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Le nouveau patron de la Fed: un style prudent mais plus direct que ses prédécesseurs

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Le nouveau patron de la Fed: un style prudent mais plus direct que ses prédécesseurs

Le nouveau patron de la Fed: un style prudent mais plus direct que ses prédécesseurs
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Le nouveau président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a affiché un style prudent mais plus direct et pragmatique que ses prédécesseurs mardi lors de sa première intervention au Congrès, ce qui a un peu surpris les marchés.

Répondant parfois seulement par oui ou par non, M. Powell, qui n’est pas un économiste de formation, a souvent répliqué par de courts et simples arguments dans une élocution rapide, tranchant avec le ton posé et plein de circonvolutions savantes de ses prédécesseurs, Janet Yellen ou Ben Bernanke, sans même parler d’Alan Greenspan.

“On dirait que la Fed de M. Powell sera plus rapide à réagir avec plus de franc-parler”, a commenté, interrogée par Bloomberg News, Julia Coronado, de Macropolicy Perspectives LLC.

Jerome Powell, 65 ans, est un ancien avocat et banquier d’affaires, qui connaît bien les marchés financiers. Il a aussi occupé un poste de haut responsable du Trésor sous la présidence de George Bush père où il était en charge des finances intérieures.

Il siège à la Fed depuis 2012 où Barack Obama a nommé ce républicain modéré en tant que gouverneur. Il a soutenu la politique monétaire de Janet Yellen, qui a continué d‘être accommodante tout en préparant lentement une normalisation des taux qui sont restés longtemps proches de zéro après la récession de 2009.

- Attentif aux marchés –

Son pragmatisme et son attention aux marchés financiers ont transparu plusieurs fois lors de son intervention devant la Commission des finances de la Chambre. Il a ainsi justifié par exemple la politique de communication de la Fed ou sa stratégie de réduction de son bilan en affirmant que “les marchés comprenaient”.

“Les marchés acceptent cela” ou encore “les marchés comprennent cela”, a-t-il plusieurs fois assuré.

Pressé de questions par les démocrates sur les inégalités de revenus, il a brièvement refusé d‘élaborer en assénant que la Fed “n’avait pas les outils” sur la question. “Ce sont des choses que nous ne contrôlons pas, cela relève du Congrès et de l’administration”.

Mais alors que dans son bref discours de quatre pages, le nouveau patron de la Fed s’est attaché à rester équilibré, se gardant d’indiquer si la Fed allait accélérer les hausses de taux vu le tableau très optimiste de l‘économie qu’il a dépeint, l’ancien banquier s’est laissé un peu plus aller lors de la séance des questions-réponses.

Il a admis, expliquant que les membres de la Fed allaient réviser leurs projections dans trois semaines le 21 mars, que lui-même avait relevé son appréciation de l‘économie depuis décembre lorsque l’administration Trump a fait adopter des réductions d’impôts aux entreprises.

En listant ensuite une kyrielle de traits positifs sur la vigueur de l‘économie, il a semblé clairement ouvrir la porte à une trajectoire plus ferme de la politique à venir. La Bourse a immédiatement réagi, l’indice Dow Jones passant dans le rouge tandis que les rendements sur les obligations se sont tendus.

“Ce que l’on voit c’est une amélioration de l‘économie, un renforcement continu du marché de l’emploi, des signes (…) que l’inflation remonte vers sa cible, une plus forte croissance à l‘étranger et une politique budgétaire plus stimulante”. “Chacun d’entre nous” à la Fed “va prendre en compte ce qui s’est passé depuis décembre et dresser la nouvelle trajectoire moyenne des taux et je ne veux pas en préjuger”, a-t-il assuré.

De nombreux économistes croient désormais à quatre hausses des taux en 2019 au lieu de 3 prévues jusqu‘à présent, ce qui les porteraient entre 2,25% et 2,50%.

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