DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Fragilisée, Merkel à l'épreuve en Hesse d'un vote à risque

Vous lisez :

Fragilisée, Merkel à l'épreuve en Hesse d'un vote à risque

Taille du texte Aa Aa

Deux semaines après une déception électorale en Bavière, Angela Merkel et sa coalition gouvernementale vacillante risquent d'être encore fragilisées par un nouveau scrutin régional dimanche en Hesse.

Deux dangers menacent: un débat relancé sur l'avenir de la chancelière allemande si son parti de centre-droit (CDU) perd la direction de cet Etat-région, et une pression croissante en interne chez les sociaux-démocrates pour quitter le gouvernement à Berlin en cas de défaite trop cuisante.

gi

Signe de l'importance de l'élection, Mme Merkel a multiplié les meetings pour soutenir l'actuel dirigeant du Land, Volker Bouffier, un de ses proches.

Sera-t-elle entendue par les 4,4 millions d'électeurs ? Rien n'est moins sûr, à en croire les nombreux sondages.

- 'Assassin de la reine' -

Si la Hesse devait échapper à la CDU, la situation pourrait devenir très inconfortable pour la chancelière qui affronte début décembre un vote militant pour la présidence du parti.

"Qui jouera le rôle d'assassin de la reine?", s'est risqué le quotidien conservateur Die Welt.

Pour le journal, qui cite plusieurs cadres anonymes du parti, "une dynamique imprévisible pourrait être déclenchée (en cas de débâcle électorale) et coûter à Angela Merkel ses postes".

La chancelière a elle-même évoqué de manière détournée cette semaine la fin de sa carrière politique, en jugeant que "tous ceux qui dans le passé ont voulu régler eux-mêmes leur succession ont échoué".

Même si elle n'a pas encore de rival déclaré en interne, elle fait face à une pression croissante. Toutes les enquêtes montrent que la droite modérée est en nette perte de vitesse, avec en Hesse 26% des intentions de vote, soit 12 points de moins qu'en 2013.

Comme dans le reste de l'Allemagne, les électeurs du Land semblent fatigués des disputes internes à la grande coalition au pouvoir à Berlin, en particulier sur la question migratoire.

Les partis d'opposition au gouvernement Merkel en profitent. Fondé il y a cinq ans, le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), entré en 2017 au Bundestag, devrait avec un score à deux chiffres (environ 12%) faire son entrée dans le dernier parlement régional où il ne siégeait pas.

Mais ce sont les Verts, alliés de circonstance de la CDU depuis 2013 en Hesse, qui bénéficient de la dynamique la plus significative.

Les "Grünen", déjà arrivés en deuxième position en Bavière, pourraient dimanche passer la barre des 20%, voire devancer les sociaux-démocrates.

Ils pourraient alors prendre la tête d'une coalition de gauche et ravir la région aux conservateurs, avec leur populaire tête de liste, l'Allemand d'origine yéménite Tarek al-Wazir, actuel ministre de l'Economie du Land.

Le paysage politique allemand connaît un "déplacement tectonique des plaques" au profit des Verts, résume l'ancien chef du parti, Cem Özdemir.

- Fuir ses responsabilité -

Si le Land devait échapper à la fois à la CDU comme au SPD, les répercussions dépasseraient les frontières régionales.

La question de la succession de la chancelière, au pouvoir depuis 2005 et dont le mandat expire en 2021, n'est plus taboue depuis les critiques suscitées dans l'opinion par l'arrivée de plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015-2016.

Certains, face à l'essor de l'AfD, veulent renoncer au cap centriste et à la stratégie du compromis permanent qui a fait le succès de Mme Merkel pendant plus d'une décennie.

La situation est d'autant plus compliquée pour la chancelière qu'outre la grogne des siens, ses alliés sociaux-démocrates au gouvernement sont au plus bas et s'interrogent sur l'opportunité de rester au pouvoir.

Or le scrutin en Hesse, après l'élection bavaroise, s'annonce une nouvelle fois désastreux pour le plus vieux parti d'Allemagne.

Et une cure d'opposition, via une sortie de la coalition, est un scénario à la popularité croissante chez les sociaux-démocrates. De quoi inquiéter les conservateurs.

La numéro deux de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, s'est inquiétée jeudi que "personne ne puisse garantir à 100%" que l'actuelle coalition "reste stable, compte tenu des dynamiques qui se développent dans les différents partis".

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.