DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le Sénat prêt à voter sur Kavanaugh, qui se dit "indépendant" et "impartial"

Vous lisez:

Le Sénat prêt à voter sur Kavanaugh, qui se dit "indépendant" et "impartial"

Le Sénat prêt à voter sur Kavanaugh, qui se dit "indépendant" et "impartial"
Taille du texte Aa Aa

Le Sénat américain devrait aborder vendredi l'avant-dernière étape de la confirmation à la Cour suprême de Brett Kavanaugh, qui assure être un juge "impartial" et "indépendant" après avoir été blanchi, selon les sénateurs républicains, des accusations d'abus sexuel le visant.

Un vote de procédure pourrait être soumis aux sénateurs dans la matinée, avant-dernière marche avant un vote final, peut-être le lendemain.

La Maison Blanche s'est dite "confiante" dans l'issue du scrutin. En meeting dans le Minnesota, Donald Trump a même estimé jeudi soir que l'affaire Kavanaugh, qui tient les Américains en haleine depuis plusieurs semaines maintenant, était de nature à mobiliser l'électorat républicain à l'approche des élections parlementaires du 6 novembre.

"Il suffit de regarder les sondages des trois ou quatre derniers jours pour voir que (la) résistance (des démocrates), alimentée par la colère, est en train de se retourner contre eux comme jamais", a lancé le président américain, conforté par un rapport du FBI qui ne confirme pas les accusations portées contre M. Kavanaugh.

Démarche extrêmement rare pour un candidat à la Cour suprême, ce dernier s'explique dans une tribune à paraître vendredi dans le Wall Street Journal.

Se disant être "un juge indépendant, impartial", il y reconnaît avoir été "peut-être trop ému" lors de son audition devant le Sénat la semaine dernière, au cours de laquelle il avait usé d'un "ton tranchant".

"J'ai dit des choses que je n'aurais pas dû dire. J'espère que tout le monde peut comprendre que j'étais là-bas en tant que fils, mari et père", se justifie-t-il.

- Une enquête "incomplète" -

Le juge Kavanaugh, un brillant magistrat héraut des valeurs conservatrices, était en bonne voie d'être confirmé, quand une femme est sortie de l'ombre à la mi-septembre pour l'accuser d'une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.

Lors d'une audition suivie par 20 millions d'Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s'est dite sûre "à 100%" d'avoir été agressée par le jeune Kavanaugh. Le magistrat s'est dit tout aussi certain de son innocence.

Confrontés à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d'élus indécis, demandé un complément d'enquête au FBI, qui a rendu son rapport confidentiel mercredi soir à la Maison Blanche.

Les sénateurs ont pu en consulter une copie jeudi dans une salle fermée. Les républicains en sont sortis ragaillardis, les démocrates frustrés.

Il n'y a "rien" de nouveau dans ce rapport, "cette enquête n'a trouvé aucune trace de comportement inapproprié", a estimé le chef républicain de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley. "Espérons que dans 48 heures, nous aurons un nouvel arrivant à la Cour suprême", a-t-il ajouté.

"Ce qui est notable avec ce rapport, ce n'est pas ce qui est dedans, mais ce qui n'y est pas", a rétorqué la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une enquête "incomplète", probablement "contrainte" par la Maison Blanche.

"S'il y avait eu 100 enquêtes" du FBI, les démocrates "obstructionnistes" auraient encore trouvé à redire, a répliqué Donald Trump sur Twitter, demandant au Sénat de passer désormais au vote sur son candidat, "un homme bien, d'un grand intellect".

Vendredi, le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell devrait demander à la chambre de voter sur la "clôture" du processus de confirmation, avant un vote probablement le lendemain sur le candidat lui-même.

Si cette étape du vote de "clôture" n'est pas la dernière, il est difficile d'imaginer que la candidature de Brett Kavanaugh survive à un "non", ou, à l'inverse, qu'elle échoue finalement samedi après un "oui".

Sa candidature avait suscité dès juillet une levée de boucliers dans les rangs progressistes, mais les débats ont gagné en intensité avec les accusations d'abus sexuel.

- "Club de vieux copains" -

Des milliers de militants se sont retrouvés jeudi à Washington sur la colline du Capitole, où se dressent face à face la Cour suprême et le Congrès, en brandissant des pancartes barrées des messages: "Ne trahissez pas les femmes, votez non".

Plus de 300 manifestants ont été arrêtés, y compris la comédienne Amy Schumer, cousine du leader démocrate au Sénat Chuck Schumer, et le mannequin Emily Ratajkowski.

"Kavanaugh fait partie d'un club de vieux copains qui le protègent" envers et contre tout, a regretté Angela Trzepkowski. Pour cette habitante du Delaware, ce serait "un désastre" si le juge entrait malgré tout à la Cour suprême.

La haute cour est l'arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis: peine de mort, droit à l'avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel... L'entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.

Les sénateurs républicains, qui détiennent une courte majorité (51 sièges sur 100), soutiennent quasiment tous le candidat de Donald Trump, mais trois d'entre eux n'ont toujours pas fait connaître leurs intentions et pourraient faire basculer l'issue du vote.

Du côté démocrate, deux sénateurs restaient indécis, mais Heidi Heitkamp a fait savoir jeudi qu'elle voterait avec son camp, contre le juge Kavanaugh, pour "envoyer un signal aux jeunes filles et aux femmes" des Etats-Unis.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.