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Immigration: le Conseil de l'Europe tire l'oreille de la Suède

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Immigration: le Conseil de l'Europe tire l'oreille de la Suède

Immigration: le Conseil de l'Europe tire l'oreille de la Suède
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Après avoir grand ouvert ses frontières aux migrants, la Suède a drastiquement durci ses conditions d’accueil et d’octroi de l’asile, constate le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe qui l’appelle à “inverser la tendance”.

“Tout en louant les efforts de la Suède pour venir en aide aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, en particulier au pic des arrivées en 2015, le commissaire est préoccupé par les restrictions introduites” depuis, indique Nils Muiznieks dans un rapport publié vendredi.

La Suède a enregistré quelque 400.000 demandes d’asile depuis 2012, soit une pour 25 habitants, un record en Europe, avec un pic de 162.000 demandes en 2015 dont un tiers émanaient de ressortissants syriens.

Pour juguler l’afflux alors que ses structures d’accueil (centres d’hébergement, Office des migrations, affaires sociales, etc) parvenaient au seuil de saturation, le pays scandinave a rétabli les contrôles aux frontières en janvier 2016 et introduit six mois plus tard et pour trois ans une batterie de mesures censées dissuader les candidats à l’entrée sur son sol.

Nils Muiznieks identifie trois dispositions problématiques: la fin de l’accès au logement et à l’aide socio-médicale pour les demandeurs sans enfant définitivement déboutés; les freins au regroupement familial; le traitement des mineurs non accompagnés.

Sur ce dernier point, les délais d’examen des dossiers, l’accompagnement des mineurs, leur scolarisation, ainsi que le recours au diagnostic médico-légal pour déterminer leur âge en cas de doute constituent à ses yeux des “défaillances”.

En 2015 en Suède, un demandeur d’asile sur cinq se disait mineur non accompagné.

S’agissant de l‘âge des demandeurs, le commissaire “enjoint les autorités suédoises de ne pas seulement se fier à l’examen médical mais à mettre en place des procédures multidisciplinaires et de s’assurer que le doute bénéficie toujours aux mineurs”.

Depuis mai 2017, l’Office des migrations propose aux jeunes demandeurs peinant à prouver leur minorité d‘âge de se soumettre à un examen radiologique des dents de sagesse et à une IRM des articulations du genou.

Or ces examens présentent des marges d’erreur “importantes”, selon Nils Muiznieks qui s’appuie sur un rapport du Comité des droits de l’enfant des Nations unies.

Le commissaire du Conseil de l’Europe note tout de même que la Suède “est près de remplir son engagement” d’accueillir 3.766 migrants en 2017 au titre des quotas de relocation fixés entre Etats membres de l’UE et qu’elle a promis d’en recevoir 5.000 cette année.

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