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Athletic-Spartak: après les heurts, l'Espagne entre émotion et inquiétudes

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Athletic-Spartak: après les heurts, l'Espagne entre émotion et inquiétudes

Athletic-Spartak: après les heurts, l'Espagne entre émotion et inquiétudes
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Une “bataille rangée”, une “altercation sauvage”… Les violences entre ultras avant Athletic Bilbao-Spartak Moscou, jeudi, ont secoué l’Espagne du football, émue par la mort apparemment accidentelle d’un policier en marge de ces heurts et inquiète pour ses supporters à l’approche du Mondial-2018 en Russie.

. Vague d’indignation en Liga

Des jets de bouteilles et de fumigènes, des conteneurs à déchets retournés sur la chaussée… Impossible d‘échapper en Espagne aux images de ces affrontements survenus jeudi soir aux abords du stade San Mamés de Bilbao, au Pays basque, avant un 16e de finale retour d’Europa League.

Les principaux journaux sportifs du pays ont tous publié la même image en Une, celle d’un policier de l’Ertzaintza, la police régionale basque, étendu en pleine rue avec deux collègues tentant de le ranimer.

Les autorités ont par la suite insisté sur le fait que le décès de cet agent de 51 ans était dû à un infarctus, et non directement aux violences, mais l‘émotion était profonde vendredi dans le monde du football.

“Nous pensons à sa famille, c’est le plus important”, a dit Zinédine Zidane, entraîneur du Real Madrid. “Nous espérons que ce genre de choses ne se reproduise jamais dans un stade de football.”

La plupart des clubs, y compris la Real Sociedad, rival historique de l’Athletic Bilbao, ont publié des messages de soutien. Et la Ligue espagnole (LaLiga) a annoncé qu’une minute de silence serait observée ce week-end avant tous les matches du Championnat d’Espagne.

“C’est une situation difficile et nous sommes tous affectés”, a souligné l’entraîneur du FC Barcelone Ernesto Valverde, ancien technicien de Bilbao. “Nous condamnons tout cela de manière absolue.”

. Questions sur les responsabilités

Après les heurts, qui ont fait quatre blessés, la police basque a procédé à neuf arrestations: cinq Espagnols, trois Russes et un Polonais.

Pouvait-on éviter un tel déferlement de violence ? D’autant que de précédents incidents avaient eu lieu en 2012 lors, déjà, d’un 16e de finale retour d’Europa League entre l’Athletic Bilbao et le Lokomotiv Moscou.

Les autorités régionales basques avaient en tout cas déployé un important dispositif de sécurité avec plus de 500 policiers mobilisés pour faire face à l’afflux de 2.000 supporters russes.

Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi qu’il augmenterait sa vigilance avant la rencontre entre l’Atlético Madrid et le Lokomotiv Moscou, prévue le 8 mars dans la capitale espagnole. Et le gouvernement compte questionner l’UEFA sur “les mesures qu’elle va prendre” au sujet des hooligans russes, a déclaré son porte-parole Iñigo Méndez de Vigo.

Peut-être un tel déplacement d’ultras était-il trop risqué ? L’Allemagne a arrêté jeudi à l’aéroport de Munich un hooligan russe présumé, recherché par la France depuis l’Euro-2016 pour la “tentative de meurtre” d’un Britannique lors de violences à Marseille. Il comptait se rendre à Bilbao.

Mais le porte-parole de l’ambassade de Russie en Allemagne, Denis Mikerine, a “protesté fermement” contre cette arrestation y voyant une manoeuvre pour “politiser le thème du hooliganisme dans le football avant le Mondial-2018 en Russie” cet été (14 juin-15 juillet).

. Craintes en vue du Mondial

Deux ans après les débordements à l’Euro-2016, la question des violences autour du football inquiète en tout cas beaucoup le gouvernement espagnol, qui a dit craindre pour ses ressortissants qui voyageraient en Russie.

“Il faut prendre des mesures, car sinon, peut-être, beaucoup de gens prendront peur et n’iront pas au Mondial en Russie”, a souligné Iñigo Méndez de Vigo, également chargé du portefeuille des Sports dans le gouvernement de Mariano Rajoy.

Les autorités russes assurent pour leur part mettre tout en oeuvre pour éviter que le hooliganisme ne perturbe la Coupe du monde.

Mais la presse espagnole réclame davantage. “Tout cela oblige à réfléchir à cette tragédie et aux conséquences d’une tare dont le football ne parvient pas à se débarrasser”, a écrit le journal Marca.

“Il faut prendre la question des supporters russes au sérieux. Avant le Mondial”, a tranché dans un éditorial Alfredo Relaño, directeur du quotidien sportif As, jugeant ces supporters proches de la situation de leur homologues britanniques avant la tragédie du Heysel, quand des supporters de Liverpool avaient causé la mort de 39 personnes en mai 1985.

A l‘époque, l’UEFA avait privé les clubs anglais de toute compétition continentale pendant cinq ans et les avait obligés à prendre des mesures contre les hooligans.

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