), alors que la tension monte entre ND et le Syriza de M. Tsipras à 18 mois des législatives.

“La grande majorité des Grecs, quelles que soient leurs opinions, (…) conviennent que les grands problèmes de politique étrangère ne doivent pas se régler par le fanatisme et l’intolérance”, a indiqué le service de presse de M. Tsipras.

Dimanche étaient présents beaucoup de familles et de personnes âgées, quelques hommes politiques, des membres du clergé et des militaires.

- Querelle depuis 1991 –

Le point d’orgue a été le discours du musicien et icône de la résistance de 92 ans Mikis Théodorakis, qui apparaît rarement en public.

En fauteuil roulant mais la voix forte, le compositeur de la musique de “Zorba le Grec” a appelé à un référendum sur le nom de la Macédoine.

Après que des inconnus ont jeté samedi de la peinture rouge sur sa maison du centre historique d’Athènes, M. Théodorakis a estimé que “défendre les droits de son peuple, ce n’est pas du nationalisme, c’est du patriotisme”.

Il a néanmoins soutenu que le but caché du pays voisin, généralement appelé “Skopje” en Grèce – du nom de sa capitale – est d‘étendre ses frontières en englobant la Macédoine grecque.

“Des générations de Skopjiens“ ont été élevés dans cette idée”, et “ils cherchent à rejoindre l’Otan et l’UE grâce à notre propre vote, afin de pouvoir demain nous menacer en position de force”, a-t-il lancé sous les vivats.

La manifestation était en grande partie organisée et financée par des groupes de la diaspora grecque, des associations de militaires à la retraite, des groupes religieux et des associations culturelles de la Macédoine grecque.

“La Macédoine est grecque et seulement grecque. Nous devons nous battre et faire en sorte que le monde entier le sache”, a témoigné Allia Sarellis, un Grec vivant aux Etats-Unis.

- 59% des Grecs contre un compromis –

Les opposants refusent que le mot Macédoine figure dans le futur nom officiel du pays voisin, que ce soit Haute Macédoine ou Macédoine du Nord, compromis auquel semblent prêts tant le gouvernement grec d’Alexis Tsipras que celui du nouveau Premier ministre macédonien social-démocrate Zoran Zaev.

Cela créerait “une instabilité permanente” dans la région, a soutenu à la tribune Nina Gatzoulis, de l’Association pan-macédonienne américaine.

La querelle perdure depuis l’indépendance de l’ancienne république yougoslave en 1991. La Grèce bloque depuis lors l’entrée de son voisin dans l’Otan et l’UE.

“Le moment est venu” de trouver une solution, a affirmé cette semaine à Athènes l‘émissaire des Nations unies sur cette question, Matthew Nimetz.

Selon un récent sondage, 59% des Grecs désapprouvent la présence du mot Macédoine dans le futur nom, contre 35% que cela ne dérangerait pas.

Pour Nikolaos Tzifakis, professeur de Sciences politiques à l’Université du Péloponnèse (sud), “de nombreuses personnes” considèrent le projet de compromis “à travers le prisme de la crise économique et le voient comme la concession de trop”.

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