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Au Caire, une académie d'élite pour les Mohamed Salah en herbe

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Au Caire, une académie d'élite pour les Mohamed Salah en herbe

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Sur la pelouse impeccable de la British International School de Madinaty, une banlieue cossue du Caire, des apprentis footballeurs en maillot rouge se rêvent en Mohamed Salah, la star égyptienne de Liverpool.

Entourée de routes flambant neuves, de lotissements proprets, le terrain de la Liverpool Academy – branche égyptienne officielle des Reds – accueille ces jeunes férus de football, âgés de 5 à 18 ans, qui parcourent inlassablement la surface au gré des directves scandées en rafale par des entraîneurs aux aguets.

“A moi! A moi!”, lance Yehia Hammad à ses coéquipiers en agitant les bras. Le joueur préféré de ce passionné de huit ans? “Mohamed Salah”, répond-t-il fièrement, les yeux brillants et la chevelure aussi fournie que le buteur de la Premier League, originaire quant à lui d’un village pauvre du nord de l’Egypte, et qui a encore crevé l‘écran mercredi face à Manchester City en Ligue des champions.

“J’aime le foot parce que c’est toute ma vie”, lance Yehia sous le regard attentif de son père, Mostafa Hammad, cadre dans une entreprise pharmaceutique danoise et lui-même grand amateur du ballon rond.

- Classes aisées –

Le rêve de Yehia est de devenir le nouveau Mohamed Salah, “et même meilleur que lui”, lance-t-il d’un air sagement espiègle.

Pour tenter d’y parvenir, ses parents déboursent près de 8.000 livres (environ 360 euros) chaque année en frais d’inscription.

En comptant le prix des équipements, des participations aux championnats ou encore les séances régulières chez le nutritionniste, ils dépensent plus de 22.000 livres (environ 1.000 euros) par an, dans un pays où le salaire mensuel moyen ne dépasse pas les 200 euros.

Selon M. Hammad, les académies internationales inculquent un savoir-faire et savoir-être qui manquaient en Egypte. “Avec la présence de ces académies, de ces valeurs, de cette constance, je pense que la période qui vient révélera d’excellents joueurs”, espère-t-il.

La Liverpool Academy ne fait peser “aucun stress sur (ses recrues) sur le fait qu’ils devraient être des Mohamed Salah”, assure toutefois l’entraîneur en chef David Ridler, originaire de Liverpool et ancien joueur professionnel, venu prendre les rênes de cette branche cairote il y a six ans.

“Notre programme consiste à apporter Liverpool vers un (autre) pays”, explique-t-il, précisant que les académies dépendent directement du club basé en Angleterre. Le but: développer des “compétences footballistiques mais aussi un savoir-vivre”.

Un savoir-vivre qui s’inscrit aussi dans un mode de vie propre aux classes aisées du Caire. Comme la plupart de ses camarades, Yehia Hammad s’exprime tantôt en arabe égyptien, tantôt en anglais.

Avant d’enfiler leurs crampons pour s’entraîner plusieurs fois par semaine, ces enfants passent leurs journées dans des écoles privées internationales où la langue de Shakespeare est de rigueur. Certains parents à la Liverpool Academy mettent même un point d’honneur à ce que leurs progénitures montrent à quel point cette langue est maîtrisée.

S’il aime Liverpool, Yehia est aussi un supporteur du Real de Madrid, comme de nombreux amateurs de football égyptien dont le coeur balance entre le club madrilène et le FC Barcelone.

Mais les Reds ont gagné en popularité depuis l’arrivée cette saison de Mohamed Salah, véritable icône en Egypte, d’autant qu’il a depuis été l’artisan de la qualification de la sélection nationale au Mondial 2018, après 28 ans d’absence.

- Phénomène récent –

Les buts qu’il marque, la rapidité qui l’anime, suscite l’admiration de Yehia et de ses camarades, mais pas seulement. “C’est un homme bien”, le glorifie-t-il, Mohamed Salah bénéficiant aussi d’une grande estime en Egypte pour sa discrétion et ses actions caritatives.

A l’instar de Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi, autres idoles de ces enfants, Mohamed Salah est issu d’une classe sociale moins favorisée et n’est pas passé par les centres de formation prestigieux telle que la Liverpool Academy.

Mais c’est le talent de ces vedettes du football et leur succès qui a conduit à l’expansion des académies en Egypte, constate Mohamed Khaled, alias “Beebo”, l’entraîneur et directeur technique de la Liverpool Academy au Caire.

“Qu’un Messi, un Ronaldo ou un Salah soit révélé par les académies prendra du temps”, prévient-il, la présence de ces centres étant un phénomène récent en Egypte.

Devenir un futur Mohamed Salah reste en tout cas une “ambition” et le type de “valeurs” que la Liverpool Academy cherche à encourager selon lui.

En dehors de Madinaty, la Liverpool Academy du Caire s’est implantée à Rehab et New Cairo, autres villes nouvelles cossues en périphérie de la capitale, loin des ruelles non asphaltées du modeste village natal de Mohamed Salah à Gharbeya, au nord de l’Egypte.

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