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Retrait d'un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

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Retrait d'un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

Retrait d'un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou
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En annonçant leur retrait d'un traité de désarmement majeur sur les armes nucléaires, les États-Unis visent autant la Chine, qui a développé ces dernières années des armes interdites par ce texte dont elle n'est pas signataire, que la Russie, accusée de le violer.

Officiellement, c'est la Russie qui est citée comme coupable de violation du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) avec son nouveau système 9M729, des missiles tirés à partir d'un dispositif terrestre et dont la portée dépasse, selon Washington, les 500 km, ce que Moscou dément.

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"La Russie n'a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l'accord et développer ces armes", a déclaré Donald Trump en annonçant le retrait américain du traité INF (Intermediate Nuclear Forces), signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l'époque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

M. Trump n'a pas précisé si un nouveau traité pourrait être négocié, mais il a indiqué lundi que les États-Unis développeraient ces armes à moins que la Russie et la Chine n'acceptent d'arrêter elles-mêmes de les développer.

"Tant que les gens ne seront pas revenus à la raison, nous en développerons", a déclaré le président à des journalistes à la Maison Blanche. "C'est une menace pour qui vous voulez. Et ça inclut la Chine, et ça inclut la Russie, et ça inclut quiconque veut jouer à ce jeu-là."

Depuis plusieurs années, Washington accuse Moscou de ne pas respecter ce traité qui, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

C'est donc en Russie que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, s'est rendu aussitôt la décision annoncée, mais il a noté qu'il y aurait "d'autres participants" au processus de négociation.

Il a précisé à la radio Echo de Moscou que des consultations seraient ensuite menées "avec nos amis en Europe et en Asie".

Pour John Lee, un expert du centre de réflexion conservateur Hudson Institute, "le problème de la Chine, qui n'est limitée par aucun accord, est très différent et beaucoup plus pressant" que celui de la Russie.

- Mattis "parfaitement d'accord" -

Ces dernières années, Pékin a "développé des missiles de portée intermédiaire terrestres capables d'emporter des charges conventionnelles et nucléaires", ajoute cet expert dans une tribune publiée lundi sur le site de CNN. Quelque 95% des missiles de l'armée chinoise violeraient le traité INF si la Chine en était signataire, ajoute-t-il.

Sur ce dossier, le Pentagone et la Maison Blanche paraissent sur la même longueur d'onde.

Le ministre de la Défense Jim Mattis "est parfaitement d'accord avec le président et il est en contact étroit avec lui là-dessus", a indiqué lundi un porte-parole du ministère, le colonel Rob Manning.

Dans sa nouvelle "posture nucléaire" publiée en début d'année, le Pentagone affirme que "la violation la plus grave de la Russie porte sur un système interdit par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire". Mais le document mentionnait aussi les missiles développés par la Chine, qui cherche à affirmer sa suprématie militaire en Asie.

Au début du mois, M. Mattis avait prévenu que la Russie devait "se conformer de nouveau au traité INF ou les Etats-Unis ser(aient) dans l'obligation de réagir au mépris cavalier (de ses) limites spécifiques". La situation actuelle est "intenable", avait-il précisé à l'issue d'une réunion des ministres de la Défense des pays de l'Otan à Bruxelles.

Signe que le Pentagone envisageait ce retrait du traité INF depuis des mois, la nouvelle politique américaine sur ses missiles balistiques, annoncée pour début 2018, n'a pas encore été publiée, et sa sortie est annoncée depuis des mois pour "dans quelques semaines".

Interrogé à ce sujet lundi, le colonel Manning a indiqué qu'il n'avait aucune date précise à annoncer, mais il a souligné que "tous les facteurs seraient pris en compte avant sa publication".

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