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Colombie: près de deux fois plus de victimes de mines antipersonnel en 2018

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Colombie: près de deux fois plus de victimes de mines antipersonnel en 2018

Colombie: près de deux fois plus de victimes de mines antipersonnel en 2018
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Le nombre de victimes de mines antipersonnel a à ce jour presque doublé en Colombie en 2018, comparé au total de 2017, a annoncé mardi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Au 31 juillet, l'organisme international a enregistré 99 victimes "d'engins explosifs artisanaux, mines antipersonnel et munitions non explosées, contre 56 l'an dernier" sur la période de janvier à décembre, a annoncé à l'AFP Ana Maria Hernandez, coordinatrice de l'Unité du CICR de lutte contre la prolifération des armes.

"Cette année, le nombre de victimes a pratiquement doublé comparé à l'an dernier", a-t-elle ajouté, précisant qu'au total, 16 victimes sont mortes et que 70% des personnes touchées étaient des civils.

La Colombie est le deuxième pays le plus affecté par les mines antipersonnel, après l'Afghanistan, avec 11.400 victimes, entre morts et blessés, au cours des trente dernières années.

Parmi elles, plus de 7.000 sont des membres des forces de l'ordre, selon un rapport officiel de 2017.

Selon ce document, la plupart des mines antipersonnel et explosifs ont été placés par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxiste), aujourd'hui dissoute, et par l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) qui, en février 2017, a entamé des négociations de paix avec le gouvernement pour mettre fin à mettre fin à un demi-siècle de confrontation armée.

Bien que l'accord de paix signé fin 2016 avec les FARC, depuis désarmées, ait contribué à réduire considérablement le nombre de victimes, l'ELN, les narcotrafiquants issus des groupes paramilitaires démobilisés, continuent d'utiliser ces armes. Elles servent à contrôler les territoires ou à protéger les plantations de coca, matière première de la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.

Dans l'accord de paix, la guérilla Farc, aujourd'hui reconvertie en parti politique sous le même acronyme, s'est engagée à collaborer aux opérations de déminage.

En 2016, le gouvernement avait comptabilisé 84 victimes contre 221 l'année précédente.

Les régions où le nombre de victimes est en hausse sont celles où des groupes armés se disputent le contrôle de la drogue ou des couloirs stratégiques, comme dans la région de Catatumbo, frontalière du Venezuela, a expliqué Mme Hernandez.

Cette situation rend "les opérations de déminage très compliquées", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement vise à éliminer les mines anti-personnel de son territoire d'ici à 2021 et a entamé en février 2017 le déminage de 40% de la superficie affectée.

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