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Rien ne va plus à Monaco, l'histoire begaie

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Ridicule sur le plan sportif, éclaboussé par les révélations des Football Leaks et les problèmes judiciaires de son président, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, le club de Monaco vit l'une des pires périodes de son histoire. Pas la première.

Entraîneur de Monaco depuis cinq rencontres (trois défaites et deux nuls), Thierry Henry découvre jour après jour l'étendue du chantier proposé. Lui, sans expérience du métier, qui n'a jamais joué le maintien, et qui ne connait plus les spécificités d'une L1 quittée en 1999, doit trouver les ressorts pour sauver sportivement le club.

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Mais ni lui ni son staff ne sont formés pour la L1. A Bordeaux puis Paris, Laurent Blanc avait Jean-Louis Gasset. A Monaco, Didier Deschamps avait Jean Petit, avant de choisir Guy Stephan pour Marseille. Quelle quoi soit la qualité de Tralhao et Ampadu, les adjoint de Henry, cette méconnaissance nécessite forcément un temps d'adaptation.

D'autre part, Henry compose un nombre de blessés toujours important. Le groupe n'est pas au mieux physiquement. Mais il existe d'autres problèmes. Certains cadres s'interrogent sur leur avenir. Ainsi, Subasic et Raggi, garants de l'état d'esprit, n'ont pas prolongé et attendent un geste de Vadim Vasilyev. Sidibé, lui, n'a jamais caché sa volonté de départ. Glik, Falcao, Jemerson et Touré pourraient rapidement demander à partir s'ils sentent que la confiance avec Henry se rompt.

Or, à la vue de l'investissement général et personnel, l'ex-capitaine des Bleus va bouleverser les hiérarchies. "Si les jeunes peuvent apporter quelque chose, ils joueront", a-t-il précisé après l'humiliation contre Bruges (0-4).

- Henry tâtonne -

En attendant, il tâtonne. Différents systèmes de jeu, beaucoup de joueurs ont été testés. Sans succès. Pire, Henry ne cache pas son inquiétude quand "on baisse les bras, à chaque fois qu'un truc ne va pas dans notre sens".

Il lui faut pourtant tenir jusqu'à fin décembre. Mais, comme il dit "le pire est toujours possible". Car il n'est pas certain qu'au mercato hivernal, le club, au majestueux train de vie, avec plus de 50 joueurs sous contrat, lui fournisse une enveloppe financière conséquente pour investir.

Les ressources sont faibles. Et cet été, Monaco a déjà investi plus de 125 millions d'euros sur le marché des transferts. De plus, la construction actuelle du centre de formation à La Turbie coûte plus de 50 millions d'euros.

Enfin, le milliardaire Dmitry Rybolovlev, une nouvelle fois placé en garde mardi, dans le cadre de l'affaire d'escroquerie présumée qui l'oppose à son ancien marchand d'art suisse Yves Bouvier, ne compte plus injecter d'argent. Ses priorités vont à la résorption de ses problèmes judiciaires.

Cette situation, très compliquée, n'est pourtant pas une première à Monaco. Depuis 20 ans, le club a déjà connu d'autres périodes sombres. Ainsi, champion de France en 2000, Monaco, endetté de plus de 53 millions d'euros, avait été rétrogradé administrativement en L2 par le gendarme financier du foot français (DNCG) en 2003.

- Erreurs du passé -

Après 28 ans de présidence, Jean-Louis Campora, aussi vice-président de la LFP et président du Conseil National monégasque, devait laisser sa place. Il était désavoué par le prince Rainier, qui avait mis son veto à une prise de participation majoritaire du groupe Fedcom Invest, société russo-monégasque de soufre et d'engrais. Cette société, où l'actuel vice-président Vadim Vasilyev a travaillé, est toujours "sponsor maillot" de l'ASM aujourd'hui.

MFI, entité monégasque présidée par Michel Pastor, fut alors mise sur pied et investit 35 millions d'euros. Après la finale de Ligue des champions 2004, le club s'effondra progressivement. Entre 2004 et 2008, la voie du "trading joueurs", alors déjà jugée seul moyen pérenne pour financer le club sans avoir remettre au pot chaque année, fit tout voler en éclat.

Entre erreurs de recrutements et résultats défaillants, le club descendit en L2. Jusqu'au point ultime, au soir du 17 décembre 2011. L'équipe entraînée par Marco Simone, ex-star locale, et menée Ludovic Giuly, capitaine en bout de course, pointait à la dernière place de la L2.

Depuis mars 2009, le Palais princier avait aussi demandé à Etienne Franzi, président de la Compagnie monégasque de banque, de sauver le club financièrement. Peine perdue. Fin 2011, l'ASM était au bord de la faillite.

Dmitry Rybolovlev est alors arrivé en sauveur. Mais après 335 millions d'euros engloutis, cette époque est révolue. Et l'édifice actuel semble aussi peu solide qu'il y a dix ans.

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