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Course Hurricane Heat: 12 heures démentielles pour aller au bout de sa vie

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Course Hurricane Heat: 12 heures démentielles pour aller au bout de sa vie

Course Hurricane Heat: 12 heures démentielles pour aller au bout de sa vie
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Nom de code: HH12. Mission: tenir 12 heures dans la boue, le froid, en portant des charges lourdes, le tout pimenté par des exercices très physiques. Non, il ne s'agit pas d'une opération commando des Forces Spéciales mais d'une course d'obstacles, la Hurricane Heat.

"Je vais le tuer!", pense Vanina Maillet en se retrouvant face à son instructeur ce samedi matin à 8h15 sur la base de loisirs de Jablines. Elle vient d'encaisser plus de 11 heures de défis sans répit et bloque sur 3 énigmes auxquelles il faut répondre. Une ultime épreuve éliminatoire, à trois quart-d'heure d'une fin qu'elle a rêvée heureuse.

"Qu'est-ce qui sert à s'asseoir, dormir, se brosser les dents ?", lui répète l'instructeur. La conseillère bancaire âgée de 35 ans, qui doit enquiller encore et encore des séries de pompes, s'agace, épuisée. "Je suis nulle en énigmes. Si je me fais éliminer à cause de ce truc-là, je suis dégoûtée!"

Elle est la seule femme rescapée parmi 36 amateurs de courses sportives, venus tester leurs limites dans un esprit de cohésion de groupe.

C'est ce que propose la Hurricane Heat (HH), épreuve au programme de la Spartan Race, un concept de courses d'obstacles venu des Etats-Unis.

Le départ a été donné vendredi soir, à 21h. Une lune presque pleine a rendu la nuit moins noire et angoissante. Equipés d'une lampe frontale rouge, d'un sac de 17 kg, tout de noir vêtu, les participants - dont 3 femmes - ont d'entrée été mis au diapason par Teddy Palassy, ex-membre des Forces Spéciales, qui leur a concocté un programme dont ils n'ont aucune idée. Seule certitude: ils vont souffrir!

- A coup de pompes -

"S'il y en a un qui meurt, vous mettez la lumière blanche!" lance l'un des instructeurs chargés d'encadrer.

A la moindre erreur, la sanction tombe: 100 pompes, ou 100 'burpees' ou 100 'squats'. Au terme de 12 heures, ils en auront fait des milliers. Ces exercices de musculation sont destinés à casser le rythme.

La course a démarré plutôt tranquillement, le groupe était assez détendu mais, très vite, il a été plongé dans un ouragan de challenges. D'abord ils ont rampé. "Cachez vous dans le sable", hurle un instructeur. Puis, il y a eu un tas de bois lourd à reconstituer dans l'urgence et l'épreuve des pneus. Trois sous groupes doivent porter chacun sur des kilomètres un pneu de plus de 300 kg - sans être délestés de leur sac.

"Machine", "Froggy", "Zargat", "Vaiana" peut-on lire sur les immenses pancartes de bois qu'ils portent et sur laquelle ils ont gravé leur surnoms, une des consignes reçue un mois et demi auparavant.

Le vent souffle fort, ils rampent et grimpent sur des cordes avant de redescendre et piquer un sprint. Des gestes qu'ils répètent une centaine de fois.

"Ca fait combien de temps qu'on fait ça, là ?", demande l'un des concurrents à l'instructeur. "Quand il le faudra, on te le dira". "Je ne sais pas si je vais tenir cette cadence...". "Allez, courage".

A 1h00 du matin, ils se jettent dans l'eau.

- 'Les crapules!' -

Ils ont froid, sont mouillés, passent sous des barbelés, portent des troncs d'arbres et à 4h30, ils passent une première épreuve d'élimination: faire 5 nœuds marins en 20 secondes, les yeux bandés. Vingt-quatre seront éliminés.

"C'est l'épreuve la plus difficile à avaler. C'est vraiment dur de partir... Ah les crapules!", raconte Flavien Pottier, un responsable commercial de 29 ans, venu pour "en baver" pour 160 euros (frais inscription).

Son frère, Benjamin, lui, est allé au bout. "Je suis vraiment vidé mais je suis très fier d'avoir réussi", a confié ce technicien qui a vécu un "ascenseur émotionnel" après le coup de stress des 3 énigmes.

L'épreuve n'a pas été éliminatoire. Devant les 12 survivants couverts de boue, Teddy Palassy a déclaré que seuls 2 avaient réussi... "C'est une blague, vous avez tous réussi!".

"Ils nous ont laminés", a dit dans un grand sourire Vanina Maillet, émue aux larmes, comme ses 11 "potes", et encore un rien agacée de n'avoir pas su répondre: une chaise, un lit et une brosse.

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