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Afghanistan: sit-in pour la paix dans le Helmand

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Afghanistan: sit-in pour la paix dans le Helmand

Afghanistan: sit-in pour la paix dans le Helmand
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Plusieurs dizaines d’Afghans sont rassemblés depuis le début de la semaine en sit-in pour la paix à Lashkar Gah, capitale du Helmand et fief taliban dans le sud du pays, rare initiative de la société civile après des décennies de conflit.

Parmi les protestataires, une cinquantaine qui observaient une grève de la faim rendue pénible par la chaleur ont mis fin à leur mouvement samedi, après l’intervention de religieux, ont indiqué les organisateurs à l’AFP.

“Une dizaine d’ulemas sont venus nous voir. Nous avons mis fin à la grève de la faim en leur demandant en échange de nous soutenir pour (obtenir) des pourparlers de paix. Ce qu’ils ont promis”, a indiqué à l’AFP l’un des principaux organisateurs, Iqbal Khaibar, 28 ans.

Au moins sept hommes, déshydratés, avaient dû être conduits dans la matinée à l’hôpital de Lashkar Gah, selon le responsable provincial de la santé, Aminullah Abed.

Les grévistes de la faim, une cinquantaine environ, ont été soutenus par plusieurs dizaines de personnes dont des enfants et une poignée de femmes prêtes à braver les interdits de cette région conservatrice pour exprimer leur lassitude de la guerre, a constaté l’AFP.

Des banderoles tendues au-dessus du campement proclament: “Sans paix, pas de vie possible”.

“Je m‘étais évanoui”, a rapporté Qais Hashemi, 27 ans, hospitalisé: “Mais je ne veux pas de leurs (soins): ils vont me sauver la vie aujourd’hui et demain je vais mourir dans un attentat suicide.”

Depuis lundi plusieurs dizaines de personnes ont commencé à se rassembler sur le site d’un attentat qui a fait 13 morts le 23 mars, au centre de Lashkar Gah.

L’idée initiale des organisateurs était une marche qui les aurait conduits de Lashkar Gah jusqu‘à un district sous contrôle taliban, à une centaine de km au nord à vol d’oiseau.

Mais l’idée a été abandonnée pour raisons de sécurité, les manifestants n‘étant pas parvenus à arracher un engagement de cessez-le-feu ni au gouvernement ni aux insurgés.

Les talibans ont conseillé aux candidats marcheurs de se tourner vers les “envahisseurs américains plutôt que vers les moudjahidines”: “Demandez-leur de mettre un terme à leur guerre et leur occupation”, ont-ils indiqué dans un communiqué.

“Nous ne pouvons plus attendre. Peut-être que les talibans n’accepteront jamais les offres (de paix) du président Ashraf Ghani. Alors les tueries vont continuer”, a expliqué Iqbal Khaibar.

“Marre des slogans belliqueux”, a estimé Mohammad Sadiq, un ex-soldat quinquagénaire. “Les talibans doivent arriver à un accord avec le gouvernement. Je veux que la prochaine génération vive en paix”.

Dix des quatorze districts du Helmand sont sous contrôle taliban. Lashkar Gah, toujours aux mains du gouvernement, est la cible de fréquents attentats, devenus la première cause de mortalité liée à la guerre avec les mines.

Plus de 10.000 civils afghans ont été tués ou blessés en 2017, selon l’ONU.

Fin février, le président Ghani a tendu la main aux talibans leur proposant de renoncer à la violence et de devenir un parti politique. Cette offre est restée sans réponse à ce jour.

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