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PSG: un camouflet pour le Qatar, pas l'échec de sa stratégie de "soft power"

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PSG: un camouflet pour le Qatar, pas l'échec de sa stratégie de "soft power"

PSG: un camouflet pour le Qatar, pas l'échec de sa stratégie de "soft power"
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La nouvelle élimination précoce du Paris-SG en Ligue des champions constitue un camouflet pour deux hommes, l‘émir du Qatar et son père, qui ont assisté au naufrage d’une équipe dans laquelle ils ont placé au moins autant d’espoirs que d’argent.

Cette contre-performance jure avec les centaines de millions d’euros investi sur la seule année dernière par Doha. Mais si la gifle du Parc des Princes pose question, elle ne remet pas en cause à ce stade la stratégie sportive de “soft power” du petit émirat.

Présents mardi à Paris, l‘émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani et son père, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, ont beaucoup fait jusqu‘à ce jour pour satisfaire l’obsession d’un sacre dans la plus prestigieuse des Coupes d’Europe.

Depuis le rachat du club français en 2011, Qatar Sports Investments (QSI) a en particulier investi plus d’un milliard d’euros.

Après plusieurs échecs répétés à intégrer le dernier carré européen, cette saison devait être la bonne pour le PSG, qui s’est assuré l‘été dernier les services du Brésilien Neymar et du jeune Français Mbappé pour 402 millions d’euros.

Au final, la déception est d’autant plus cinglante pour l‘émirat que l’un des favoris de la compétition cette saison est Manchester City, propriété d’un prince d’Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.

Ce pays et d’autres monarchies du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie saoudite, sont depuis près d’un an au coeur d’un sévère conflit diplomatique avec Doha, accusé d’entretenir des rapports ambigus avec des organisations extrémistes, voire de les financer, ce qu’il rejette.

- ‘Le projet ne s’arrête pas’ –

Pour le Qatar, même si l’adversaire de mardi, le Real Madrid, est le club le plus titré de la compétition, l‘élimination pour la deuxième année consécutive dès les 8e de finale souligne la faiblesse du retour sur investissements les titres décrochés sur la scène française sauvant à peine les apparences-.

Elle pose la question de savoir ce que le petit mais richissime émirat gazier va faire d’un de ses actifs les plus significatifs.

Des proches du PSG soutiennent que Doha ne va pas tourner le dos au club.

“Le projet ne s’arrête pas”, a assuré à l’AFP à Doha une source proche du club. “L’investissement a été énorme, et il se poursuit”, a-t-il ajouté.

Nasser Al-Khelaïfi, président de QSI, du PSG et partenaire de tennis de l’actuel émir, s’est exprimé immédiatement après la défaite en demandant “du calme” et “du temps pour réfléchir”.

C’est aussi ce que préconise Simon Chadwick, professeur à l’Université de Salford au Royaume-Uni et membre d’un groupe de réflexion gouvernemental du Qatar sur le sport.

Selon lui, une restructuration du club serait tentante à court terme. “Mais, à plus long terme, on sent qu’il faut garder son calme et continuer”.

Le succès “nécessite un investissement soutenu dans l’acquisition et le développement de talents” et pas seulement dans le recrutement de grands noms, argue-t-il encore.

- Mondial-2022, BeIn… –

Jonathan Johnson, journaliste anglophone spécialisé sur le football français, n’exclut toutefois pas de voir des “têtes tomber”, y compris dans la structure dirigeante.

Pour ceux qui sont impliqués dans la gestion quotidienne du PSG, la première réflexion portera sans doute sur le sort de l’entraîneur espagnol, Unai Emery. Pour celui de la vedette Neymar, actuellement blessé, le souhait de poursuivre l’aventure parisienne pourrait se poser.

Mais, pour le Qatar en tant qu’Etat, ce qu’il reste à faire avec le club parisien relève de considérations beaucoup plus larges que le simple terrain: il touche notamment au souhait du petit émirat gazier de continuer à utiliser le sport comme outil de “soft power”.

A ce titre, Doha peut s’efforcer de relativiser en constatant qu’il dispose toujours de plusieurs cordes à son arc, avec l’organisation du Mondial-2022, sa chaîne de télévision BeIN ou encore ses investissements dans d’autres sports, comme le cyclisme.

“Les six années d’implication du Qatar dans le PSG” restent “un succès en matière de soft power“, affirme Christopher Davidson, spécialiste du Moyen-Orient à l’Université de Durham au Royaume-Uni.

Surtout, si le financement du rêve européen du PSG peut paraître astronomique, le milliard d’euros investi dans le club ne représente qu’une quinzaine de jours de dépenses pour les préparatifs du Mondial…

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