DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Présidentielle au Brésil : les candidats jouent sur la corde sensible à la TV

Vous lisez:

Présidentielle au Brésil : les candidats jouent sur la corde sensible à la TV

Présidentielle au Brésil : les candidats jouent sur la corde sensible à la TV
Taille du texte Aa Aa

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro en pleurs, son adversaire de gauche Fernando Haddad jouant de la guitare : à deux semaines du second tour d'une présidentielle très polarisée, les deux finalistes ont misé vendredi sur l'émotion pour séduire les électeurs dans leurs premiers spots télévisés.

Les deux candidats disposaient de cinq minutes chacun dans ces spots imposés à l'antenne des chaînes hertziennes à l'heure du déjeuner.

Arrivé largement en tête du premier tour avec 46% des voix, le grand favori Jair Bolsonaro a tenu à remercier les plus de 50 millions d'électeurs qui ont voté pour lui, le mot "gratitude" apparaissant plusieurs fois à l'écran.

La séquence émotion arrive juste après. Au moment de parler de sa fille Laura, qu'il a eu après quatre fils, l'ancien parachutiste s'interrompt de longues secondes, avant de raconter qu'il s'est fait réopérer pour être fertile à nouveau après une vasectomie.

"L'arrivée de Laura a changé ma vie, je remercie Dieu et mon épouse", affirme-t-il à l'écran, avant d'apparaître aux côtés de sa fille qui lui dit "je t'aime".

Une façon de rectifier le tir après une déclaration de 2017 dans laquelle il faisait étalage de sa misogynie en affirmant qu'après avoir eu quatre fils, il avait "faibli" en engendrant une fille.

Auteur de nombreux dérapage racistes ou homophobes, Jair Bolsonaro a également montré à l'écran une électrice affirmant être "femme, Noire et Brésilienne avant tout".

Fernando Haddad, lui, a choisi l'humour.

Après avoir montré des images de lui avec sa femme et ses deux filles, le clip énumère ses principaux faits d'armes en tant que ministre de l’Éducation (2005-2012) et maire de Sao Paulo (2012-2016). Puis la voix ajoute : "il a fait tout ça et en plus, il joue de la guitare".

- "Au bord du gouffre" -

Ces premier spots de campagne de l'entre-deux tours n'étaient pas pour autant dénués d'attaques.

Celui de M. Bolsonaro a débuté en brandissant la menace communiste que représenterait le retour au pouvoir du Parti des travailleurs (PT) de M. Haddad, qui a gouverné le Brésil de 2003 à 2016, en citant les exemples d'autres gouvernements de gauche en Amérique latine.

"Cuba est le pays le plus en retard au monde, le Venezuela est dévasté. Le Brésil, gouverné par le PT pendant 13 ans, (...) est au bord du gouffre", scande une voix de bande-annonce de film à suspense américain.

Du côte de Fernando Haddad, le spot de campagne a aussi commencé sur une tonalité sombre, évoquant la vague d'agressions dont des électeurs de gauche ont été victimes cette semaine, notamment un maître de capoeira poignardé à mort lundi. "Si la violence est arrivée à ce niveau, imaginez (ce qui va se passer) s'il devient président", affirme le candidat dans son clip.

Omniprésent dans les spots de campagne du premier tour, son mentor, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) n'apparaît que quelques petites secondes. Incarcéré pour corruption en avril, Lula était favori du scrutin, mais a renoncé à briguer un troisième mandat à un mois du premier tour après avoir été déclaré inéligible.

- "Marionnette" -

Durant toute la campagne, Jair Bolsonaro n'a eu de cesse de qualifier Fernando Haddad de "marionnette de Lula".

Jeudi en conférence de presse, il a aussi admis qu'il pourrait ne pas se rendre aux débats télévisés pour des raisons "stratégiques".

Jusque là, il avait justifié son absence aux débats par sa santé fragile après l'attentat à l'arme blanche qui a failli lui coûter la vie le 6 septembre et l'a cloué trois semaines sur un lit d'hôpital, mais ne l'a pas empêché de remporter haut la main le premier tour.

Fernando Haddad, qui a obtenu 29% des suffrages dimanche, plafonne à 42% dans la première enquête d'opinion d'entre deux tours, contre 58% pour M. Bolsonaro. Mais il ne désespère pas de rattraper son retard.

Une foi inébranlable démontrée lors de sa participation jeudi matin à Sao Paulo à une messe dédiée à Nossa Senhora Aparecida, la sainte patronne du Brésil, dont tout le pays célèbre le jour férié vendredi.

"Nous avons 15 jours pour lutter pour un Brésil meilleur. Nous allons accueillir les gens avec un message de paix et d'amour", a-t-il lancé à l'issue de la cérémonie.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.