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Chine: en pleine répression, un Ouïghour rêve d'équipe nationale

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Chine: en pleine répression, un Ouïghour rêve d'équipe nationale

Chine: en pleine répression, un Ouïghour rêve d'équipe nationale
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Pour la première fois, un Ouïghour pourrait représenter l'équipe nationale de Chine de football ces prochains jours, un petit événement à l'heure où l'inquiétude internationale grandit pour cette minorité chinoise musulmane.

Mirahmetjan Muzepper, 27 ans, est né au Xinjiang (nord-ouest), région frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan. Le gouvernement chinois impose dans ce territoire semi-désertique des mesures de sécurité draconiennes, au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste et le séparatisme.

Devant un comité des droits de l'homme de l'ONU, la Chine a été accusée le mois dernier à Genève de détenir ou d'avoir détenu un million de Ouïghours et de membres d'autres ethnies musulmanes au Xinjiang. Pékin a rejeté ces accusations.

C'est dans ce contexte particulier que Mirahmetjan Muzepper, milieu de terrain du Tianjin Teda (1re division chinoise) a été appelé par le sélectionneur national, l'Italien Marcello Lippi. Il rêve désormais d'honorer sa première cape internationale contre le Qatar (samedi) ou Bahrain (mardi).

- 'Esprit inflexible' -

"Si on me donne ma chance, je me donnerai à 100% lors de chaque match", a-t-il déclaré à la télévision nationale. "Les joueurs du Xinjiang ont cet esprit inflexible dans leur chair. Même si ma technique est moins bonne que la tienne, je vais donner tout ce que j'ai pour compenser", promet ce fils et petit-fils de footballeur.

Mirahmetjan Muzepper, qui compte des sélections chez les jeunes, a débuté 18 des 21 matchs du Tianjin Teda depuis le début de la saison, crédité d'un but et 2 passes décisives.

"Il n'a pas une technique incroyable. Mais il réalise une saison très honorable", estime Brandon Chemers, rédacteur en chef de Wild East Football, un site internet spécialisé dans le football chinois. Selon lui, environ 10 joueurs ouïghours évoluent parmi l'élite.

- Joueur disparu -

Mais dans le contexte de la lutte antiterroriste menée au Xinjiang, certains d'entre eux peuvent se retrouver dans le collimateur de Pékin.

En juin, la FIFPro, principale association internationale de joueurs professionnels, qui réunit plusieurs dizaines de pays, s'est déclarée "inquiète" au sujet d'Erfan Hezim. Ce joueur ouïghour a déjà porté les couleurs de la Chine au niveau des catégories de jeunes.

Il a été arrêté en février "pour s'être rendu dans des pays étrangers", a affirmé Radio Free Asia (RFA), média financé par le gouvernement américain, citant des sources anonymes au Xinjiang.

L'attaquant était membre du Jiangsu Suning (1re division chinoise). S'il apparaissait encore sur le site internet du club en juin, il n'y figure plus. Et l'équipe n'a pas souhaité répondre aux demandes de commentaires de l'AFP.

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