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Bosnie: course contre-la-montre pour abriter les migrants avant l'hiver

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Bosnie: course contre-la-montre pour abriter les migrants avant l'hiver

Bosnie: course contre-la-montre pour abriter les migrants avant l'hiver
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C'est une course contre-la-montre en Bosnie: des milliers de migrants qui traversent ce pays, en direction de l'Europe occidentale, campent à la belle étoile, alors que l'hiver est imminent que l'afflux de tarit pas.

Après des mois de laisser-faire, dans ce pays doté d'institutions très complexes, les autorités ont ouvert la semaine dernière, avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), deux nouveaux centres d'accueil, l'un à Bihac (nord-ouest) et l'autre près de Sarajevo, avec une capacité totale de 850 places.

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Le nombre de lits a ainsi été doublé, avec actuellement environ 1.700 places dans cinq centres d'hébergement.

"Les choses se mettent en place (...) on a beaucoup de chance que le temps soit toujours très doux", dit Peter Van der Auweraert, un responsable de l'OIM.

L'objectif est d'avoir pour l'hiver des logements pour environ 3.700 personnes "qui sont en transit en Bosnie", précise-t-il.

L'afflux accéléré des migrants dans la région de Bihac, frontalière de la Croatie, pays membre de l'Union européenne, a provoqué la semaine dernière des manifestations des habitants de cette ville de 65.000 habitants.

- Renvoyés vers Sarajevo -

Désormais, la police renvoie systématiquement les migrants arrivés dans ce canton en provenance de Sarajevo. Quelque 700 personnes ont ainsi été reconduites depuis mercredi.

La décision d'"empêcher l'afflux des migrants" dans ce canton a été prise en raison de la "détérioration de la situation sécuritaire", a expliqué à l'AFP une porte-parole de la police régionale, Snezana Galic.

Ces dernières semaines, entre 150 et 200 migrants arrivaient tous les jours à Bihac. Un campement de fortune ne cessait de grandir dans un parc près du centre-ville, autour d'une cité universitaire abandonnée, qui abritait déjà plusieurs centaines de personnes.

Début octobre, des policiers y ont tiré des coups de semonce lors d'une intervention pour calmer des heurts entre deux groupes.

Depuis le début de l'année, les autorités ont enregistré l'entrée illégale de 20.000 personnes dans ce pays évité lors de la grande vague de 2015-2016.

La plupart de ces personnes, qui fuient les guerres et la pauvreté en Asie, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, ont pu poursuivre leur périple.

"La perception des migrants, et c'est la réalité, est que la route est ouverte", explique Peter Van der Auweraert, précisant que quelque 16.000 personnes "ont pu partir de façon irrégulière en Croatie et, après, en Slovénie, en Italie et en Autriche".

Cependant, des centaines de migrants restent encore sans abri, à Bihac ainsi qu'à Velika Kladusa, plus au nord, où ils ont mis en place un autre campement de fortune. Des groupes de marcheurs partent régulièrement des deux campements vers la zone frontalière boisée.

- "The game" -

Mohsin, un Pakistanais de 27 ans, espère réussir "the game" ("le jeu" en anglais) et arriver avant la neige en Italie. C'est ainsi que les migrants parlent des tentatives de passage.

"J'ai essayé trois fois, mais mauvaise chance. On m'a attrapé deux fois en Croatie et une fois, la dernière, en Slovénie, après sept jours de marche", raconte ce jeune homme qui se repose dans le campement de Bihac avant la prochaine tentative.

Redoutant l'hiver, quelque 200 à 300 migrants qui sont logés dans de très mauvaises conditions dans le campement de Velika Kladusa protestent depuis une semaine devant le poste-frontière de Maljevac, à trois kilomètres de là. Ils réclament l'ouverture de la frontière, sans émouvoir les autorités croates.

Après les heurts avec les polices bosnienne et croate les deux premiers jours, ils campent désormais, jour et nuit, à proximité du poste-frontière. Plusieurs femmes et enfants occupent aussi des tentes dressées sur la route.

Ils allument des feux pour se chauffer alors que la température descend à 5°C pendant la nuit.

"La situation dans le campement de Velika Kladusa est une vraie agonie. Ces gens sont sans électricité depuis plus d'un mois et demi et on leur a coupé aujourd'hui l'eau aussi", a raconté la semaine dernière à l'AFP Zehida Bihorac, une bénévole bosnienne qui habite près du camp.

Un Afghan de 31 ans, qui dit s'appeler Commando, et plusieurs de ses camarades tiennent à montrer leurs téléphones cassés par, affirment-ils, des policiers croates lorsqu'ils sont arrêtés par les patrouilles dans des zones frontalières.

"Casser les téléphones, piller notre argent et frapper les gens, ce n'est pas ça le travail de la police", peste Commando.

Ceux qui réussissent "le jeu" envoient par téléphone les coordonnées de la route à ceux qui sont derrière, explique un policier bosnien.

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