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Ski de vitesse: Simon Billy, une chute et un retour

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Ski de vitesse: Simon Billy, une chute et un retour

Ski de vitesse: Simon Billy, une chute et un retour
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Luxation du coude, ligaments du genou touchés, cheville et pouce aussi: il y a un an presque jour pour jour, Simon Billy chutait à 230 km/h lors d’un run de sa discipline extrêmement spectaculaire du kilomètre lancé, ou “KL”. Douze mois après, il est remonté sur la même piste de Chabrières à Vars.

“Dans le milieu du ski de vitesse, on dit qu’il y a deux catégories de skieurs: ceux qui sont déjà tombés et ceux qui vont bientôt tomber”, plaisante le natif de Montpellier, qui a grandi dans la station des Hautes-Alpes, aux côtés d’un père, Philippe, moniteur de ski et détenteur du record du monde de KL en 1997 (243,902 km/h).

Simon fait partie de la première catégorie, après sa chute le 30 mars 2017, à près de 230 km/h. “C‘était une journée très chaude, la neige était trop molle. J’ai pris le départ, et d’entrée de jeu, j’ai senti qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas”, se souvient-il.

“Mes skis flottaient, je ne gérais pas mon run, et j’ai senti que j’allais tomber. Ensuite, j’ai vu la chute arriver, mon ski gauche est passé sous la neige”, précise-t-il.

La vingtaine de secondes de chute passent pour lui au ralenti, “parce que l’on est dans la visualisation, dans l’anticipation quand on descend. On gère ce que l’on fait”. Il compare ce laps de temps à “un enfer. Ça ma semblé une éternité, ça ne s’arrêtait pas.”

Il pense instinctivement à une première chose: déchausser, pour éviter de se faire les genoux. Enfin, il espère, “parce que l’on ne gère pas cela”.

Il ne ressent la douleur qu’après un premier check-up, débuté aux orteils “pour voir si tout bouge”.“C’est lorsque l’on prend conscience de la blessure que la douleur arrive”, ajoute-t-il, alors que son coude est luxé.

- “Impossible de résister” –

Dans l’hélicoptère vers l’hôpital, sa première pensée est sans appel: “Le premier truc que l’on se dit, c’est J’arrête le ski. Je vois le visage de mon père arrivé, choqué”.

Mais après plusieurs jours de réflexion, la passion reprend le dessus. “J’ai ressenti une vague ski de vitesse déferler en moi, qui force le passage, et c’est impossible de résister”, se rappelle-t-il.

La rééducation dure dix mois, dont cinq passés au Cers de Capbreton (Landes). Principal souci, son coude gauche, pour lequel il ne récupèrera jamais l’extension totale. “Le bras ne se tend plus à son maximum”.

Pour refaire des pointes au-delà de 200 km/h après un tel traumatisme, Simon Billy découvre la préparation mentale, notamment dans l’optique de pouvoir visionner la vidéo de sa chute, étape importante pour l’analyser.

“Dès les premiers jours après la chute, avec les réseaux sociaux, ça tournait. Mais je ne pouvais pas la regarder, j‘étais encore traumatisé. J’ai tout de suite demandé à en parler avec un psychologue et un préparateur”, explique-t-il, alors qu’il a mis plusieurs semaines avant de franchir le pas.

Il est remonté sur les skis début 2018, et a participé à quelques courses du circuit de Coupe du monde.

Lundi, il est monté à 231,809 km/h, un peu moins que les 233,161 km/h réalisés par son compatriote Bastien Montes, mais très loin du record du monde de l’Italien Ivan Origone, flashé à 254,958 km/h le 26 mars 2016.

Ce record reste l’objectif de Simon Billy, qui pense que les vitesses peuvent facilement dépasser les 260 km/h sur la piste de Vars. Il devra toutefois attendre une année pour s’y attaquer.

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