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L'ex-présidente chilienne devrait prendre la tête des droits de l'homme de l'ONU

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L'ex-présidente chilienne devrait prendre la tête des droits de l'homme de l'ONU

La présidente du Chili Michelle Bachelet le 19 janvier 2017 à Santiago
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Christian Miranda
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Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres devrait nommer l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, ont indiqué mercredi des diplomates.

Elle succéderait ainsi au Jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein, critique acerbe du président américain Donald Trump et en poste depuis septembre 2014.

A 66 ans, Michelle Bachelet fait partie des femmes politiques les plus puissantes au monde et a aussi été la première directrice d'ONU Femmes, l'agence des Nations unies promouvant l'égalité entre femmes et hommes à sa création en 2010.

Fille d'un général opposé au régime d'Augusto Pinochet, elle a été détenue et torturée par la police politique du dictateur en 1975.

Les diplomates ont rapporté une conversation entre Amina Mohammed, secrétaire générale adjointe de l'ONU et des ambassadeurs cette semaine, assurant que Mme Bachelet avait accepté le poste. Mais ils ont averti que sa nomination devait encore être validée par l'Assemblée générale.

Un porte-parole des Nations unies a refusé de confirmer la décision tout en indiquant qu'un nom était en train d'être transmis à l'Assemblée, composée des 193 Etats membres.

"Le processus s'approche de son dénouement", a précisé Farhan Haq.

En qualifiant de "raciste" le Premier ministre hongrois Viktor Orban et de "dangereux" le président américain Donald Trump, l'actuel Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a souvent provoqué la controverse, perdant ainsi le soutien de plusieurs pays influents.

Cela l'a poussé à ne pas solliciter de second mandat.

Après s'être mis à dos les Etats-Unis, la Russie et la Chine pendant les quatre années de sa tenure, il a reconnu que "dans le contexte géopolitique actuel", rester en poste "pourrait signifier mettre un genou à terre en supplication".

"Le silence ne vous assure aucun respect", avait estimé la semaine dernière auprès de journalistes celui qui doit quitter ses fonctions le 31 août, ajoutant qu'il donnerait comme conseils à son successeur d'"être juste et de ne pas faire de discrimination envers un quelconque pays" et "d'être prêt à ferrailler".

- 'Championne des droits des femmes' -

Les organisations de droits de l'homme avaient cependant exprimé des inquiétudes sur la possibilité que le secrétaire général de l'ONU remplace Zeid Ra'ad Al Hussein par une personnalité moins virulente.

"Si choisie, (Michelle) Bachelet aura l'un des emplois les plus difficiles au monde à un moment où les droits de l'homme subissent une attaque généralisée", estime le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth.

"En tant que victime elle-même, elle amène à ce rôle une perspective unique sur l'importance d'une défense vigoureuse des droits humains", ajoute-t-il.

La socialiste et pédiatre de formation a été la première femme présidente du Chili, entre 2006 et 2010 et à nouveau de 2014 à 2018.

L'année dernière, Antonio Guterres l'a nommée pour faire partie d'un Conseil consultatif de haut niveau pour le conseiller sur des initiatives de médiation.

Le secrétaire général de l'ONU l'avait qualifiée de "championne des droits des femmes à long terme".

Née en 1951 à Santiago, Michelle Bachelet poursuivait ses études de médecine quand elle a été arrêtée, détenue et torturée avec sa mère par la police politique du dictateur Pinochet en janvier 1975.

Présidente, Michelle Bachelet a bousculé lors de son second mandat une société réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l'adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l'avortement.

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