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Morts subites dans le foot français: la FFF penche pour une "coïncidence malheureuse"

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Morts subites dans le foot français: la FFF penche pour une "coïncidence malheureuse"

Morts subites dans le foot français: la FFF penche pour une "coïncidence malheureuse"
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En un mois, les deuils se sont succédé dans le football français avec deux décès soudains dans les centres de formation de Tours et du Havre, ainsi que celui d’un jeune de douze ans à Guingamp. “Une coïncidence malheureuse”, selon les responsables médicaux de la Fédération, qui estiment être en pointe en matière de suivi cardiologique.

Un nouveau moment de recueillement a eu lieu ce week-end sur les pelouses de Ligue 1 et Ligue 2, après la mort dans la nuit de vendredi à samedi du défenseur Samba Diop, un joueur du centre de formation du Havre, âgé de 18 ans.

Début mars, c’est Thomas Rodriguez, un milieu de terrain du centre de formation de Tours (L2) également âgé de 18 ans, qui avait trouvé la mort pendant la nuit, en raison d’une malformation cardiaque selon la presse. A Guingamp, Baptiste Le Foll, un jeune garçon de l‘équipe des moins de douze ans, est décédé brutalement dans la nuit du 28 au 29 mars, même si son cas est différent puisqu’il ne disposait vraisemblablement pas du même suivi médical qu’un joueur évoluant en centre de formation.

Pour le docteur Emmanuel Orhant, responsable médical de la FFF, il s’agit “d’une coïncidence malheureuse”. “Il y a deux cas comme ça (celui de Samba Diop et Thomas Rodriguez) d’un coup, alors qu’il n’y en a pas eu sur les dix dernières années. On a eu zéro professionnel ou zéro joueur en centre de formation. Les seuls décès qu’on a à déplorer sont malheureusement dans le football amateur”, où la surveillance est plus faible.

- “Au-delà des recommandations” –

Dans les centres de formation, un examen clinique, accompagné d’un électrocardiogramme, est prévu tous les ans. Les joueurs doivent aussi passer une échographie du coeur avant et après leurs 18 ans. “On est au-delà des recommandations nationales et internationales. On ne peut pas dire qu’on ne fait pas attention”, considère Emmanuel Orhant, interrogé par l’AFP.

Dans L’Equipe, l’entraîneur de Troyes, Jean-Louis Garcia, juge pour sa part qu’il “va falloir renforcer les contrôles cardiaques des plus jeunes dans les centres de formation. J’en discutais avec le médecin du club. Il va falloir budgétiser et organiser tout cela pour renforcer la prévention. Mais même au niveau des pros, les contrôles, très poussés, n’ont lieu qu’une fois par an et cela ne suffit pas à prémunir de tout”.

Après ces décès, faut-il s’interroger également sur la charge de travail des jeunes en centres de formation ? Le lien est “impossible” à faire à ce stade, répond Emmanuel Orhant, même si “on est obligés de se poser la question bien sûr”.

Par mesure de précaution, le médecin a sollicité le professeur Etienne Aliot, cardiologue à Nancy et qui travaille depuis près de dix ans avec la Fédération. Le spécialiste va parcourir à nouveau la littérature scientifique et s’intéresser à de nouvelles thématiques comme le lien entre problèmes cardiaques et infections (fièvres…).

- “Un sujet compliqué” –

“Les nouveautés, on les suit au jour le jour. C’est juste la continuité de ce qu’on fait depuis plusieurs années”, indique le professeur Aliot à l’AFP.

“A titre personnel, je pense c’est vraiment une coïncidence malheureuse”, explique-t-il. “Les morts subites nocturnes restent un sujet compliqué. Il y a des anomalies très difficiles à détecter. A l’IRM ou à l‘électrocardiogramme, il arrive qu’on ne voie rien. Souvent, ce ne sont pas les mêmes pathologies que celles qui existent pour la mort subite pendant l’effort physique. Parfois, c’est simplement une anomalie électrique”.

Lui aussi insiste sur l’avance de la FFF sur les fédérations d’autres pays en matière de suivi médical dans le domaine cardiaque. Il évoque en outre une mobilisation sur “les gestes qui sauvent” lancée en 2010 pour sensibiliser les clubs amateurs. L’objectif était de former aux premiers secours au moins quatre personnes par club (un joueur, un arbitre, un dirigeant, un entraîneur).

En 2003 à Lyon, la mort subite du Camerounais Marc-Vivien Foé, lors d’une demi-finale de Coupe des confédérations contre la Colombie, avait bouleversé le monde du foot. Un autre drame a fait la Une récemment, le décès du capitaine de la Fiorentina Davide Astori dans la nuit du 3 au 4 mars, mort d’un arrêt cardiaque à 31 ans.

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