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Nantes: "Coach Vahid", le globe-trotteur volcanique

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Nantes: "Coach Vahid", le globe-trotteur volcanique

Nantes: "Coach Vahid", le globe-trotteur volcanique
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Entre coups d'éclat et coups de colère, le nouvel entraîneur nantais, Vahid Halilhodzic, s'est forgé une réputation d'homme à poigne aux quatre coins du globe, une "fausse image" selon "Coach Vahid", longtemps vedette des "Guignols de l'info".

A 66 ans, le Franco-Bosnien à l'accent haché et au verbe parfois cru, connu pour parler de lui à la troisième personne, fait son retour dans l'Hexagone, plus de treize ans après son douloureux départ du Paris SG.

"Je ne supporte plus cette fausse image d'un adjudant borné du foot que certains ont réussi à me coller", avouait-il dans les colonnes de France Football en mai 2005, quelques semaines après la fin de son aventure parisienne, la dernière en France.

Pourtant, "Coach Vahid" reste associé à la marionnette autoritaire et impulsive que les "Guignols de l'info" ont aimé animer, bien plus qu'au double meilleur buteur du Championnat de France (1983, 1985) ou à l'entraîneur à succès de Lille, qu'il a emmené de la deuxième division à la Coupe d'Europe.

Non sans raison, à en croire certains de ses anciens joueurs qui décrivent un technicien oscillant constamment entre perfectionnisme et autoritarisme.

"Tu ratais un truc à l'entraînement, une passe, tu te faisais déboîter", a ainsi rapporté l'ancien Lillois Grégory Tafforeau. Mais, s'est-il empressé d'ajouter, son passage a coïncidé avec le "début du renouveau" pour le LOSC.

- "Jeté dans la poubelle" -

Exigeant, l'ex-attaquant de Nantes (1981-1986) et de Paris (1986-1987) a claqué la porte de Beauvais, en D2, car "rester entre les 10e et 15e places, ça ne m'intéresse pas". Quitte à enchaîner trois années de chômage ensuite, avant de rebondir au Raja Casablanca où il a remporté la Ligue africaine des champions.

Avant de poser ses valises à Nantes, ce véritable globe-trotteur avait déjà dirigé 13 clubs ou sélections, dans 9 pays différents.

Il a notamment écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du foot algérien en conduisant les Fennecs à une qualification historique en 8e de finale du Mondial-2014. Une bataille épique face à l'Allemagne, perdue en prolongations.

Le peuple algérien, aux cris de "zid ya Vahid" (reste encore Vahid), et le président Abdelaziz Bouteflika l'ont supplié de poursuivre sa mission. Mais le Bosnien est parti.

Avec "Vahid", les histoires finissent mal, en général. C'était le cas à Paris (2003-2005), où il a été limogé. Mais surtout avec les sélections de Côte-d'Ivoire (2008-2010) puis du Japon (2015-2018), son éviction intervenant à chaque fois à quelques mois d'un Mondial.

"On est venu chercher Vahid pour ça. J'ai qualifié l'équipe et maintenant ils m'empêchent de tenter quelque chose de plus grand", pestait auprès de l'AFP le Franco-Bosnien en avril dernier, furieux du traitement réservé par la Fédération japonaise de football (JFA).

Depuis, ses avocats ont assigné en justice la JFA et son président Kozo Tashima, réclamant un yen symbolique pour "rétablir l'honneur" de l'ancien sélectionneur, visiblement touché par ce licenciement soudain.

"Vahid" ne transige jamais avec les principes, et quand les autres ne les respectent pas, il le fait savoir aussi. Les dirigeants japonais le savent désormais. "Ils m'ont vraiment traité comme de la merde, ils m'ont jeté dans la poubelle", a-t-il balancé devant les caméras, au bord des larmes.

A Nantes, c'est sûr, l'ancien international yougoslave ne laissera personne indifférent. Surtout s'il met en pratique ce dicton tout personnel, asséné à l'automne 2016 dans un entretien à l'AFP : "Si tu fais l'unanimité, c'est pas bien".

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