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Ryder Cup: comment les Européens ont rééquilibré les débats grâce aux Espagnols

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Ryder Cup: comment les Européens ont rééquilibré les débats grâce aux Espagnols

Ryder Cup: comment les Européens ont rééquilibré les débats grâce aux Espagnols
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FRANCK FIFE
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Compétition à sens unique après la Seconde Guerre mondiale au profit des Américains, la Ryder Cup s'est rééquilibrée à la fin des années 1970 avec l'ouverture de l'équipe britannique à des golfeurs européens, notamment l'arrivée des Espagnols emmenés par Severiano Ballesteros.

. La domination américaine

L'histoire presque centenaire de la compétition qui fait rêver n'importe quel golfeur a débuté par un mano a mano serré entre Américains et Britanniques dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale.

Entre 1927 et 1937, chacune des deux équipes l'emporte à domicile, la première victoire à l'extérieur revient aux Américains, qui s'imposent en 1937 à Southport avec Walter Hagen.

Après une interruption d'une décennie en raison du conflit mondial, la compétition reprend ses droits en 1947. S'ouvre alors une très longue période de domination américaine, qui remporte quatorze des seize Ryder Cup suivantes.

Face à la toute puissance des joueurs nord-américains du PGA, les Britanniques peinent. En 1967, un fond est touché avec la plus lourde défaite jamais enregistrée: seulement six victoires et cinq égalités, pour 21 succès américains. Une gifle.

Avec des joueurs aussi talentueux que les légendes Arnold Palmer, joueur à six reprises entre 1961 et 1973 (dont une fois capitaine/joueur en 1963), puis Jack Nicklaus, également joueur à six reprises à partir de 1969, les Américains sont intouchables.

Palmer, décédé à l'automne 2016, a ainsi remporté 22 matches pour huit défaites et deux égalités, avec un total de 23 points, une marque de référence derrière les 25 points apportés aux Européens par l'Anglais Nick Faldo (1985, 1987, 1995 et 1997).

. L'ouverture à l'Europe

L'équipe de Grande-Bretagne s'est progressivement ouverte: dès 1953, des joueurs irlandais intègrent le collectif. Harry Bradshaw devient ainsi le premier Irlandais aligné et à apporter des points (2) à l'équipe. Mais ce n'est qu'en 1973 que le nom devient Grande-Bretagne/Irlande.

Cet apport irlandais, avec Bradshaw, Christy O'Connor Jimmy Martin, Hugh Boyle, Eamonn Darcy et John O'Leary, est toutefois totalement insuffisant pour inverser la tendance.

Face à la domination outrageante des Etats-Unis et pour essayer de retrouver un semblant d'équilibre entre les deux équipes alors que l'intérêt baisse, Amércains et Britanniques s'accordent en 1977 pour autoriser des joueurs non issus des îles britannico-irlandaises à participer à la Ryder Cup.

"Jack Nicklaus a beaucoup œuvré pour l'ouverture de l'équipe britanniques aux Européens. Il avait senti que la Ryder commençait à perdre en intérêt avec cette +surdomination+ américaine", explique Sébastien Brochu, journaliste à Golf magazine et auteur d'un livre sur "l'Histoire du golf".

En 1979, l'Europe compte ainsi dans ses rangs un jeune rookie de 22 ans, l'Espagnol Severiano Ballesteros, qui va devenir dans les années 1980 et 1990 l'un des plus grands golfeurs de tous les temps. Un autre Ibérique, Antonio Garrido, fait également partie de cette équipe européenne, battue à White Sulphur Springs (Virginie occidentale).

L'Espagne de "Seve", qui s'aligne à toutes les Ryder entre 1979 et 1995 à l'exception de 1981, devient alors l'élément clé de la reconquête européenne.

C'est en toute logique que l'Espagne devient le premier hôte non britannique de la Ryder Cup sur le sol européen en 1997 à Sotogrande sur le golf de Valderrama, pour la première de Tiger Woods à seulement 21 ans.

Et qui d'autre que Ballesteros pour prendre le capitanat de l'équipe européenne, qui ne compte que cinq joueurs britanniques sur douze et s'impose sur le fil, notamment grâce à l'Allemand Bernhard Langer, vainqueur de deux Masters à Augusta en 1985 et 1993?

Ce changement porte ses fruits: les Européens ont gagné dix des dix-neuf Ryder Cup depuis 1979, dont la mythique victoire de Medinah (Illinois) en 2014, laissant huit victoires aux Américains.

En 2018, l'Europe comptera deux Espagnols, deux Suédois, un Italien, et un Danois, contre cinq Anglais et un Nord-Irlandais. Et son capitaine, Thomas Björn est également Danois.

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