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JO-2018: Svindal, Viking et indestructible en descente

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JO-2018: Svindal, Viking et indestructible en descente

JO-2018: Svindal, Viking et indestructible en descente
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De la masse athlétique, le charme affleure: Aksel Lund Svindal, ambassadeur de l‘élégance pour une grande marque horlogère, est un descendeur d’envergure et le premier Norvégien à décrocher l’or olympique dans la discipline reine des Jeux d’hiver, jeudi sur la piste de Jeongseon.

La vie a préparé tôt Svindal à affronter la plus dangereuse des épreuves olympiques, avec l’absence définitive de la mère, morte en couche d’un enfant, le petit frère d’Aksel qui ne vivra lui aussi qu’un an. Gamin, Aksel a d’abord promené sa tristesse, l‘âme meurtrie.

Et pour que le souvenir reste bien ancré, Aksel ajoutera au patronyme paternel (Svindal) celui de sa mère (Lund).

Franz Gamper, le technicien italien qui fit pousser jusqu’au sommet les Attacking Vikings de la vitesse, a vu dans cet épisode tragique les racines du détachement serein qui caractérise Svindal.

Glisser sur les collines de la banlieue d’Oslo fut une heureuse diversion pour l’adolescent, sous les ordres d’un père qui, en professeur de ski, décela des dons.

C’est à Geilo, localité blottie entre la capitale et Bergen, sur la côte ouest où ses grands-parents paternels possédaient un chalet, que l’adolescent fit ses gammes. Et trouva sa voie.

- Fierté –

“A l‘époque, (Kjetil Andre) Aamodt et (Lasse) Kjus rivalisaient avec la puissante Autriche. Ils étaient la fierté du pays, même si le ski de fond est le sport le plus populaire en Norvège”, se souvient le champion olympique 2018 de descente.

Son destin était signé dès lors qu’il eut les deux champions pour modèles. Il fut pendant deux saisons leur élève studieux au sein d’une équipe à l’effectif réduit mais d’exquise qualité.

“Ils sont forcément portés vers le haut dans une compétition interne intense mais toujours correcte”, ajoute M. Gamper, à la retraite depuis quelques mois.

Aamodt et Kjus ont laissé en héritage la bagatelle de 36 médailles entre Championnats du monde et Jeux olympiques. Svindal a garni son escarcelle de cinq médailles d’or mondiales (dont l’or de la descente en 2007 à Are et 2013 à Schladming) et désormais de quatre médailles aux Jeux.

Svindal devient le premier skieur de l’histoire à être sacré champion olympique dans les deux disciplines de vitesse puisqu’il avait remporté le Super-G de Vancouver.

Comme ses illustres prédécesseurs, Svindal a déjà brillé dans les disciplines techniques, avant de succomber à l’attraction de la vitesse, synonyme de danger.

Sa carrière est ponctuée, comme une parabole, de blessures graves et de retours prodigieux.

- Chutes –

Le 27 novembre 2007, lors du 1er entraînement de la descente de Beaver Creek (Etats-Unis), Svindal était retombé sur le dos, déséquilibré par le vent à la réception d’un saut.

Blessé au visage – fractures du nez et de la pommette droite – il avait aussi subi une profonde entaille au niveau de la fesse gauche, tout près de l’artère fémorale, provoquée par la carre d’un ski tranchante comme une lame.

“Le plus dur fut en janvier (2008), quand vous passez vos journées au lit au lieu d‘être en plein air”, se souvient le double vainqueur du classement général de la Coupe du monde (2007 et 2009).

L’homme a du cran, comme le rappelait Aamodt. Un an après le crash, c’est à Beaver Creek que Svindal signa sa renaissance avec un doublé descente/super-G, prémice d’un second gros globe.

Une décennie plus tard, Svindal est toujours là. Au point d‘être revenu à la vie une deuxième fois. Il a remporté le super-G de Kitzbühel, en janvier 2018, son premier dans la discipline deux ans après une chute sur la Streif qui l’avait écarté des pistes pendant une saison et demie.

Le Norvégien possède aussi le regard de l’aigle. Du haut de son 1,95 m, il peut mieux jauger et dominer le parcours. Comme l’oiseau, il manque rarement son objectif.

Sa reconversion est assurée tant il possède de flèches à son arc. L’une d’elles a frappé le coeur d’un mannequin en vogue de son pays. Le calme après trois ans d’une liaison mouvementée avec la skieuse américaine Julia Mancuso.

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