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Route du Rhum: Marin, une passion mais aussi un vrai boulot

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Route du Rhum: Marin, une passion mais aussi un vrai boulot

Route du Rhum: Marin, une passion mais aussi un vrai boulot
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Actifs sur l'eau, mais aussi débordés à terre: vendeurs de rêve et d'aventure, les marins d'aujourd'hui, à la barre de puissants bateaux au départ de la prochaine Route du Rhum, sont aussi "à la ville" de véritables professionnels aux emplois du temps bien remplis.

Thomas Coville, Armel Le Cléac'h, François Gabart ou encore Sébastien Josse, pilotes émérites de multicoques capables de +voler+ (catégorie Ultim): tous ont fait de leur passion leur métier. Avec un seul et même constat: entre la préparation physique, l'entretien du bateau, les obligations médiatiques ou parfois une carrière professionnelle parallèle, un navigateur ne se tourne pas les pouces quand il n'est pas en mer !

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"Les gens pensent que les marins ne 'glandent' rien le reste du temps. En fait non, on est quand même pas mal occupé", relève à l'AFP, François Gabart, détenteur de records, vainqueur du Vendée Globe (2012/2013) et chef d'entreprise.

Gabart (Macif) a créé sa société, Mer Concept, il y a 12 ans pour devenir pro. Aujourd'hui, à 35 ans, il est à la tête d'une PME de 35 salariés, qui fait de la maîtrise d'ouvrage (de la construction de bateaux pour un armateur à la préparation pour les courses).

Pour ce diplômé en génie mécanique et développement, "le métier de marin se passe beaucoup à terre". "Il y a des choix à faire pour ce fameux couple bonhomme - bateau et pour ça il faut s'investir dans le développement du bateau et ça se fait à terre, en amont".

"Si on essaie de réfléchir à une répartition de mon temps, il y a une partie sur l'eau mais qui n'est pas si importante que ça, une grosse partie de préparation physique qui représente pas mal de temps, une partie technique sur le bateau pour développer le bateau, une partie de management d'équipe", souligne le marin, qui n’oublie pas la cinquantaine de journées annuelles consacrées aux partenaires et média.

- 200 jours sur l'eau -

Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) a donné pas moins de 250 interviews en 2017 après sa victoire sur le Vendée Globe. A la tête aussi d'une société (Astan), il a choisi le mode prestataire pour ses projets avec Banque Populaire.

"Ca me permet d'être concentré sur la partie performance, sportive et toutes les sollicitations avec le sponsor. Ca fait partie de notre métier, on passe beaucoup de temps en mer, mais aussi à aller faire de la représentation et raconter notre histoire", explique Le Cléac'h, qui se rend régulièrement dans les 'Banque Populaire' à Paris et province.

Ce marin de 41 ans passe environ 200 jours à naviguer par an. "Et pendant que les gars bricolent sur le bateau, moi je vais à la salle de sport".

Tous les marins professionnels sont très attentifs à leur préparation physique. Tenir ces machines de 32 m de long pour 23 m de large, pesant 15 tonnes nécessite une préparation d'athlète de haut niveau.

"Tous les jours j'ai entre 1h30 et 2h30 de sport, 6 jours sur 7", dit Thomas Coville, neuf tours du monde et 4 Route du Rhum au compteur.

Alors qu'il passe près de 150 jours sur l'eau, il est le reste du temps dans l'atelier ou au bureau d'études. En partenariat avec Sodebo depuis 1999 - avec qui il aura un nouveau bateau à la fin de l'année -, il possède sa structure en charge de toute la partie humaine de ses projets.

- Exotique -

Pas de congés payés, ni de RTT, ni même de week-end. Mais une vie atypique et grisante.

"Je suis 'dégueulasse' de me rendre compte que quand je vais faire des courses avec mes enfants ou ma femme, c'est exotique pour moi. Ca m'amuse. Mais je ne suis pas du tout déconnecté de la réalité de la vie parce que les revenus sont très normaux", précise-t-il.

Pas de journée type non plus pour Sébastien Josse, dont le statut est différent puisqu’il est salarié de l'écurie Gitana, propriété de la famille de Rothschild, qui aligne le bateau le plus volant sur la 11e édition de la Route du Rhum, le 4 novembre à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

"Il ne faut pas croire que tu montes sur un bateau comme ça du jour au lendemain, ça demande une hygiène de vie irréprochable, une préparation physique de longue haleine, une force mentale incroyable", lance Josse, qui sait que malgré les difficultés, il est privilégié.

"J'ai une qualité de vie exceptionnelle, je n'ai pas d'horaires, et un bateau comme celui-là, il y en a un (seul) au monde", glisse-t-il.

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