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Mondiaux d'athlétisme en salle: la fusée Coleman prête à décoller

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Mondiaux d'athlétisme en salle: la fusée Coleman prête à décoller

Mondiaux d'athlétisme en salle: la fusée Coleman prête à décoller
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Son nom est sur toutes les lèvres à Birmingham: Christian Coleman, la nouvelle pépite du sprint américain, se lance samedi à l’assaut du 60 m des Mondiaux en salle avec l’ambition de combler à terme le grand vide laissé par sa Majesté Usain Bolt.

Un premier titre sur la scène internationale constituerait le plus beau des cadeaux d’anniversaire pour la fusée d’Atlanta, qui fêtera mardi ses 22 ans. Il confirmerait surtout le formidable potentiel d’un coureur en qui beaucoup voient l’avenir d’une discipline orpheline de la légende jamaïcaine, retraitée depuis août 2017.

Coleman avait déjà marqué les esprits aux Mondiaux de Londres en prenant la 2e place du 100 m derrière le controversé vétéran américain Justin Gatlin, sacré à 35 ans après avoir purgé deux suspensions pour dopage, et juste devant Bolt. Arrivé dans la capitale britannique avec le temps de référence sur la ligne droite (9 sec 82), il n’avait pas craqué malgré son inexpérience pour s’inviter sur le podium.

Cet hiver, il a provoqué un autre coup de tonnerre, le 18 février lors des Championnats US, en effaçant des tablettes le vieux record du monde du 60 m de son compatriote Maurice Greene en 6 sec 34 (contre 6.39, le 3 février 1998). Un exploit qui en impose et suscite forcément curiosités et fantasmes dans un sport en mal de têtes d’affiche avec le départ de Bolt.

- ‘L’instinct du tueur’ –

Coleman a de la suite dans les idées puisqu’il avait amélioré une première fois cette marque de référence le 19 janvier à Clemson (Caroline du sud) mais son chrono de 6 sec 37 n’avait pu être homologué, ses starting-blocks n‘étant pas munis de capteurs électroniques.

Quand on l’interroge sur la succession de Bolt, l’Américain préfère pour le moment botter en touche: “Je dois continuer à travailler et rester concentré sur la tâche à accomplir”. Mais le fauve qui sommeille en lui ne demande qu‘à sortir de sa cage.

“Ce n’est pas vraiment dans ma personnalité de me mettre en avant, explique-t-il. Mais quand je suis en piste, quand les lumières sont là, ça sort d’un coup. J’ai une grande confiance en moi et je suis persuadé que je peux être l’un des meilleurs. J’aborde chaque course avec le même état d’esprit, l’instinct du tueur et une féroce envie de gagner.”

Pour Dimitri Demonière, l’entraîneur du sprinteur français Jimmy Vicaut, recordman d’Europe du 100 m (9 sec 86), Coleman est un “phénomène” même si la comparaison avec Bolt reste encore “exagérée” et “prématurée”, selon lui.

- ’20 ans en arrière’ –

“On revient 20 ans en arrière avec un petit gabarit explosif (1,75 m pour 71 kg, ndlr), indique le technicien à l’AFP. Il n’a pas de complexes et ne subit pas la pression. Par contre, Bolt était déjà beaucoup plus fort dès son plus jeune âge. Coleman arrive avec moins de références. Il fait partie d’une nouvelle génération qui pousse avec Andre De Grasse (23 ans, ndlr), Jimmy Vicaut(26 ans, ndlr). Il y a une homogénéité chronométrique entre ces coureurs donc c’est difficile de savoir qui prendra définitivement le pouvoir, mais il y a clairement une ouverture pour l’un d’entre eux.”

2017 aura été en tout cas un formidable accélérateur de carrière pour Coleman, étudiant à l’Université du Tennessee. Auteur d’un fabuleux double-double (100-200 m en indoor et en plein air) en NCAA (Championnats universitaires américains), performance jusqu’ici seulement réalisée par un certain Gatlin, il s’est soudainement invité dans la cour des grands, passant professionnel dans la foulée avant de signer dès juin un beau contrat avec l‘équipementier Nike.

Celui qui court le 100 m plus vite que Bolt au même âge avait auparavant longtemps hésité à se lancer dans le football américain et a même tâté du saut en longueur avant de se consacrer exclusivement au sprint.

A Birmingham, si tout se déroule comme prévu, il ne devrait avoir aucun rival à sa mesure. Son compatriote Ronnie Baker (6 sec 40 cette année) ou le Chinois Bingtian Su (6 sec 43) vont tenter de jouer les trouble-fêtes mais pourront-ils empêcher Coleman de tracer sa route vers les sommets?

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