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XV de France: un public qui s'érode

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XV de France: un public qui s'érode

Le XV de France à l'entraînement, à Marcoussis, le 6 novembre 2018
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FRANCK FIFE
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Des billets à moitié prix pour remplir le Stade de France: le XV de France, en manque de résultats depuis une décennie, ne fait plus rêver et la Fédération française de rugby (FFR) réagit en urgence face à cette érosion avant le test face à l'Afrique du Sud samedi.

"Séduire un nouveau public." Un élément de langage utilisé par la FFR pour expliquer la vente à moitié prix - 25 euros au lieu de 50 - des places en catégorie 3 pour le premier des trois tests de novembre face aux Springboks.

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Ce match face à la 5e nation mondiale, qui vient de réaliser l'exploit de s'imposer en Nouvelle-Zélande (36-34), est pourtant l'affiche principale des Bleus cet automne. Si elle ne fait pas le plein dans l'enceinte dyonisienne de 80.000 places, qu'en sera-t-il face aux Fidji, sélection du deuxième rang international, le 24 novembre ?

L'an passé à la même époque, les Bleus avaient, déjà, affronté les Boks devant 55.000 spectateurs seulement à Saint-Denis. Si les affiches du Tournoi des six nations face à l'Irlande (75.000) et l'Angleterre (78.000) ont permis de refaire le plein ou presque ensuite, le phénomène, camouflé par les invitations offertes aux clubs, ne peut être nié.

Sollicitée par l'AFP, la FFR se mure dans le silence et refuse d'en dire plus sur sa "nouvelle stratégie commerciale" lancée dimanche, à moins d'une semaine du match. "Cette offre commerciale exclusive a pour objectif de séduire un public plus large et de conquérir de nouveaux fans", s'est-elle contentée de commenter mardi soir.

- La FFR "en panique"? -

Une communication a minima qui sonne comme un aveu d'impuissance. "La stratégie, je ne sais pas s'il y en a une", estime Antony Thiodet, fondateur de Time For Biz. "Cela crée une iniquité par rapport à ceux qui ont acheté avant, et surtout cela fait passer le message qu'ils sont en panique. N'importe qui ensuite va attendre que la panique frappe encore une fois avant de s'engager", estime le consultant, qui conseille des clubs sportifs dans leur développement économique.

Le danger, en termes d'images, est celui d'une dévalorisation du "produit" XV de France. "Quand on a moins de 10 événements organisés tous les ans en France, on n'a surtout pas intérêt à adopter une stratégie de grande consommation, seulement fondée sur une agressivité du prix. On a plutôt intérêt à travailler sur un renforcement de la qualité du produit, surtout quand les résultats sportifs ne sont pas forcément là", estime Thiodet.

Le coupable est en effet tout trouvé: une sélection qui s'est habituée à perdre et dont les derniers faits de gloire, le Grand Chelem de 2010 et la finale mondiale de 2011, semblent bien loin.

- Teddy Thomas: "c'est normal" -

Les Bleus, contrairement à leurs dirigeants fédéraux, ne se cachent pas: "c'est notre responsabilité à nous", a déclaré mardi le demi de mêlée Antoine Dupont. "Si les gens ne viennent pas, c'est qu'on ne leur donne pas envie de venir."

"Franchement, je les comprends", a abondé l'ailier Teddy Thomas. "On perd, il n'y a pas de spectacle donc c'est normal que les gens ne viennent pas. C'est à nous de redonner envie aux gens de venir au stade, de se déplacer, de crier, pousser derrière nous. C'est d'abord faire de bonnes performances sur le terrain", estime le joueur du Racing 92.

Oui, mais pas seulement. Le XV de France et la Fédération "sont confrontés à un problème qui frappe tout le monde: la compression de la demande naturelle", explique Antony Thiodet. "Les gens qui venaient spontanément sur des événements sportifs sont de moins en moins nombreux".

L'exemple du Stade Rochelais, qui joue à guichets fermés depuis plusieurs saisons, montre selon le consultant qu'il n'y a cependant pas de fatalité à la baisse des affluences dans les stades, notamment de rugby: "en jouant notamment sur l'équilibre offre-demande, et donc sur la rareté, ce club est arrivé à se protéger des effets néfastes que peuvent connaître les autres".

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