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Malaisie: dissolution du Parlement pour des législatives anticipées

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Malaisie: dissolution du Parlement pour des législatives anticipées

Malaisie: dissolution du Parlement pour des législatives anticipées
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Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, a annoncé vendredi la dissolution du Parlement en vue d‘élections législatives qui s’annoncent difficiles pour le chef du gouvernement, éclaboussé par un scandale financier et défié par son ancien mentor, le charismatique Mahathir Mohamad.

Najib a présenté les récentes actions du gouvernement aux formations de la coalition réunies au sein du Barisan Nasional (Front national, BN) et annoncé dans la foulée la dissolution du Parlement pour des législatives anticipées attendues depuis des mois après moult spéculations.

“Je sollicite votre mandat pour que le Barisan Nasional puisse gouverner encore cinq années supplémentaires”, a déclaré Najib.

Après la dissolution de l’assemblée, la commission électorale annoncera la date de l‘élection des députés qui aura lieu vraisemblablement dans les semaines à venir dans ce pays d’Asie du Sud-Est de quelque 30 millions d’habitants, à majorité musulmane.

La coalition gouvernementale dirigée par Najib est formée de partis au pouvoir depuis l’indépendance de l’ex-colonie britannique en 1957, mais sa popularité s’est effritée ces dernières années en raison du vaste scandale de détournements estimés à plusieurs milliards d’euros au détriment du fonds souverain 1MDB, créé par le Premier ministre à son arrivée au pouvoir en 2009 pour moderniser la Malaisie.

Endetté aujourd’hui à hauteur de quelque 10 milliards d’euros, ce fonds est au coeur d’enquêtes judiciaires dans plusieurs pays outre la Malaisie, en Suisse, à Singapour et aux Etats-Unis. Najib et 1MDB ont toujours nié tout acte répréhensible.

L’Organisation nationale des Malais unis (UMNO), formation majoritaire de Najib, s’est maintenue au pouvoir de justesse aux précédentes législatives de 2013 avec les autres partis de la coalition, après avoir favorisé la majorité ethnique des Malais, de confession musulmane.

Les électeurs l’avaient alors sanctionnée en raison des affaires de corruption à répétition, de l’augmentation du coût de la vie et des politiques partisanes provoquant des divisions dans un pays comprenant d’importantes minorités indienne et chinoise.

Mais le Premier ministre âgé de 64 ans a jusqu’ici survécu au scandale 1MDB en limogeant des critiques dans son propre camp et en introduisant de nouvelles lois sécuritaires décriées par les défenseurs des droits de l’homme, qui ont abouti à l’arrestation d’opposants.

- Challenger à 92 ans –

Face à une opposition très diminuée, notamment par l’incarcération de l’ex-dirigeant Anwar Ibrahim, et des accusations de triche en vue de gagner les législatives, la coalition de Najib devrait néanmoins remporter le scrutin et se maintenir au pouvoir cinq ans de plus, prédisent des analystes.

L’opposition a accusé le gouvernement d’avoir procédé à un redécoupage électoral peu avant les élections et ajouté des électeurs fantômes dans des circonscriptions où les partis de la coalition ont une faible majorité.

La victoire attendue des partis de la coalition est cependant moins certaine compte tenu du retour sur le devant de la scène politique de Mahathir, qui fut Premier ministre pendant 22 ans (1981-2003) et s’est retourné contre Najib depuis l‘éclatement du scandale 1MDB.

Dans une étonnante volte-face politique, le nonagénaire a été désigné candidat de la coalition de l’opposition, le Pacte de l’Espoir, pour occuper le poste de chef de gouvernement en cas de victoire.

La renaissance politique de Mahathir, prêt à relever le défi à 92 ans, a cependant provoqué des froncements de sourcils, en particulier sa réconciliation avec Anwar.

Ce dernier avait été le bras droit de Mahathir du temps où il était Premier ministre, puis limogé en 1998 en raison de divergences politiques. Passé dans l’opposition, Anwar a ensuite été condamné et emprisonné au terme d’un procès controversé pour sodomie et corruption. L’opposant a de nouveau été condamné en 2015, sous Najib, à cinq de prison pour sodomie, en vertu d’un jugement tout aussi controversé que le précédent.

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