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Ryad tente de sauver un forum sur l'investissement après l'affaire Khashoggi

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Ryad tente de sauver un forum sur l'investissement après l'affaire Khashoggi

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L'Arabie saoudite a achevé dans la tourmente et au milieu d'annulations les préparatifs d'une conférence sur l'investissement prévue mardi à Ryad, le jour même où la Turquie a promis de révéler "la vérité" sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Le forum international Future Investment Initiative (FII), qui doit durer jusqu'à jeudi, avait pour but de projeter le royaume pétrolier historiquement fermé comme une destination commerciale lucrative, au moment où il cherche à diversifier son économie et à s'ouvrir aux nouvelles technologies, au tourisme et au divertissement.

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Mais cette conférence, surnommée le "Davos du désert" par la presse, est aujourd'hui totalement éclipsée par l'indignation mondiale consécutive au meurtre du journaliste saoudien qui collaborait avec le Washington Post, au consulat de son pays à Istanbul.

Sous pression en Allemagne, le PDG du conglomérat industriel allemand Siemens Joe Kaeser a été le dernier lundi à se retirer du sommet de Ryad après de nombreux responsables occidentaux et dirigeants de grandes entreprises internationales.

M. Kaeser semble avoir jeté l'éponge à contre-coeur. "Je ne participerai pas à la FII 2018. C'est la décision la plus propre, mais pas la plus courageuse".

- "Crise aiguë" -

JP Morgan, Mastercard, Ford et Uber font partie des compagnies qui avaient déjà annoncé le retrait de leurs patrons. Et de grands médias comme Bloomberg, CNN et le Financial Times se sont également désistés.

Parmi les dirigeants politiques, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire et la directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde ont également renoncé à y participer.

Les organisateurs ont retiré une liste d'orateurs du site web du FII et ont refusé lundi de confirmer le nombre de participants.

Selon une source gouvernementale, la liste des orateurs et des animateurs n'est pas encore finalisée car nombre d'entre eux continuent de renoncer à un "rythme rapide".

Le forum de cette année contraste avec la première édition en 2017, un évènement qui s'était déroulé à l'hôtel Ritz-Carlton de Ryad où le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane s'était fait acclamer comme un jeune visionnaire, champion d'une Arabie saoudite "ouverte et modérée".

Il fait face aujourd'hui à "une crise aiguë de relations publiques" en liaison avec l'affaire Khashoggi, selon l'expression du cabinet de conseil Eurasia Group.

Les autorités saoudiennes ont soutenu que le prince héritier n'avait pas été informé de l'"opération" contre le journaliste, contrairement à ce qu'affirme la presse turque.

- "Fléchissement de la confiance" -

Après plus de deux semaines de démentis entrecoupés de silences, le royaume a admis samedi que Khashoggi avait bien été tué au consulat saoudien à Istanbul.

La presse turque a publié des détails morbides sur le meurtre du journaliste et le président Recep Tayyip Erdogan a promis d'exposer mardi "toute la vérité", alors que les principaux pays occidentaux ont exigé de Ryad des "clarifications".

Selon Ayham Kamel de l'Eurasia Group, les dirigeants saoudiens "pourraient s'en sortir avec un événement (FII) qui n'échoue ni ne réussit".

Mais, "dans quelques mois, l'impact le plus important sur le pays sera toujours un fléchissement de la confiance internationale dans le programme de réformes économiques", a-t-il déclaré à Bloomberg News.

Nombre d'entreprises occidentales ont trop d'enjeux pour se retirer de la plus grande économie du monde arabe et ont décidé d'envoyer au FII des cadres de rang inférieur, comme HSBC et Crédit Suisse, selon Bloomberg News.

Des entreprises de Chine et de Russie ont montré peu d'intérêt à se retirer, a déclaré un organisateur.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan, dont le pays cherche des financements pour l'économie de son pays en difficulté, participera au forum.

Un large boycott occidental accroît les risques d'instabilité politique en Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, et pourrait porter un nouveau coup aux investissements directs étrangers (IDE) qui avaient déjà atteint en 2017 leur niveau le plus bas en 14 ans, selon l'ONU.

Pour l'instant, le royaume conserve d'importantes réserves financières, grâce surtout à la remontée des prix du pétrole qui dépassent maintenant les 80 dollars le baril.

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