DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Grèce: naufrage meurtrier d'un bateau de migrants, au moins 14 morts

Vous lisez:

Grèce: naufrage meurtrier d'un bateau de migrants, au moins 14 morts

Grèce: naufrage meurtrier d'un bateau de migrants, au moins 14 morts
Taille du texte Aa Aa

Un nouveau naufrage meurtrier sur la route migratoire égéenne a fait au moins 14 morts samedi, dont quatre enfants, à la veille du deuxième anniversaire du pacte UE-Turquie censé tarir les arrivées aux portes de l’UE en provenance des côtes turques.

L’embarcation, en bois, convoyait 21 personnes, selon les témoignages des trois seuls rescapés, deux femmes et un homme, retrouvés samedi après avoir gagné à la nage l‘île proche d’Agathonissi.

D’importantes recherches ont été lancées dès qu’ils ont donné l’alerte, avec le déploiement d’un patrouilleur, un hélicoptère militaire et trois bateaux de pêche, qui devaient être renforcés notamment avec un bateau de Frontex, l’Agence européenne des frontières.

Mais le bilan n’a fait que s’alourdir, huit nouveaux noyés étant retirés des eaux au cours de la matinée après la découverte des premières victimes, une femme, un homme et quatre enfants.

la police portuaire n’a pas donné plus de détails dans l’immédiat sur l’identité des victimes ni les causes du naufrage.

Le drame intervient à la veille du deuxième anniversaire du pacte conclu entre les pays de l’UE et la Turquie pour tarir le flux migratoire entre la Turquie et les îles grecques, devenues en 2015 la première porte d’entrée en Europe des populations, notamment syriennes, fuyant guerres et misère.

- Ne pas s’habituer –

Cet accord a réduit les arrivées, même si elles continuent à se chiffrer à des centaines par mois, et les noyades, alors que plus d’un millier d’exilés, dont de nombreux enfants, avaient trouvé la mort en mer Égée en 2015 et 2016.

Les candidats à l’installation en Europe continuent toutefois de payer le prix fort entre la Turquie et la Grèce: une femme et deux enfants, se sont ainsi noyés le 13 février, cette fois dans le fleuve Evros à la frontière terrestre entre les deux pays, où les passages, notamment de Turcs fuyant les purges, s’intensifient.

Trois personnes au moins avaient aussi trouvé la mort en novembre dans un naufrage près de l‘île égéenne de Kalymnos, un mois après le décès d’une fillette de neuf ans dans la même zone.

“Nous ne pouvons, ni ne devons nous habituer à ce que des personnes, des enfants, soient perdus en Égée”, a réagi le ministre grec à la Politique migratoire, Dimitris Vitsas. La solution passe par “l’ouverture de routes et procédures sûres pour les réfugiés et migrants et la lutte contre le trafic”, a-t-il ajouté.

Le nouveau naufrage devrait être au centre d’une manifestation contre l’accord UE-Turquie et pour un meilleur accueil européen des migrants et réfugiés prévue dans l’après-midi à Athènes, à l’appel d’organisations pro-réfugiés et de gauche.

- Peu de renvois –

Vivement contesté par le monde humanitaire car il prévoit le renvoi en Turquie de tous les arrivants, y compris les réfugiés syriens, le pacte avec Ankara est farouchement défendu par le gouvernement grec de gauche, pour parer à une reprise jugée potentiellement déstabilisatrice de l’exode des années 2015 et 2016.

Mais faute d’accord dans l’UE pour continuer à soulager la Grèce, ainsi que l’Italie, d’une partie de la charge migratoire que leur vaut leur géographie, ce règlement migratoire a abouti au confinement des exilés – actuellement plus de 13.000 – sur les îles grecques.

La plupart d’entre eux déposent en effet des demandes d’asile pour tenter d‘éviter, ou retarder leur renvoi, ce qui les expose à des mois d’attente.

Les organisations de défense des droits de l’homme, la dernière en date Amnesty International, dénoncent régulièrement les conditions de vie imposées à ces populations, souvent déjà traumatisées. Leur séjour forcé alimente aussi tensions et mobilisations d’extrême-droite sur les îles concernées, Samos, Lesbos, Chios, Leros et Kos.

Selon un expert grec de l’asile, le volet “renvois” de l’accord pêche par ailleurs sérieusement en pratique, moins de 20% des arrivants – en majorité Syriens, Afghans et Irakiens – étant en fait exposés à être retournés dans le pays voisin au vu des règles du protection des réfugiés.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.