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Brésil: Katia Sastre, policière, héroïne et désormais députée

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Brésil: Katia Sastre, policière, héroïne et désormais députée

Brésil: Katia Sastre, policière, héroïne et désormais députée
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Trois coups de feu ont changé la vie de Katia Sastre: en abattant un braqueur devant l'école de sa fille, cette policière brésilienne est devenue une star sur internet, avant de se présenter aux élections et d'être élue députée haut la main.

Plus de 264.000 électeurs ont voté pour cette femme de 42 ans qui a assuré pendant la campagne : "J'ai tiré et je le referais. Du courage, j'en ai".

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Dans une vidéo devenue virale, on voit la mère de famille, habillée en civil, sortir un pistolet de son sac à main et tirer sur un voleur armé et menaçant, au milieu des cris de panique des mères et des enfants.

"Je ne me réjouis pas de sa mort, parce qu'en vérité, ce n'est pas ce que je voulais. (...) Mais je suis contente d'avoir sauvé des gens bien", explique à l'AFP la députée dans son bureau à Suzano, dans l'agglomération de Sao Paulo.

Six mois après l'agression, le 7 octobre, elle est devenue la 15e députée fédérale la mieux élue du Brésil.

Tout est allé très vite pour cette architecte de formation qui a toujours voulu travailler dans la Police militaire, comme son arrière-grand-père, son père et son mari.

Policière depuis 20 ans, Katia amenait sa fille de sept ans à l'école quand un homme brandissant une arme s'est approché d'une mère de famille pour la dépouiller.

Elle a immédiatement réagi et sans hésitation a tiré sur le voleur, le touchant de deux balles dans le thorax et d'une à la jambe.

Agé de 21 ans, il a succombé à ses blessures à l'hôpital. Et Katia est devenue une héroïne.

- Besoin d'uniformes -

Dans un pays obsédé par l'insécurité, son histoire est devenue virale. Le lendemain, le gouverneur de l'Etat de Sao Paulo Marcio França lui a rendu hommage, tandis que son téléphone n'arrêtait pas de sonner.

Tous les partis l'ont rapidement sollicitée, voyant en elle une candidate idéale dans un pays où domine l'idée que l'uniforme serait le meilleur moyen de mettre fin à la violence endémique qui ronge le pays.

Le nouveau Parlement brésilien, renouvelé lors des législatives du début octobre, comptera d'ailleurs 35 parlementaires qui sont militaires, policiers, ou l'ont été, le double de la mandature précédente.

L'ultra-favori du second tour, dimanche, Jair Bolsonaro, est lui-même un ex-capitaine de l'armée.

Même si elle a enregistré une vidéo avec le candidat d'extrême droite, Katia Sastre a finalement choisi de se présenter sous les couleurs du Parti de la République (droite).

Considérant que la vidéo pouvait être vue comme une incitation à la violence, deux partis de gauche ont obtenu qu'elle soit retirée d'internet quelques jours, avant que la justice ne finisse par donner raison à la policière.

La mère du voleur abattu, déjà connu de la police pour vols et dissimulation de cadavre, lui réclame une indemnisation de 477.000 réais (112.000 euros) pour le préjudice moral lié à la diffusion des images.

Mais Katia Sastre dit qu'elle n'hésitera pas à les utiliser de nouveau. "Je les ai utilisées pour montrer ce que les gens vivent au quotidien, la violence que tout le monde subit", explique-t-elle.

- "Mieux armés que la police" -

Comme Jair Bolsonaro, la policière se dit favorable à une libéralisation du port d'arme et rejette l’argument selon lequel une telle mesure pourrait faire exploser le nombre de meurtres dans un pays qui a enregistré 63.800 homicides en 2017.

"Les méchants ce sont les trafiquants, les voleurs... et ils sont bien armés. Même mieux que la police. Il faut faciliter l'obtention du port d'arme pour les gens bien, pour qu'ils puissent se défendre", soutient-elle.

Même si cela implique de voter pour un candidat ouvertement misogyne comme Jair Bolsonaro ?

"Moi aussi je suis contre le féminisme", dit celle dont le bataillon ne compte que 16 femmes pour 320 hommes.

"Tout ce que j'ai réussi à faire, je l'ai fait, et je l'ai bien fait. Je n'ai pas besoin d'être féministe, et penser que les femmes ont besoin de s'unir pour parvenir à quoi que ce soit. Non! Vous voulez faire quelque chose, faites-le", lance-t-elle.

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