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Le peso argentin se ressaisit après deux jours de débâcle

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Le peso argentin se ressaisit après deux jours de débâcle

La banque centrale d'Argentine, à Buenos Aires, le 30 août 2018
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Juan Mabromata
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Le peso argentin s'est ressaisi vendredi, regagnant près de 5% à la clôture du marché des changes, après une forte dépréciation mercredi et jeudi, qui lui a fait perdre 20% de sa valeur par rapport au dollar.

L'Argentine, la 3e économie d'Amérique latine, espérait ce rebond du peso, qui s'est déprécié de plus de 50% depuis le début de l'année en raison d'une crise de confiance des Argentins et des investisseurs, dans un contexte de forte inflation.

Jeudi, la Banque centrale (BCRA) a porté de 45 à 60% son taux directeur et le maintiendra à ce niveau record jusqu'en décembre, afin d'encourager les placements en monnaie locale, mais le peso a continué de dévisser (-13%). Vendredi, elle est intervenue en annonçant la vente de 675 millions de dollars, une initiative bien accueillie par les marchés.

Le 13 août, la BCRA avait déjà relevé de 40 à 45% son principal taux d'intérêt.

L'agence américaine Standard & Poor's a placé "sous surveillance négative" la note de la dette argentine. "Les pressions récentes sur la devise argentine pourraient mettre en péril la mise en oeuvre des mesures économiques", commente l'agence de notation dans un communiqué vendredi.

- "Angoisse" -

Or chaque dépréciation de la monnaie en Argentine stimule une hausse des prix. L'inflation sur les douze derniers mois est d'environ 30%.

"La situation est angoissante. Ces derniers jours, nos salaires se sont dévalués de 15%", se plaint Mónica Vaccaro, une employée de banque de 46 ans.

Jeudi soir, dans plusieurs villes d'Argentine, des "cacerolazos" (concerts de casseroles) ont retenti pour dénoncer la hausse des prix et la perte de pouvoir d'achat.

"Tous les Argentins sont affectés. La dévaluation du peso se reporte sur les prix, car l'économie est dollarisée. Je suis allé cette année rendre visite à mon fils en Allemagne, mais je ne pourrai pas y retourner avant bien longtemps. Chaque mois, ma retraite diminue", témoigne Lucas Perez Torres, un comptable retraité de 67 ans.

Le gouvernement doit faire lundi des annonces sur la réduction du déficit budgétaire et de nouvelles mesures pour renforcer les rentrées fiscales.

L'Argentine a conclu en juin un prêt de 50 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI). Son ministre de l'Economie Nicolas Dujovne se rendra mardi à Washington pour formaliser une accélération des versements, afin de stabiliser son économie.

Le FMI a souligné vendredi sa volonté de "conclure rapidement" ces nouvelles discussions avec les autorités argentines en vue d'avancer l'aide financière pour stabiliser la troisième économie d'Amérique latine.

"La directrice générale du FMI Christine Lagarde et l'équipe du Fonds, le ministre (argentin de l'Economie) Nicolas Dujovne et son équipe, ont programmé une réunion mardi prochain pour faire avancer le dialogue", a annoncé Gerry Rice, porte-parole du FMI, dans un communiqué.

L'accord Argentine-FMI prévoit des coupes dans les dépenses publiques pour parvenir à réduire le déficit budgétaire à 1,3% du PIB en 2019. Depuis l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri, le déficit est passé de 6% en 2015 à 3,9% en 2017. L'objectif pour 2018 est de 2,7%.

- Solution à la crise -

Des heurts sont survenus vendredi entre manifestants et la police lors d'une mobilisation contre le licenciement de 600 employés du ministère de l'Agriculture.

Pour l'économiste Mario Blejer, ancien président de la Banque centrale, "cette crise est beaucoup moins grave et sérieuse que celle de 2001". Fin 2001, l'Argentine s'était déclarée en défaut de paiement, incapable de rembourser ses dettes.

"Le gouvernement a corrigé (des déséquilibres), mais les effets n'apparaissent pas rapidement, les politiques anti-inflation prennent parfois 6 à 8 mois avant de donner des résultats. Je crois qu'il est possible que l'économie fonctionne bien l'année prochaine", souligne Mario Blejer.

Le gouvernement projette une récession pour 2018, avec un recul du PIB de 1%, alors que la prévision initiale établie en 2017 avant la crise du peso était d'une croissance de 3% cette année.

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