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JO-2020: manque de fonds et luttes intestines, le Venezuela est mal parti

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JO-2020: manque de fonds et luttes intestines, le Venezuela est mal parti

JO-2020: manque de fonds et luttes intestines, le Venezuela est mal parti
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Un médaillé olympique contraint de mendier pour obtenir un billet d'avion, des luttes intestines pour le contrôle des fédérations, un manque de moyens en raison de la crise: le Venezuela semble mal parti pour les prochains JO de Tokyo en 2020.

Le boxeur Yoel Finol, qui avait obtenu la médaille d'argent dans la catégorie des 52 kg à Rio en 2016, a été exclu cette année des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes avec 14 autres boxeurs car ils n'avaient pas reçu leurs billets d'avion pour les qualifications en mars.

"Nous sommes coincés", explique Finol, 21 ans, qui a fait appel à la solidarité sur les réseaux sociaux. Mais les billets d'avion ne sont jamais arrivés et le sport qui rapporte le plus de médailles au Venezuela lors des Jeux olympiques en a pris un coup.

Son cas n'est pas isolé. Depuis 2017, les équipes de volley, de softball (sorte de base-ball) ou d'escrime, notamment, ont été éliminées par forfait de compétitions internationales faute d'avoir pu s'y rendre.

Pendant le boom pétrolier entre 2004 et 2014, au cours duquel le Venezuela a engrangé quelque 750 milliards de dollars, le sport a bénéficié d'importants investissements.

Désormais, les revenus ont drastiquement chuté et, avec eux, le nombre de médailles rapportées par les sportifs.

Lors des trois compétitions régionales (Jeux bolivariens 2017, Jeux sud-américains 2018, Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes 2018) précédant les Jeux olympiques de 2020, le Venezuela a remporté 171 médailles d'or, contre 264 lors du cycle précédant Rio-2016.

Avant les Jeux olympiques de Londres en 2012, 403 médailles d'or avaient été décrochées par les sportifs nationaux.

L'élimination par forfait "a été un coup dur pour nos sportifs, qui s'étaient préparés à un haut niveau de compétition", déplore auprès de l'AFP Luisa Benitez, la présidente de la Fédération de boxe, pendant un entraînement de l'équipe féminine à Caracas.

La boxe est un sport jouissant d'un statut particulier au Venezuela : la première médaille d'or olympique du pays a été remportée dans cette discipline par Francisco "Morochito" Rodriguez aux JO de Mexico en 1968.

- "Hold-up" -

"Je me vois à Tokyo", assure lors de l'entraînement la boxeuse Tayonis Cedeño, 23 ans, médaillée aux Jeux bolivariens et sud-américains. Elle rêve d'égaler Karlha Magliocco, la première boxeuse du pays couronnée aux JO de Londres en 2012.

Mais aux problèmes économiques s'ajoute ce que l'ex-président du Collège des entraîneurs, Jesus Elorza, qualifie d'"hold-up sur les fédérations" de la part de l'Etat. Ce dernier cherche à asseoir son contrôle "politique et social" sur le sport, où des sommes d'argent importantes circulent, dénonce M. Elorza.

Luiza Benitez préside la fédération de boxe qui est soutenue par l'Association internationale de boxe amateur et le Comité olympique vénézuélien. Mais l'Institut national des sports (IND), rattaché au gouvernement, a organisé des élections parallèles au cours desquelles un autre président, Elvis Sanchez, a été élu.

Le même scénario s'est répété dans le basket-ball, qui a même été menacé de suspension par la Fédération internationale de basket-ball (Fiba). Et d'autres disciplines connaissent des conflits similaires qui débouchent sur des situations cocasses.

Ainsi, deux équipes de racquetball (discipline mêlant tennis et squash) se sont rendues aux Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes. Mais une seule a participé à la compétition.

Parallèlement, sans budget, les Jeux sportifs nationaux, compétition organisée au Venezuela tous les deux ans depuis 1978, sont paralysés depuis cinq ans.

"Ils ont mangé l'argent et maintenant ils n'organisent même plus les Jeux nationaux, qui étaient la vitrine des nouvelles générations d'athlètes", déplore Jesus Elorza auprès de l'AFP, dénonçant la "gestion discrétionnaire" des fonds et la "corruption" régnant pendant la période de prospérité.

Le ministre des Sports et vice-président de la Fédération vénézuélienne de Football, Pedro Infante, admet l'existence d'une crise, mais en rejette la responsabilité sur le "blocage économique" dû aux sanctions des Etats-Unis contre son pays.

"Il faudra faire de la magie", exhorte-t-il.

Pour les sportifs vénézuéliens, la prochaine compétition avant les JO de Tokyo sont les Jeux Panaméricains, à Lima, durant l'été 2019.

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