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Irak: nouveaux tirs sur les manifestants à Bassora

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Irak: nouveaux tirs sur les manifestants à Bassora

Irak: nouveaux tirs sur les manifestants à Bassora
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De nouveaux heurts ont opposé mercredi forces de l'ordre et manifestants à Bassora, ville pétrolière du sud irakien théâtre la veille de la mort de six manifestants.

Les policiers et soldats déployés autour et à l'intérieur du gouvernorat dans le centre-ville ont d'abord tiré des balles réelles et grenades lacrymogènes directement sur les manifestants, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Au moins un manifestant a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène, avant d'être évacué à bord d'une ambulance. Au CHU, proche, des dizaines de personnes suivaient des manifestants blessés, amenés en ambulance.

Les forces de sécurité ont tenté de repousser plusieurs milliers de manifestants qui lançaient des cocktail Molotov et de bâtons de feux d'artifice sur le bâtiment, déjà en partie incendié ces derniers jours.

Cette imposante construction encerclée de murs de béton est pour eux le symbole des dirigeants corrompus et de l'incapacité de l'Etat à assurer les services de base dans cette région, pourtant riche en pétrole.

Les forces de l'ordre ont ensuite cessé de tirer en direction des manifestants. Ils leur ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré parfois en l'air pour endiguer les vagues de manifestants qui mettaient à bas les blocs de béton entourant le gouvernorat.

Ni l'appel au "calme" de l'ONU dans la matinée ni l'annonce par les autorités centrales à Bagdad de mesures pour mettre fin à la crise sanitaire qui frappe cette région pétrolière n'ont apaisé la colère sociale, déclenchée il y a deux mois.

La province de Bassora est en proie depuis mi-août à une pollution de l'eau qui a conduit plus de 20.000 personnes à l'hôpital.

Cette crise sanitaire a relancé dans la ville une colère sociale née le 8 juillet pour réclamer des services publics et des infrastructures plus performants et qui avait gagné l'ensemble du sud du pays.

- Six manifestants tués -

Mardi soir, lors d'une nouvelle manifestation devant le gouvernorat, "six manifestants ont été tués et plus de 20 blessés", selon Mehdi al-Tamimi, chef du Conseil provincial des droits de l'Homme. Des sources médicales ont confirmé ce bilan à l'AFP.

M. Tamimi a accusé les forces de l'ordre d'avoir "ouvert le feu directement sur les manifestants".

Mercredi matin, le représentant de l'ONU en Irak, Jan Kubis, avait exhorté "les autorités à éviter de recourir à une force létale disproportionnée".

Avant l'annonce des six morts, le Premier ministre Haider al-Abadi avait affirmé avoir ordonné qu'"aucune balle réelle ne soit tirée".

Le leader chiite Moqtada Sadr, vainqueur des législatives qui tente de former un gouvernement avec M. Abadi, a dénoncé dans un tweet des "vandales infiltrés" parmi les manifestants, reprenant la thèse défendue par les autorités depuis le début de la contestation.

Au moins 21 personnes ont été tuées depuis le début le 8 juillet des manifestations qui dénoncent pêle-mêle les services publics déficients, la pénurie chronique d'électricité et d'eau, le chômage endémique, mais aussi l'impéritie de l'Etat et des hommes politiques.

Dans plusieurs cas, les défenseurs des droits de l'Homme ont accusé les forces de l'ordre, tandis que les autorités accusent des "vandales" infiltrés parmi les manifestants.

En juillet, le gouvernement avait déjà annoncé un plan d'urgence de plusieurs milliards de dollars pour le sud du pays, épargné par la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) mais délaissé sur le plan des infrastructures.

Mais les protestataires se méfient des promesses faites par un gouvernement sur le départ, alors que les difficiles tractations se poursuivent pour renouveler la direction du pays.

Mardi soir, un couvre-feu nocturne avait été imposé et des renforts déployés, avait indiqué dans la matinée lors d'une conférence de presse, le général Jamil al-Chommari, en charge des opérations à Bassora.

Il avait également indiqué que "30 membres des forces de l'ordre avaient été blessés par des jets de grenades et d'objets incendiaires" durant la nuit.

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