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Washington inculpe une Russe pour ingérence dans les élections de mi-mandat

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Washington inculpe une Russe pour ingérence dans les élections de mi-mandat

Washington a accusé Moscou de pirater des infrastructures sensibles
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Philippe Huguen
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A moins de trois semaines d'élections à haut risque pour Donald Trump, les Etats-Unis ont annoncé vendredi l'inculpation d'une Russe soupçonnée d'avoir organisé le financement d'une campagne de propagande sur les réseaux sociaux destinée notamment à peser sur ce scrutin.

Elena Alekseevna Khoussianova, 44 ans, devient ainsi la première personne inculpée pour ingérence dans les élections législatives et locales du 6 novembre, qui ont une valeur de test pour le président américain à la moitié de son mandat.

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Cette ressortissante russe est accusée d'avoir été la directrice financière d'une opération menée depuis Saint-Pétersbourg, baptisée "projet Lakhta" et financée par l'oligarque Evguéni Prigojine, selon un communiqué du ministère de la Justice.

Cet homme d'affaires de Saint-Pétersbourg - surnommé le "chef" de Vladimir Poutine parce que son entreprise de restauration a parfois servi le Kremlin - est déjà inculpé par la justice américaine qui le soupçonne d'être derrière une "usine à trolls" ayant cherché à favoriser Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016.

Le "projet Lakhta" lancé en 2014, vise plusieurs pays, notamment en Europe. Les attaques contre les élections américaines de mi-mandat n'en sont qu'un volet.

"Le but stratégique de ce complot, qui perdure à ce jour, est de semer la discorde dans le système politique américain pour diminuer la confiance envers nos institutions démocratiques", a expliqué le procureur de Virginie, Zachary Terwilliger.

- "Vieux croûton" -

Concrètement, ses membres, se faisant passer pour des Américains, ont multiplié les messages sur les réseaux sociaux, comme Facebook, Instagram ou Twitter, pour attaquer certains candidats, soutenir des groupes radicaux ou aggraver le ressentiment des minorités, selon l'acte d'accusation.

Certains comptes ont posté des dizaines de milliers de messages et attiré des dizaines de milliers d'abonnés. Ainsi, une page anti-immigration et anti-islam créée sur Facebook, avait récolté près de 200.000 "likes" avant d'être fermée.

En mars @johncopper16, un de ces profils fictifs, appelait les partisans de Donald Trump à se mobiliser pour les élections du 6 novembre, en écrivant "ils sont motivés, ils vous détestent... ils détestent VOTRE président."

Les membres du réseau auraient aussi organisé des meetings politiques ou des manifestations dans le pays, selon l'acte d'inculpation.

Mme Khoussianova aurait autorisé toutes les dépenses de cette campagne: achat de domaines sur internet, création de publicités, salaires, frais de voyage, location de bureaux... Elle aurait prévu un budget de 650 millions de roubles (environ 10 millions de dollars) pour les opérations du premier semestre 2018, selon ce document.

Les enquêteurs américains ont également eu accès aux consignes données aux membres du réseau pour réagir à certains faits d'actualité. "Présentez le comme un vieux crouton", leur a-t-on ainsi conseillé en 2017 quand le sénateur John McCain, décédé depuis, s'était opposé au projet de Donald Trump de construire un mur pour empêcher les migrants de franchir la frontière mexicaine.

Curieusement, l'annonce de l'inculpation de Mme Khoussianova est arrivée quelques minutes après un communiqué du bureau du directeur du renseignement national s'inquiétant du risque d'ingérences russes, chinoises et iraniennes dans les élections du 6 novembre.

Mais, selon ce communiqué, il ne semble pas y avoir eu pour l'instant d'intrusion dans les infrastructures électorales (listes électorales, machines à voter, décompte des voix...) et les tentatives d'attaques par des hackers, au niveau local, ont été contrées.

"Le gouvernement américain travaille sans relâche à identifier et contrer les menaces sur le processus électoral", soulignait ce bureau, tout en appelant les Américains à participer à cet effort en "se montrant responsables dans le partage d'informations, notamment sur les réseaux sociaux."

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