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Des ossements relancent l'une des plus mystérieuses disparitions d'Italie

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Des ossements relancent l'une des plus mystérieuses disparitions d'Italie

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La famille d'une jeune fille disparue mystérieusement voici 35 ans a réclamé mercredi des clarifications au Vatican après la découverte d'ossements humains dans l'une de ses propriétés.

Ces restes ont été trouvés lundi par des ouvriers effectuant des travaux de terrassement dans un petit bâtiment d'accueil situé dans l'immense parc de l'ambassade du Saint-siège auprès de l'Italie.

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La macabre découverte a immédiatement relancé les enquêtes sur Emanuela Orlandi et Mirella Gregori, deux mineures disparues séparément à Rome en 1983. Ces faits divers non résolus défraient régulièrement la chronique italienne, sur fond de théories du complot impliquant parfois la pègre et le Vatican.

"Au cours de travaux de restauration dans une annexe de la nonciature apostolique des fragments d'ossements humains ont été retrouvés", a précisé mardi soir le Vatican dans un communiqué, sans toutefois faire de lien avec les disparues.

La somptueuse ambassade, entourée d'un grand parc, fut donnée au Saint-Siège en 1949 par un industriel et sénateur juif, qui s'était inscrit au parti national fasciste (PNF) en 1925 avant la promulgation de lois raciales en Italie, puis s'était converti au catholicisme.

La police italienne tente actuellement d'établir l'âge et le sexe des ossements retrouvés, ainsi que la date du décès. Et elle vérifiera si l'ADN correspond à celui de l'une des deux mineures.

"Nous allons demander aux enquêteurs et au Saint-Siège comment ces ossements ont été trouvés et pourquoi leur découverte a été liée à la disparition d'Emanuela Orlandi ou Mirella Gregori," a commenté devant la presse Laura Sgro, l'avocate de la famille Orlandi, se plaignant d'informations succinctes du Vatican.

Emanuela Orlandi, fille d'un employé de la Préfecture de la maison pontificale, vivant dans la Cité du Vatican, avait été vue la dernière fois le 22 juin 1983 alors qu'elle sortait d'un cours de musique.

- Thèses multiples -

Selon certains, la jeune fille de 15 ans aurait été enlevée par un groupe criminel pour faire pression en vue de recouvrer un prêt auprès de l'ancien président américain de la banque du Vatican (IOR), Paul Marcinkus.

D'autres affirment qu'elle aurait été kidnappée pour arracher la libération de Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté d'assassiner le pape Jean Paul II en 1981. L'implication de services secrets a aussi été mentionnée. Mais rien n'a jamais été prouvé.

Son frère Pietro, qui mène depuis des décennies une campagne pour résoudre le mystère, a régulièrement dénoncé le silence du Vatican et même sa complicité.

Mirella Gregori avait pour sa part disparue 40 jours exactement avant Emanuela Orlandi. Selon sa mère, la jeune fille avait répondu à l'interphone, affirmant à ses parents qu'il s'agissait d'un camarade d'école et qu'elle allait lui parler brièvement avant de remonter chez elle. Elle n'est jamais réapparue.

Ce n'est pas la première fois que la police italienne suit une piste pour retrouver le corps d'Emanuela Orlandi, qui aurait aujourd'hui 50 ans.

En 2012, le parquet de Rome avait ainsi donné son feu vert à l'ouverture de la tombe d'un criminel italien, Enrico de Pedis. La tombe de cet ancien chef de la bande de la Magliana, qui a terrorisé Rome dans les années 1970 et 1980, avait été ouverte dans la basilique Saint-Apollinaire à Rome. Elle ne contenait toutefois que la dépouille de l'homme tué en 1990 dans un règlement de comptes.

Pour des raisons inexpliquées, la sépulture de ce "boss", soupçonné d'être lié à la fois à la mafia, la loge maçonnique P2 et des secteurs de la finance du Vatican, avait été transférée la même année dans la basilique, un privilège rare.

Une ex-maîtresse du malfrat avait notamment affirmé aux enquêteurs qu'il avait enlevé la jeune fille et que le corps aurait été coulé dans du béton.

Enième rebondissement en septembre 2017, un journaliste d'investigation italien avait rendu public un document signé par un cardinal pouvant accréditer la thèse que le Saint-Siège avait dépensé des millions pour cacher la jeune fille dans des instituts religieux à Londres jusqu'en 1997... Le Vatican avait démenti.

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